Le Bureau des Légendes — Saison 3, épisode 6

Je te vends un produit que tu ne peux pas acheter

kantoutacou Mamie like ton selfie-cul

Sophie Mona Pagès
Jul 29, 2017 · 7 min read

Voilà 4 mois (c’est tout ?!) que je bosse à temps plein sur le développement de kantoutacou, le jeu de cartes à histoires indécentes, pour lequel j’ai fondé Mardi Soir, une société d’édition, avec Lucas et Samy, mes associés.

C’est dingue ce que cette aventure m’amène à réfléchir, à apprendre et à développer encore plus loin ce que je savais faire jusque là. Réflexions et développement personnel sont au cœur de ma vie et je souhaite partager tout ça avec toi.

Pour inaugurer cette série d’articles, j’ai choisi d’aborder les balbutiements de notre stratégie de communication digitale.

À chaque réseau ses raisons

Facebook étant le réseau le plus mainstream à l’heure qu’il est, cette page est pour nous la “place centrale” de notre stratégie de communication. C’est ici qu’on fait grandir chaque jour notre communauté et qu’on prend la température pour la campagne de crowdfunding à venir.

On a eu de mauvais échos au sujet de Twitter parmi les personnes de notre entourage qu’on avait identifiées comme faisant partie de notre cible. On a quand même décidé d’investir le réseau pour pouvoir y prendre la parole. En tant que jeu porteur de valeurs, on s’est dit qu’on y avait toute notre place.

Après avoir réalisé une rapide étude de marché à faire la sortie des lycées de Paris en scooter (véridique), Instagram nous est apparu comme un incontournable pour toucher les membres de la diaspora Facebookienne qui ont du quitter le réseau de l’ami Mark repoussés par l’occupation familiale.

Snapchat c’était le réseau à utiliser de toute urgence ne serait-ce que pour toucher les plus jeunes et kiffer sur notre thématique ! Quelques frustrations par-ci par-là sur Facebook et Instagram, et bim, voilà que je te snape un concours pour gagner une heure de visio avec une escort ! Détente.

Comment on s’y est pris ?

En fait, on s’est vite aperçu que c’était bien galère pour la simple et bonne raison qu’on vend un produit en cours de développement, non disponible et porté sur un sujet encore tabou. Rien que ça ! Pas d’autre choix que de se montrer patients et créatifs.

Comment on s’y est vraiment pris ?

Comment associer la communauté au développement produit ?

On considère les réseaux sociaux comme un moteur à la création, ils servent la collaboration entre l’équipe et les futurs clients. Un seul objectif : proposer en septembre le meilleur jeu possible tenant compte des retours.

On utilise les réseaux sociaux pour organiser des soirées jeux régulièrement afin de tester kantoutacou et pour faire le point post-soirée. Les événements Facebook sont très pratiques pour ça. On s’appuie aussi sur Meetup dont je n’ai pas parlé et qui est top parce qu’il donne accès à une communauté existante.

À chaque soirée, les retours sont tellement riches que je pense que cela fera l’objet d’un autre article. C’est vraiment quelque chose d’unique en terme d’expérience que de pouvoir tester son produit avec les utilisateurs et de le travailler avec eux.

Cette semaine, par exemple, on nous a proposé d’introduire des cartes joker à la soirée de mardi, on a validé l’idée en point interne mercredi, on a posté l’idée jeudi sur Facebook, on l’a testée avec des joueurs le soir même et on a posté la partie au cours d’un live. Commentaires ultra positifs !

De quoi parler alors que le produit n’est pas encore fini ?

Pour chaque réseau, on a tenu compte de plusieurs paramètres : typologie d’audiences, spécificités, bonnes pratiques (formats, fréquence, etc.), tendances, etc. On a confronté le tout à nos objectifs, notre univers : liberté, égalité, LGBT pour définir ce qu’on voulait diffuser et on a tout connecté.

Sur Facebook, on poste des gros titres de faits divers portés sur le cul qu’on localise géographiquement, on demande aux abonnés de choisir leurs cartes préférées dans une manche, on s’amuse bien avec les live pour des canulars au téléphone ou quand on organise des soirées jeux.

Sur Twitter, on a pris la décision de relayer des posts d’autres réseaux, rien de natif, mais de veiller à engager la discussion avec les Twittos. On poste un truc sur un sujet donné, on va voir ce qui se dit ailleurs et on participe, on discute, on interpelle à coup de kantoutacou par-ci par-là.

Sur Instagram, on a lancé une série de posts qui met en avant des œuvres d’art liées à la thématique cul, on poste des photos des cartes qu’on prend le temps de décrire en proposant aux abonnés d’imaginer la suite, on montre les cartes en conditions pour mettre en avant des combinaisons amusantes.

Snapchat est l’exception. Pour des raisons pratiques, c’est le seul réseau que je ne gère pas en direct. C’est Samy qui s’en charge, selon l’inspiration, ce qu’on voit, pas assez sérieusement à mon goût. Je lui demande juste de toujours avoir un snap avec les cartes dans la story et de se faire plaisir sur le transgressif.

Avec chaque réseau, on met en avant ce qu’il se passe ailleurs pour animer la communauté dans son intégralité et créer des passerelles : titiller la bande sur Snapchat pour aller commenter un post sur Instagram, inviter les Twittos à nous rejoindre sur Snapchat, etc.

Comment parler de cul sur un réseau où chacun a au moins un membre de sa famille ou un collègue ?

Pour info, on vient de loin : avant kantoutacou, on développait les Vaginales. Là, tu te dis qu’en fait c’est pas si horrible de liker kantoutacou. C’est ce qui m’a donné l’idée de résoudre ce problème en l’occultant, parce qu’en parler, c’est le mettre dans la tête d’un potentiel abonné qui n’y avait pas pensé.

Ensuite, on a quand même fait preuve d’empathie en pensant à toi et on s’est dit que quand tu fais défiler notre feed au boulot ou à côté d’une potentiel chope dans le métro, tu ne souhaites pas t’afficher avec des trucs #NSFW qui se voient à 10 mètres.

Si tu fais défiler nos posts, rien de bien méchant : des statuts mimi, des vidéos de gens qui jouent aux cartes, des emojis XXL, des illustrations que tu pourrais croiser sur des jeux pour enfants à quelques détails près. A moins d’être sur l’écran, concentré, les détails qui piquent passent inaperçus.

Comment je parle de mon jeu sur le cul alors que ça censure à tour de bras en mode puritanisme d’outre-Atlantique ?

Franchement, je croise les doigts et je prie Dieu/Allah selon la langue de mon choix pour le moment.

Plus sérieusement, on a eu un rappel à l’ordre sur Instagram suite à une œuvre d’art qui montrait des nichons. Plus on va avoir d’abonnés et plus je vais serrer les fesses mais je garde un œil sur ce que postent les autres et je pense qu’on est dans les clous.

Pour info, un hack du moment c’est de coller des emojis sur les tétons…

Comme pour beaucoup de choses, mon dur passé dans la gestion des risques m’amène à réfléchir en ces termes et j’en conclus qu’à part se faire shooter un post, ils sont minimes. Tu me trouves irresponsable ? Tu as des conseils à ce sujet ? Je suis toute ouïe !

Et demain ?

Récemment, avec Samy, on se posait la question de notre non-création d’un groupe Facebook, technique conseillée pour avoir plus de liberté dans le discours et attirer du monde. De fil en aiguille, on en est venu à penser à Telegram pour finalement décider d’utiliser la conversation groupée sur Whatsapp. Stay tuned.

J’espère que tu auras apprécié ce premier article. Je tâcherai d’en faire d’autres très vite. Ça me fait un bien fou de partager tout ça !

kantoutacou c’est fini pour aujourd’hui l’ami(e)

3615 KANTOUTACOU

Salut c’est Fred, Lucas, Sophie & Samy, on est les créateurs du jeu kantoutacou et on partage les coulisses de notre aventure entrepreneuriale sous forme d’articles et de bandes dessinées. Moments forts, réflexions, doutes, joies, kantoutacou on te raconte notre vie.

Sophie Mona Pagès

Written by

Founder of LVRSNFRNDS — Currently available in London 🇬🇧

3615 KANTOUTACOU

Salut c’est Fred, Lucas, Sophie & Samy, on est les créateurs du jeu kantoutacou et on partage les coulisses de notre aventure entrepreneuriale sous forme d’articles et de bandes dessinées. Moments forts, réflexions, doutes, joies, kantoutacou on te raconte notre vie.

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