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Claude Lelouch fête ses 80 ans, ce 2 novembre au soir dans un restaurant parisien. C’est une invitation, pour moi, loin de son brouhaha mondain, à repenser à certains de ses films auxquels je suis resté attaché, comme Vivre pour vivre (1967), ou comment un coup de foudre amoureux chamboule davantage la vie d’un grand reporter que ses voyages de l’autre côté du monde en guerre. Petite histoire et grande Histoire…

Petit cinéma et grand Cinéma… Les cinéphiles n’ont jamais aimé Lelouch. Moi, si. Je ne suis pas cinéphile mais j’aime Godard, et Lelouch.

« Impossible ! » me suis-je toujours entendu rétorquer. Impossible rapprochement, cohabitation, réconciliation, oui, entre deux milieux, deux cultures, deux univers .

J’ai travaillé pour chacun d’eux. Pour la presse dite « de qualité » et pour la presse dite « populaire ». Chez la première, j’ai souvent cherché à défendre des sujets tout public. Chez la seconde, j’ai cherché à défendre des sujets classés élitistes. Parler d’Yvette Horner dans Les Nouvelles littéraires, parler de Le Clézio dans Le Parisien… Chaque fois, il a fallu obtenir gain de cause, sans être sûr d’avoir convaincu. Vaine tentative de dérégler cette répartition figée des rôles. De fissurer ce cloisonnement rigide entre mondes paradoxalement opposés. Le premier, progressiste, tourne le dos aux goûts du grand public. Le second, proche du peuple, a des réflexes conservateurs. Inutile d’insister… Les Cahiers du cinéma détestent Lelouch et Le Parisien, Godard.

Au moins, j’aurai essayé. C’était ma révolution culturelle à moi.

MC Solaar revient, ce vendredi 3 novembre 2017, après dix ans d’abstinence. Et le groupe IAM entame, ce 8 novembre, une tournée dédiée à son album-culte d’il y a vingt ans, L’école du micro d’argent, réédité en coffret, tout en sortant un nouveau CD.

L’album de Solaar s’appelle Géopoétique, ce qui tombe à pic en cette période où Paradise papers n’est pas le titre d’un recueil de poèmes.

Le CD d’IAM s’intitule Rêvolution où tout est dans cet accent circonflexe, digne d’un graffiti soixante-huitard.

Doux rêveurs, à leur tour, les rappeurs ?

Ne nous emballons pas. Le duo NTM se reforme et annonce son retour pour 2018, la rage au cœur d’écorchés vifs qui n’en ont rien à battre de ces pavés d’antan en vitrine d’une commémo has been. NTM ? Nique Ton Mai…

5 novembre. Le JDD affirme que le chef de l’État a finalement décidé de ne rien faire à l’occasion des cinquante ans de Mai 68.

6 novembre. Dans Libération, Christophe Castaner, plus prudemment, confirme que « l’anniversaire de Mai 68 fait partie des événements sur lesquels l’Élysée travaille. »

À suivre, évidemment.

Mais 68… sera disponible bientôt chez Cent Mille Milliards !