Le Bureau des Légendes — Saison 3, épisode 6

Je te vends un produit que tu ne peux pas acheter

kantoutacou Mamie like ton selfie-cul

Voilà 4 mois (c’est tout ?!) que je bosse à temps plein sur le développement de kantoutacou, le jeu de cartes à histoires indécentes, pour lequel j’ai fondé Mardi Soir, une société d’édition, avec Lucas et Samy, mes associés.

C’est dingue ce que cette aventure m’amène à réfléchir, à apprendre et à développer encore plus loin ce que je savais faire jusque là. Réflexions et développement personnel sont au cœur de ma vie et je souhaite partager tout ça avec toi.

Pour inaugurer cette série d’articles, j’ai choisi d’aborder les balbutiements de notre stratégie de communication digitale.

À chaque réseau ses raisons

Après une rapide étude de nos cibles, nous avons fait le choix, en plus d’un site web classique en .com, d’être présents sur Facebook, Twitter, Instagram et Snapchat.

Facebook étant le réseau le plus mainstream à l’heure qu’il est, cette page est pour nous la “place centrale” de notre stratégie de communication. C’est ici qu’on fait grandir chaque jour notre communauté et qu’on prend la température pour la campagne de crowdfunding à venir.

On a eu de mauvais échos au sujet de Twitter parmi les personnes de notre entourage qu’on avait identifiées comme faisant partie de notre cible. On a quand même décidé d’investir le réseau pour pouvoir y prendre la parole. En tant que jeu porteur de valeurs, on s’est dit qu’on y avait toute notre place.

Après avoir réalisé une rapide étude de marché à faire la sortie des lycées de Paris en scooter (véridique), Instagram nous est apparu comme un incontournable pour toucher les membres de la diaspora Facebookienne qui ont du quitter le réseau de l’ami Mark repoussés par l’occupation familiale.

Snapchat c’était le réseau à utiliser de toute urgence ne serait-ce que pour toucher les plus jeunes et kiffer sur notre thématique ! Quelques frustrations par-ci par-là sur Facebook et Instagram, et bim, voilà que je te snape un concours pour gagner une heure de visio avec une escort ! Détente.

Comment on s’y est pris ?

On a créé une page Facebook et des comptes sur Twitter, Instagram et Snapchat. On a posté quelques contenus rigolos en lien avec notre univers. On a invité tous nos potes à nous suivre, nous aimer etc. et on a regardé les milliers d’abonnés, followers etc. s’accumuler. As simple as that. Et non.

En fait, on s’est vite aperçu que c’était bien galère pour la simple et bonne raison qu’on vend un produit en cours de développement, non disponible et porté sur un sujet encore tabou. Rien que ça ! Pas d’autre choix que de se montrer patients et créatifs.

Comment on s’y est vraiment pris ?

A chaque jour suffit sa peine et à chaque contrainte sa solution multipliée par le nombre de réseaux que tu traites, additionné au plaisir d’être en mode constant beta. Je ne sais plus trop quel type est à l’origine de ce théorème mais crois moi, c’est vrai.

Comment associer la communauté au développement produit ?

Être encore en phase de développement produit, on le considère comme une véritable opportunité chez Mardi Soir. Parenthèse perso, je suis une adepte du constant beta, c’est donc une non-question pour moi.

On considère les réseaux sociaux comme un moteur à la création, ils servent la collaboration entre l’équipe et les futurs clients. Un seul objectif : proposer en septembre le meilleur jeu possible tenant compte des retours.

On utilise les réseaux sociaux pour organiser des soirées jeux régulièrement afin de tester kantoutacou et pour faire le point post-soirée. Les événements Facebook sont très pratiques pour ça. On s’appuie aussi sur Meetup dont je n’ai pas parlé et qui est top parce qu’il donne accès à une communauté existante.

À chaque soirée, les retours sont tellement riches que je pense que cela fera l’objet d’un autre article. C’est vraiment quelque chose d’unique en terme d’expérience que de pouvoir tester son produit avec les utilisateurs et de le travailler avec eux.

Cette semaine, par exemple, on nous a proposé d’introduire des cartes joker à la soirée de mardi, on a validé l’idée en point interne mercredi, on a posté l’idée jeudi sur Facebook, on l’a testée avec des joueurs le soir même et on a posté la partie au cours d’un live. Commentaires ultra positifs !

De quoi parler alors que le produit n’est pas encore fini ?

Quand j’étais petite, je voulais faire de la télé. Je suis servie ! On a pensé chaque réseau comme une chaîne sur laquelle on diffuse des programmes réguliers avec une ligne éditoriale spécifique. C’est grosso modo ce qu’on a fait tout en se laissant la liberté de balancer des flash spéciaux.

Pour chaque réseau, on a tenu compte de plusieurs paramètres : typologie d’audiences, spécificités, bonnes pratiques (formats, fréquence, etc.), tendances, etc. On a confronté le tout à nos objectifs, notre univers : liberté, égalité, LGBT pour définir ce qu’on voulait diffuser et on a tout connecté.

Sur Facebook, on poste des gros titres de faits divers portés sur le cul qu’on localise géographiquement, on demande aux abonnés de choisir leurs cartes préférées dans une manche, on s’amuse bien avec les live pour des canulars au téléphone ou quand on organise des soirées jeux.

Sur Twitter, on a pris la décision de relayer des posts d’autres réseaux, rien de natif, mais de veiller à engager la discussion avec les Twittos. On poste un truc sur un sujet donné, on va voir ce qui se dit ailleurs et on participe, on discute, on interpelle à coup de kantoutacou par-ci par-là.

Sur Instagram, on a lancé une série de posts qui met en avant des œuvres d’art liées à la thématique cul, on poste des photos des cartes qu’on prend le temps de décrire en proposant aux abonnés d’imaginer la suite, on montre les cartes en conditions pour mettre en avant des combinaisons amusantes.

Snapchat est l’exception. Pour des raisons pratiques, c’est le seul réseau que je ne gère pas en direct. C’est Samy qui s’en charge, selon l’inspiration, ce qu’on voit, pas assez sérieusement à mon goût. Je lui demande juste de toujours avoir un snap avec les cartes dans la story et de se faire plaisir sur le transgressif.

Avec chaque réseau, on met en avant ce qu’il se passe ailleurs pour animer la communauté dans son intégralité et créer des passerelles : titiller la bande sur Snapchat pour aller commenter un post sur Instagram, inviter les Twittos à nous rejoindre sur Snapchat, etc.

Comment parler de cul sur un réseau où chacun a au moins un membre de sa famille ou un collègue ?

Spécial dédicaces à Facebook ici. Depuis que tu as accepté l’invitation de Mamie, Choupette (le compte de la chatte de ta voisine, géré par ta voisine) et Jean-Claude de la Compta, bizarrement, tu es moins à l’aise avec ce que tu postes.

Pour info, on vient de loin : avant kantoutacou, on développait les Vaginales. Là, tu te dis qu’en fait c’est pas si horrible de liker kantoutacou. C’est ce qui m’a donné l’idée de résoudre ce problème en l’occultant, parce qu’en parler, c’est le mettre dans la tête d’un potentiel abonné qui n’y avait pas pensé.

Ensuite, on a quand même fait preuve d’empathie en pensant à toi et on s’est dit que quand tu fais défiler notre feed au boulot ou à côté d’une potentiel chope dans le métro, tu ne souhaites pas t’afficher avec des trucs #NSFW qui se voient à 10 mètres.

Si tu fais défiler nos posts, rien de bien méchant : des statuts mimi, des vidéos de gens qui jouent aux cartes, des emojis XXL, des illustrations que tu pourrais croiser sur des jeux pour enfants à quelques détails près. A moins d’être sur l’écran, concentré, les détails qui piquent passent inaperçus.

Comment je parle de mon jeu sur le cul alors que ça censure à tour de bras en mode puritanisme d’outre-Atlantique ?

Si on écoute ce qui se dit, il est plus facile de souhaiter la mort de ton voisin dans des douleurs atroces ou de clamer que ce dernier est un sous-homme, que de montrer une jolie paire de tétons républicains en postant un Delacroix. Comment on fait ?

Franchement, je croise les doigts et je prie Dieu/Allah selon la langue de mon choix pour le moment.

Plus sérieusement, on a eu un rappel à l’ordre sur Instagram suite à une œuvre d’art qui montrait des nichons. Plus on va avoir d’abonnés et plus je vais serrer les fesses mais je garde un œil sur ce que postent les autres et je pense qu’on est dans les clous.

Pour info, un hack du moment c’est de coller des emojis sur les tétons…

Comme pour beaucoup de choses, mon dur passé dans la gestion des risques m’amène à réfléchir en ces termes et j’en conclus qu’à part se faire shooter un post, ils sont minimes. Tu me trouves irresponsable ? Tu as des conseils à ce sujet ? Je suis toute ouïe !

Et demain ?

La réflexion est bonne car elle est constante ! Avec une préférence pour ces moments privilégiés que je passe sous la douche me concernant, le bruit de l’eau me détend, ouvre mes chakras et les idées fusent… Je m’égare !

Récemment, avec Samy, on se posait la question de notre non-création d’un groupe Facebook, technique conseillée pour avoir plus de liberté dans le discours et attirer du monde. De fil en aiguille, on en est venu à penser à Telegram pour finalement décider d’utiliser la conversation groupée sur Whatsapp. Stay tuned.

J’espère que tu auras apprécié ce premier article. Je tâcherai d’en faire d’autres très vite. Ça me fait un bien fou de partager tout ça !

kantoutacou c’est fini pour aujourd’hui l’ami(e)

One clap, two clap, three clap, forty?

By clapping more or less, you can signal to us which stories really stand out.