LE FUTUR APPARTIENT AUX DATA DRIVEN ENTREPRENEURS

Je suis convaincue que le futur appartient aux entrepreneurs inspirés par la data.

C’est ce que je suis venue partager avec les 50 Partners le jour des #50day à Paris, grand meeting qui réunit de formidables startups, et les partenaires et entrepreneurs qui les soutiennent.

Il y a un an, j’ai décidé de m’installer dans la Silicon Valley.

J’y ai passé une année extraordinaire, faite de rencontres : entrepreneurs, investisseurs, chercheurs, experts…

Et je crois avoir compris le trio gagnant pour un entrepreneur :

  • Comprendre la valeur des données de ses clients
  • Trouver sa place dans l’écosystème data
  • Etre tout simplement le meilleur dans son domaine

Commençons avant de parler de ce trio gagnant par nous projeter concrètement dans une journée de data. Prêts ?

7.00 Réveil, vous partez courir, votre montre Pulse mesure votre rythme cardiaque et votre performance et vous trackez attentivement vos progrès.

Vous dégustez ensuite un espresso, et la voix d’Alexa, avant de. vous donner les nouvelles du jour, vous rappelle qu’elle peut lancer votre commande d’alimentation Instacart.

8.00 dans votre self-driving car, vous lisez sur l’autoroute votre fil Twitter et vous reprenez la main en arrivant à Palo Alto,

10.30 : après votre stand up meeting, vous commandez sur Zesty votre déjeuner sans gluten.

14h, vous appelez Doctor on Line, petit coup de mou, cela prend 3 minutes, il a votre dossier.

17h, vous êtes une fille ! hé oui ! et contente de votre journée et vous vous faites plaisir : vous découvrez sur Ipsy votre dernière trousse maquillage, et choisissez sur le Tote, vos vêtements prêtés pour les semaines à venir.

18H, avant de reprendre la route, vous envisagez commander un Uber pour la baby-sitter, mais vous décidez de plutôt. rester au chaud et vous montez le thermostat Nest de votre maison, pour regarder la dernier documentaire recommandé pour vous par Netflix .

19h: Vous voilà repartie, vous recevez une notification de Varo money, Val le bot vous informe que vous avez dépassé votre seuil de dépenses « sorties » sur le mois si voulez des vacances au Mexique, vous acceptez sa recommandation de transfert.

Vous faites un peu de méditation avec l’appli Calm, et comme vous êtes débutant, une pensée vous vient :

«Et le client, qu’en est-il de toutes ces données ?”

Pour connaître nos clients, il n’y a pas si longtemps, nous dépendions de focus groups et études quantitatives, bientôt relayées par les avis des utilisateurs sur le web et les partages sur les réseaux sociaux.

Aujourd’hui, les objets connectés fournissent une information contextuelle : qui utilisent les produits, quand, comment, où… et cela permet d’améliorer le produit, et la relation client qui peut devenir pro active pour une meilleure expérience.

J’ai parlé du tryptique gagnant des entrepreneurs qui sont « data driven ». Cela m’amène à mon premier point :

1) Comprendre la valeur des données de vos utilisateurs ou clients.

à San Francisco, , le jeune fondateur d’une plateforme de soin anti acné a eu l’idée de connecter ses clients à un dermatologue sur le web en chat, pour leur prescrire un produit à une concentration supérieure à ce qu’ils trouveraient en drugstore et collecter des informations sur ces personnes : leur sommeil, leur alimentation, leur pratique de sport. Il m’informait avoir 14 000 clients. Quelques semaines plus tard, il levait près de 20 Mio de dollars. Ce qui semble avoir convaincu les investisseurs ? Sa base de données, qu’aucune marque en cosmétique en soin ne peut se vanter d’avoir.

2 ) Deux, C’est Choisir votre place dans l’écosystème data !

J’ai le plaisir de voir régulièrement une équipe de Fintech qui a pour ambition de créer la banque mobile intelligente en une seule app.

Ma première surprise fut de les voir nouer des partenariats avec les grandes banques traditionnelles pour apporter leur propre valeur ajoutée mais aussi s’appuyer sur elles.

Ma deuxième de les voir construire des alliances avec d’autres start ups Fintech plus spécialisées qu’eux sur les cartes de crédits, ou bien la sécurité sur le mobile…

En Janvier, leurs investisseurs étaient sur le point de leur donner une partie du financement des 30 Millions de Dollars, sur seulement la base des premiers beta testeurs, et bien sur d’un produit potentiel perçu comme solide et bien intégré dans le paysage banque et Fintech.

Le CEO passe une grande partie de son temps sur ses alliances, le reste à préparer la prochaine levée, et à s’entourer de talents.

Choisir sa place dans un écosystème ouvert et agile est clé. Nouer des partenariats aussi.

2) Trois, c’est Etre le meilleur à ce que vous faites.

A force d’assister à des réunions, j’ai vu ceux qui avaient compris ou n’avaient pas compris quand ils pitchaient.

Cela commence par être à l’écoute de la culture des gens à qui vous parlez.

SF et NY ne parlent pas le même langage pour l’AI et la computer vision. J’ai assisté à un call d’une start up dans la mode proposant une solution pour trouver les vêtements de célébrités sur le web.

L’équipe générait des revenus conséquents et avait signé un partenariat avec un groupe media prestigieux et des marques de luxe.

Le business angel n’a pas investi : ils étaient trop flous selon lui sur leur différence technologique pour un homme de tech.

Etre cross culture est vital.

Un an dans la Silicon Valley, c’est comme un film en accéléré. J’ai eu l’impression de découvrir et comprendre des tonnes de choses tous les jours, comme si j’étais en apprentissage permanent.

Alors oui l’Intelligence Artificielle est une énorme vague, elle impactera entre 15% à 30% des emplois dans les 3 prochaines années.

On est tous concernés, étudiants, start upers, professeurs, salariés, cadres dans de grandes entreprises, politiques.

Qu’est ce que je retiens de la Silicon Valley qui pourrait nous aider à passer la vague ?

la Silicon Valley est un meet up permanent.

Il ne se passe pas une semaine sans rencontres sur les voitures connectées, la Réalité Augmentée et le retail, ou bien les drônes et leurs applications aux différentes verticales.

Chacun rencontre régulièrement des gens experts dans son domaine, ses concurrents potentiels directs, pour réfléchir sur des sujets précis. Oracle, Salesforce, Google y cotoient des start upers qui pitchent, des VC célèbres, et d’autres en train d’émerger, et les universités sont aussi dans la salle.

Tout entrepreneur qui réussi, investit dans d’autres starts up dont il devient le mentor, pendant qu’il réfléchit à son propre nouveau projet.

Un prof à Stanford ou Berkeley, change de rythme de travail. Il peut passer de quelques années à encadrer des PhD en computer science, puis appliquer le résultat de ses recherches en étant un des dirigeant d’une des Unicorns de la Silicon , ou gérer en parallèle sa propre start up.

Enfin, les grandes entreprises sont de manière permanente irriguées par le réseau de start ups et en contact avec les VCs.

Elles ont passé le cap de créer des incubateurs ou des corporate ventures gérés par des équipes spécifiques. Elles prennent des parts dans des start ups, et apprennent d’eux à des niveaux de décideurs opérationnels.

Alors comment se préparer ?

La solution face à l’AI : apprendre de manière permanente, être créatif, s’appuyer sur l’intelligence collective.

Nous serons chacun acteur de ce qui arrive sur les prochaines années.

Et plus que jamais l’écosystème français à une carte à jouer !

Merci à la formidable équipe 50Partners.

A bientôt à San Francisco !