Bokin

Voyage éprouvant aujourd’hui sur une piste défoncée, 1h30 pour faire une cinquantaine de kilomètres. Sur la vidéo, on ne s’en rend pas vraiment compte, mais on est vraiment secoués.

Ce soir nous sommes dans un petit orphelinat tenue par un pasteur et sa femme. Nous arrivons au moment de la corvée de l’eau (une tâche dévolue aux femmes).

Mais nous allons aller de surprises en surprises. On nous invite à prendre une douche en ayant soin d’avoir mis les bidons au soleil afin que l’eau soit plutôt chaude.
On nous invite également à nous restaurer et l’on nous amène une glacière. Dans cet orphelinat, le confort est très rustique pourtant le pasteur a trouvé de quoi bien remplir la fameuse glacière. Un coca, un fanta, de l’eau fraiche, une papaye, des bananes… bien trop pour une famille ou le moindre franc CFA doit être compté.
Nous tentons de protester un peu, mais le pasteur balaye nos objections d’une simple phrase : “ Vous avez fait plus 4000 km juste pour venir nous voir, notre accueil doit être à la hauteur de votre voyage et ce n’est pas grand chose en comparaison de ce que vous faites”.

L’échelle des valeurs n’est décidément pas la même partout. Nous nous en rendrons compte quelques instant plus tard lorsqu’on nous a emmené dans notre chambre. 
En effet, nous sommes obligé de rester dormir ici, les routes sont dangereuses la nuit (coupeurs de route) et nous ne sommes pas très loin de la zone rouge (islamistes).

C’est un petit lit douillet qui nous a été préparé. Ils ont également installé une moustiquaire pour nous protéger de toutes piqûres.

Le repas est à l’image du reste. Visiblement le pasteur a eu des infos et c’est un énorme plat de crudité qui nous est servi. A force de manger du riz, on a quelques soucis de transit…. ;)

Nous sommes touchés par tant de générosité, d’autant que dans le même temps, les enfants dorment à même le sol sur des nattes. Mais rien n’est trop bien pour nous accueillir dignement.

Nous culpabilisons de cette situation mais ne pouvons rien y faire.

Le lendemain, la femme du pasteur nous invite à découvrir les environs. Nous faisons quelques centaines de mètres et arrivons sur son lieu de travail.
Patiemment, elle fait des tas de gravillons qui rempliront une petite remorque. La remorque de gravillons est vendue 500 Francs CFA (moins de 80 cts d’euros ou une canette de coca) et lui permet d’améliorer son quotidien.

Les enfants lui donnent un coup de main même si pour eux, cela reste encore un jeu.

Ils sont tous les deux vraiment très courageux et se donnent avec dévouement à l’éducation de ces enfants abandonnés.

Mais encore une fois, les rires et les sourires sont là et c’est quelques mots que je bafouille en mooré qui déclenche un fou rire général.

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