Marine Le Pen, far-right candidate for the French presidential election 2017. Photo: Alain Jocard, AFP.

A Traveling Witness in a Post-Trump World

Témoignage d’une Routarde dans le Monde de l’Après-Trump.

Traduction en français par Carrie Speaking, avec l’aimable permission de l’autrice Katherine Conaway. / Translated into French by Carrie Speaking, with the kind permission of author Katherine Conaway.

I’ve been traveling non-stop since June 2014, much of which has been overseas — I’ve been to 20 countries in the past 16 months.
Politics is frequently on my mind, in my newsfeed, in the articles I read, and in the conversations I have both with fellow travelers and the “locals” I meet.
I was last in the US in January 2016, when Trump was merely one of 16 GOP candidates. Then I spent 4 months in South America and then 4 in Europe as he progressed through to becoming the nominee.


Je voyage non-stop depuis juin 2014, essentiellement en Eurasie — j’ai traversé 20 pays ces 16 derniers mois.
La politique est souvent présente dans la tête, dans mon fil d’actualité, dans les articles que je lis et dans mes conversations, aussi bien avec mes compagnons de route qu’avec les locaux que je rencontre.
La dernière fois que j’étais aux USA, c’était en juin 2016 et Trump n’était alors que l’un des 16 candidats à la Primaire républicaine. Après ça, j’ai passé 4 mois en Amérique du Sud et 4 mois en Europe, alors qu’il opérait sa lente progression vers le statut de nominé pour le parti républicain.


I was in London for Brexit in June.
I voted (for Hillary) from Kuala Lumpur, Malaysia, in October.
I watched the election results from Koh Phangan, Thailand, in November.
I watched Trump’s inauguration from Ho Chi Minh City, Vietnam, in January.
I am now in Paris, about to witness the results of the French election this weekend, with the “far right” (racist) candidate calling for Frexit.


J’étais à Londres pour le Brexit en juin.
J’ai voté en octobre (pour Hillary) depuis Kuala Lumpur en Malaisie.
J’ai regardé les résultats des élections en novembre depuis Koh Phangan en Thaïlande.
J’ai visionné la passation de pouvoir en faveur de Trump en janvier depuis Ho Chi Minh Ville au Vietnam.
Et là je suis à Paris et je vais être témoin de l’élection de ce weekend, avec sa candidate “d’extrême-droite” (comprenez, raciste) qui dit être en faveur d’un Frexit.


Throughout these milestones and in-betweens, things have shifted from bemusement and entertainment at the prospect of this orange tv buffoon being nominated for President of the United States, to growing concern at the possibility of his election, to disappointment and confusion.
We heard that Brexit might be close but wouldn’t happen. But on June 24, they voted Leave.
In America, the pollsters said Hillary would win by a narrow margin, and though she got the popular vote, an outdated electoral college system meant Trump won the election.
What will happen on May 7?


Au fil de ces événements, et dans le temps qui s’écoulait entre ces événements, les choses sont passées d’un certain divertissement incrédule (à la pensée que ce bouffon orange puisse être le nominé de son parti), à une inquiétude grandissante (à la pensée qu’il puisse gagner), à une déception confuse.
Nous avions entendu dire que le Brexit, malgré un vote serré, ne se produirait pas. Mais en juin 2014, c’est le “Partir” qui a gagné.
Aux Etats-Unis, les sondages disait qu’Hillary gagnerait, malgré un vote serré. Bien qu’elle ait remporté le vote populaire, notre antique système de collège électoral a basculé en faveur de Trump.
Et là, que va-t-il se passer ce 7 mai ?


I’m constantly fielding questions about Trump with answers about both not understanding my own country and knowing it far too well, having grown up in Texas paired with watching individuals & media treat the most important issues and policies like a weekend football match between long-standing rivals.
Put on your team’s color, yell at the television, drink your beer, and cheer when your team “kills” the other guys.
Nevermind the people who are starving and sick. 
Nevermind the ones who will die.
Nevermind that this is real life.


Quand on m’interroge sur la victoire de Trump, ma stratégie de réponse oscille entre dire que je ne comprends plus mon propre pays et dire que je ne le connais que trop bien. J’ai grandi au Texas et toute ma vie j’ai vu les gens et les médias traiter les questions politiques les plus cruciales comme si c’était un match de foot entre deux équipes rivales.
Allez, portez les couleurs de votre équipe, buvez une bière, et lancez des vivas quand votre équipe “massacre” l’autre.
Peu importe les gens qui ont faim et qui sont malades.
Peu importe les gens qui vont mourir.
Peu importe que tout ceci soit bien réel.


My family worries as I travel from one country and continent to another, visiting places where ISIS and individuals alike cause terror through violence.
But would I really be safer in the US, where we’re losing rights and funding to important groups? Where white men and boys with guns kill classmates and children and moviegoers and dancers?
Will I truly be safer when I’m in DC on the 4th of July with Trump in the White House?


Ma famille s’inquiète parce que je voyage d’un pays et d’un continent à l’autre, parce que je visite des lieux qui sont dans le collimateur de l’Etat Islamique ou d’autres groupes terroristes.
Mais serais-je plus en sécurité aux USA, où nous perdons chaque jour un peu plus de droits et de support financier pour des institutions fondamentales pour les citoyens ? Serais-je plus en sécurité dans un pays ou des hommes blancs et des garçons blancs équipés d’armes à feu tuent leurs camarades de classe, leurs enfants, les gens qui vont au cinéma, ou encore des danseurs ?
Serais-je vraiment plus en sécurité quand je serai à Washington DC le 4 juillet, avec Trump en poste à la Maison Blanche ?


The shift towards populist parties and “alt right” politicians (or we call them what they are: hate groups), is making the world unsafe in both measurable ways with policies and the less quantifiable permission granted to individuals to behave hatefully and selfishly and violently.
It has not stopped me from traveling — yet.
But I certainly won’t be surprised if it does.
In the meantime, I am walking the streets of old European cities, visiting history museums and memorials to soldiers and civilians, and learning about the circumstances that lead to the wars and horrors of the past.
I am reading headlines and articles that paint the picture of our procession towards frightening futures.


Ce basculement dans le populisme, cette prise de pouvoir des gens qui se réclament de “la nouvelle droite” (alors que, soyons honnêtes, ce ne sont que des organisations faisant la promotion de la haine), c’est ça qui rend le monde moins sûr. Le populisme et la “nouvelle droite” rendent le monde moins sûr parce que leurs politiques sonnent comme une permission pour les individus d’exprimer leur haine, leur égoïsme et leur violence.
Ca ne m’a pas empêchée de voyage — du moins pas encore.
Mais je ne serais pas surprise si un jour c’est le cas.
En attendant, je déambule dans les rues de vieilles cités européennes, je visite des musées d’histoire et des lieux de mémoire pour les soldats et les civils qui sont tombés, et j’apprends les circonstances qui ont mené aux guerres et aux horreurs du passé.
Je lis les gros titres et les articles de journaux qui dépeignent nos lentes progressions vers des futurs terrifiants.


The United Kingdom, the European Union, and the United States once stood for peace and prosperity. Our treaties and agreements were protections against world wars. They were beacons of enlightenment and equality.
United we stand. Divided we fall.
We have forgotten.
We are falling.
Will we fight, again, these battles that only a few will win?


Auparavant, Royaume-Uni, Union Européenne et Etats-Unis étaient synonymes de paix et de prospérité. Nos traités et nos accords étaient des protections contre les guerres mondiales. Ils étaient des phares dans l’obscurité, ils étaient un espoir d’égalité.
United we stand. Divided we fall : “Dans l’union, nous nous tenons debout. Dans le division, nous tombons.”
Nous avons oublié.
Nous tombons.
Nous engagerons-nous, à nouveau, dans ces batailles que bien peu gagneront ?


Katherine works remotely while she travels the world — on the road since June 2014. If you liked this piece, please give it a ❤ Thank you!
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