Rencontre avec un coworker, Tamo

Nina Mottola
Aug 29 · 6 min read

Cette semaine, nous vous proposons de découvrir le parcours de l’un des coworkers de 21, Tamo Wagener, fondateur de l’agence HAA, une agence de techniques et de création, pour les droits de l’enfant.

Quel est ton défi du 21ème siècle ?

Lutter contre la violence envers les enfants. Plus précisément, comment prévenir efficacement les violences envers les enfants ?

Cette ambition peut paraître naïve mais elle est absolument essentielle car plus de la moitié des filles et des garçons dans le monde (soit 1 milliard d’enfants) subissent des violences chaque année — à la maison, en ligne, à l’école, dans leur quartier. Et bien que l’aide à l’enfance soit une cause très consensuelle, « tout le monde veut aider les enfants », les initiatives ambitieuses et pérennes sont très peu nombreuses. C’est d’autant plus surprenant que la violence à l’encontre des enfants est à la fois une cause majeure et une conséquence directe de la grande pauvreté, des troubles sociaux, du terrorisme et des conflits armés. Clairement un cercle vicieux qui nous concerne tous, sans frontière.

« Bien que l’aide à l’enfance soit une cause très consensuelle, « tout le monde veut aider les enfants », les initiatives ambitieuses et pérennes sont très peu nombreuses. »

Quel projet est-ce que tu portes à 21 ?

HAA, est une agence à double face, agence de techniques et agence de création, pour les droits de l’enfant. Nous ne sommes pas des juristes mais des praticiens et des « imaginateurs » sociaux. Nous créons ce que nous appelons des systèmes pour que les filles et les garçons vivent dans un monde sans violence et avec plus de forces pour transformer leurs sociétés. Nous sommes une toute petite structure, avec 4 collaborateurs réguliers.

Ces 12 derniers mois nous avons accompagné 16 organisations en Europe, Afrique et Asie dans leurs réflexions et programmations pour une meilleure mise en œuvre des droits de l’enfant. Avec ces partenaires nous avons par exemple créé des outils de formation pour les forces de police et les travailleurs sociaux. Nous avons aussi piloté une plateforme d’éducation à l’autoprotection, produit un film de plaidoyer à partir de témoignages d’enfants victimes de prostitution et développé la méthodologie d’une recherche participative sur les enfants migrants.

HAA est un cri de joie et d’effort, c’est aussi l’acronyme de human after all.

Qu’est-ce qui t’as donné envie de t’attaquer au sujet des droits de l’enfant ?

Un peu mon histoire personnelle et beaucoup des rencontres décisives. Et j’ai constaté que prendre une approche basée sur les droits de l’enfant est l’approche la plus efficace pour lutter contre la violence envers les enfants.

La peur de la guerre aussi est une forte motivation. J’ai travaillé dans plusieurs pays en proie à des conflits armés ou ayant subi des conflits récents et je suis convaincu qu’une approche basée sur les droits de l’enfant est indispensable à la construction de sociétés non violentes, stables et équitables.

Parle-nous un peu de ton parcours.

J’ai découvert le secteur des droits de l’enfant en 2000 en participant à la conception d’espaces de jeux au Cambodge. Ce qui devait être un exercice bénévole de 3 mois s’est transformé en près de 20 ans de projets à des postes de technicien, de formateur et de coordination dans ce domaine.

J’ai mené mes études en parallèle, à distance, et j’ai passé des diplômes universitaires en Études des Médias, en Sciences de l’Éducation et en Gestion des organisations en contexte international.

Je suis particulièrement fier d’avoir participé à la croissance de l’entreprise sociale Friends-International qui anime le mouvement ChildSafe et j’ai bien sûr été amené à collaborer régulièrement avec les structures de la Croix Rouge et du Croissant Rouge.

Que retiens-tu de tes années à l’étranger ?

Les actions sociales ne sont efficaces, pérennes et adaptables que si elles reposent sur des principes forts. Le domaine de HAA est guidé par les principes de la Convention des Droits de l’Enfant (CDE) et toutes nos activités doivent être basées sur une analyse de l’intérêt supérieur de l’enfant, prendre en compte leur opinion et ne jamais exclure les groupes qui sont déjà marginalisés.

Les questions de violence envers les enfants, malgré des spécificités culturelles, peuvent sembler très similaires d’un pays ou d’une région à l’autre. Pourtant il est inutile de faire du copier-coller, les programmes de prévention et de réponse ne fonctionnent que lorsqu’ils sont conçus sous la direction des groupes qui seront responsables de leur mise en œuvre localement. Le co-design des programmes fonctionne très bien par contre !

« Pour moi l’entrepreneuriat social, c’est développer une activité d’intérêt général en s’appuyant sur un modèle économique viable. Essayer de créer simultanément un bénéfice économique et un bénéfice social est stimulant ! »

L’entrepreneuriat social, qu’est-ce que ça veut dire pour toi ? En quoi est-ce différent de l’entrepreneuriat classique ?

Pour moi l’entrepreneuriat social, c’est développer une activité d’intérêt général en s’appuyant sur un modèle économique viable. Essayer de créer simultanément un bénéfice économique et un bénéfice social est stimulant ! Croire en l’entrepreneuriat social ne signifie bien sûr pas que toute action sociale puisse ou doive reposer sur un modèle économique.

Je n’oppose pas l’entrepreneuriat social à l’entrepreneuriat classique. Si je mets par exemple mes lunettes de vision « droits de l’enfant », je vois que les entreprises classiques peuvent avoir un impact social très important dès lors qu’elles s’assurent par exemple que leur fonctionnement permette à leurs collaborateurs d’élever leurs enfants dans de bonnes conditions, que leurs produits et leur communication ne renforcent pas les stéréotypes de genre et ne créent de problèmes de santé publique, que leurs chaines d’approvisionnement excluent le travail des enfants, et qu’ils soutiennent la formation de jeunes adultes issus de milieu défavorisé.

Pourquoi as-tu décidé de t’installer au coworking social de 21 ?

Etre accueilli au sein de 21 c’est une formidable occasion d’explorer le milieu de l’Economie Sociale et Solidaire, que je ne connais pas. 21 peut aussi me permettre de créer des synergies avec d’autres entrepreneurs et avec d’autres initiatives de la Croix Rouge. Que ce soit autour de nouveaux projets communs ou pour enrichir nos projets en construction : jeux appliqués sur la participation de l’enfant, système d’éducation de pairs à l’autoprotection et système de mesures d’impact des actions de prévention des violences.

Et puis 21 est un espace exceptionnel : difficile de ne pas adorer travailler dans un lieu lumineux, calme mais vivant et qui dispose d’un robinet d’eau gazeuse !

« 21 peut aussi me permettre de créer des synergies avec d’autres entrepreneurs et avec d’autres initiatives de la Croix Rouge. »

C’était important pour toi de mieux connaître l’écosystème de la Croix-Rouge française ? Pourquoi ?

Oui bien sûr. Les premiers projets de HAA se sont mis en place avec un effet boule de neige, sans grande réflexion. Je veux maintenant développer un cadre plus stratégique et travailler sur notre gouvernance et modèle économique. La richesse et la diversité de l’écosystème Croix Rouge Française m’inspirent.

Un dernier mot ?

Le monde va célébrer en Novembre les 30 ans de la Convention des Droits de l’Enfant. C’est le traité le plus ratifié au monde et c’est un document enthousiasmant à lire, il est simple, complet et d’actualité. Essayez-le ! Mais nous sommes encore loin du compte concernant sa mise œuvre et j’espère bien contribuer avec vous à créer ce monde ou aucun enfant ne se réveille avec la boule au ventre.

Pour en savoir plus sur l’agence HAA, c’est par ici : https://www.haagence.com/


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Le vingt-et-un, c’est le nom de ce témoignage dédié à l’innovation sociale, celui par lequel nous souhaitons partager avec vous, le 21 de chaque mois, de manière simple et concrète, l’aventure de transformation que nous vivons à la Croix-Rouge française.

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