Damien

Fondateur de Save

Damien est le jeune fondateur de Save. Tout a commencé il y a 10 ans dans sa chambre d’étudiant…

“Tu galères, t’attends ton anniversaire, noël, tu cumules pour essayer d’avoir ta gameboy. Et t’as des potes, ils ont tout ce qu’ils veulent, dès que ça sort. Moi aussi j’avais envie de cette liberté. Donc très vite j’ai travaillé pour gagner de l’argent.”

“Mon père avait pas mal d’ordinateurs à la maison, j’ai commencé à bidouiller très jeune. Un jour, une copine de ma mère m’a demandé de la dépanner et elle m’a donné 50 balles…”

“J’ai commencé à faire des assistances informatiques à domicile. A 16 piges, je faisais une à deux interventions tous les soirs, je mettais des annonces dans les boites aux lettres, le bouche à oreille fonctionnait bien aussi. Je faisais 2000 à 3000 euros par mois… C’était cool.”

“J’ai structuré l’activité. A 18 ans, j’ai créé Save My Computer. J’avais obtenu un agrément de service à la personne et je sous-traitais les interventions à des indépendants. Je m’occupais juste de trouver les clients et de gérer les encaissements.”

“J’ai souffert d’un truc quand j’étais jeune, j’étais un peu rondouillet, je voyais les autres garçons, beaux gosses, la dernière gameboy, les nanas autours d’eux… J’étais pas le mec autour de qui tout se passait.”

“Alors j’ai commencé à utiliser mon argent pour organiser des soirées, je faisais DJ aussi, je devenais frais.”

“Ma première terminale, je suis quasiment jamais allé en cours. J’ai eu 9.96 au bac. Quand ils ont ouvert mon dossier, j’ai sauté direct. C’était dur, j’ai pleuré un bon coup et j’ai retapé.”

“L’année d’après, j’ai postulé dans les écoles post bac. Et puis je suis allé à l’EBS, c’était l’école la plus proche de chez moi.”

“Je bossais trois ou quatre soirs par semaine dans la nuit, j’avais ma boite d’assistance informatique, j’étais président du BDE de l’école… Et l’été je faisais des petits boulots… Faut remplir les journées, sinon c’est du temps perdu.”

“Que tu veuilles pas travailler et te faire un vrai kiffe je comprends, mais l’espèce de truc entre les deux où tu fais rien, tu rentres chez toi le soir et tu regardes la télé, c’est pas possible ça, je peux pas.”

“Après mon séjour d’étude à l’étranger, le volume d’affaires de Save My Computer avait un peu baissé, et au même moment, plein de gens me demandaient de réparer leur téléphone. Donc j’ai dupliqué le modèle de Save My Computer mais pour les Smartphones.”

“Sauf que le modèle de réparation à domicile est limité. Un tech peut faire 5/6 réparations s’il se déplace chez les clients contre 20/25 dans une boutique. Et puis, j’en voulais plus et passer à l’étape d’après.”

“Un soir, je suis arrivé chez un copain avec une bouteille de champagne, un business plan, une présentation. 48h après, il me prêtait 50k euros pour ouvrir la boutique. J’ai ouvert le 12 février 2013, j’avais 23 ans”

“C’est le moment où l’argent est devenu secondaire. Je savais en gagner, maintenant je voulais du challenge. Et puis tout s’est emballé.”

“J’ai appris beaucoup de choses pendant l’expérience de Save qui semblent des évidences aujourd’hui, mais la leçon la plus importante et sur laquelle j’ai encore du travail, c’est la lecture, l’écoute, l’observation des gens, des situations…”

“J’ai su inspirer les équipes, les faire adhérer au projet et à mes décisions. Mais j’étais égoïste, je m’intéressais pas assez à leurs retours. J’ai tout vu trop tard. Le problème d’un leadership trop dominant, c’est que tu crées une distorsion de la réalité. Au lieu d’avoir une relation bi-directionnelle, c’était à sens unique et ça c’est ma plus grosse erreur.”

“J’étais complètement aveugle sur ce que je devais regarder dans ma boite. Et j’ai pris une grosse claque.”

“Heureusement, on a réussi à sauver la boite avec beaucoup de travail et de la chance aussi. D’abord il y a eu les fonds d’investissement qui nous ont soutenu, et ensuite Remade qui nous a racheté.”

“J’ai eu de la chance dans cet échec et je pense gagner en sagesse.”

“Pour le nouveau projet sur lequel je bosse, j’écoute et j’observe beaucoup plus, mais j’ai encore du boulot. J’ai besoin que mes équipes prennent la place qui leur revient dans les décisions, la stratégie. C’est ça le challenge de mon nouveau projet.”

“La téléphonie ? comment tu veux être dégouté d’un marché aussi gros ?!”

Jean de La Rochebrochard

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