2017, l’année de maturation des FinTech

Belle énergie en ce début d’année ! Deux jours passés au Paris Fintech Forum, entourés de 1700 participants venus du monde entier, plus de 130 startups et des centaines de dirigeants pour échanger sur leur vision de la banque de demain.

PFF17 countries

3 observations autour de 3 déclarations phares des porte-paroles de cette nouvelle industrie, ces nouveaux acteurs pour ne pas dire barbares qui vont clairement disrupter la banque.

« Les banques françaises n’ont pas beaucoup bougé ces dernières années, elles ont été paresseuses en matière d’innovation » a rapporté à l’AFP Valentin Stalf, fondateur de N26.

N26, néobanque basée en Allemagne, avec plus de 30.000 utilisateurs en France en quelques mois seulement de lancement, déjà présent dans 17 pays.
 C’est au final une application qui permet par exemple d’activer ou désactiver une carte de paiement, de changer et choisir son code à la demande, de fixer un plafond de retraits et de dépenses pour une durée souhaitée avec une expérience digne du monde du numérique…

ð La promesse d’ouverture de compte en 8 minute est tenue, mon expérience personnelle m’a fait comprendre qu’on est passé à un autre stade, je l’ai fait alors que j’étais en voyage à 10 000 km de mon domicile et pourtant la vérification de mon identité n’a posé aucun souci.

« La Fintech qui réussira saura foncièrement remettre en cause les postulats et être non pas 10% mais 90% moins chère ! » a lancé Mark Mullen de Atom bank.

Etre le Uber de la banque, telle est la mission de ce Challenger bank comme on les appelle au Royaume-Uni. Cet ancien de First Direct racheté par HSBC, a déclaré trouver son inspiration dans le parcours de la compagnie aérienne irlandaise Ryanair.
 20 ans en arrière, Ryanair c’était un avion et une destination. Pourtant, elle a réussi à rebattre les cartes de cette industrie hyperconcurrentielle, en changeant les attentes et la dynamique du secteur. Mais rappelle, ce banquier chic de Londres, « à condition de ne pas tuer le client, donc de le protéger, elle a démontré que le consommateur est prêt à des compromis en échange d’un bon prix, d’un rapport qualité-prix radicalement meilleur ».

ð La désagrégation, concept cher à Marc Andreesen, est à l’œuvre dans les services financiers, comme cela a été démontré dans les autres secteurs, depuis la musique, le commerce, les télécoms, les médias, le tourisme, etc…Bien malin ceux qui continuent à s’agripper à un modèle unique comme la banque universelle ou la banque des affaires, l’avenir est aux plateformes fonctionnant en écosystème ouvert mettant en relation l’offre et la demande sur des besoins précis. Typiquement, la promesse de Atom est de délivrer un crédit immobilier dans la journée…et non pas plusieurs semaines après comme la pratique actuelle.

« […] sur le plan économique, à la fois en terme de prix et en terme de transparence, on marque une véritable rupture par rapport à ce qui existe aujourd’hui dans le secteur de la banque en France » a révélé Stéphane Richard, en parlant du lancement de Orange banque.

La banque 100% digitale de l’opérateur Orange, qui combine expertise technologique et vaste réseau de boutiques sur le territoire français, risque d’être un coup fatal pour les banques traditionnelles.
 Le patron d’Orange qui s’enorgueillit de 29 millions de clients et un réseau de 650 boutiques, a plutôt mis l’accent sur la « rupture » des tarifs qui seront pratiqués par rapport à ceux affichés traditionnellement par la concurrence en plus de la possibilité de rencontrer un conseiller en agence.

ð La bataille qui s’annonce ne se fera pas seulement en termes d’expérience client (le fameux UX) mais bel et bien sur le prix, avec une transparence des conditions tarifaires. La promesse se fera sur le terrain de l’expertise acquise par les opérateurs Telecom après une décennie de combats sur les tarifs attractifs, « une véritable rupture par rapport à ce qui existe aujourd’hui dans le secteur de la banque en France », à l’instar de ce que Free avait réalisé dans la téléphonie mobile face aux opérateurs historiques.

Pour terminer sur une petite touche éthique, c’est bien vers notre british banker que se trouve l’inspiration : « Il est interdit de vendre à perte de l’alcool au Royaume-Uni, mais pas un produit financier : cela devrait être illégal, car sinon cela veut dire que quelqu’un paie pour vous, pour ce cadeau ». Est-il en train de nous guider vers une banque vraiment transparente, sans activité spéculative ou offres opaques, comme on l’a vu dans la téléphonie mobile avec la séparation de l’abonnement et du téléphone et l’émergence des offres sans engagement.

« Il faut pouvoir gagner de l’argent sur un seul produit, sur chaque produit. Sinon les agrégateurs de comptes et les applis de gestion des finances personnelles vont désagréger le modèle des banques. Il y a un moyen de gagner de l’argent de façon plus honnête et de devenir plus efficace. » Honnêteté et efficacité, deux valeurs d’avenir pour nos métiers ?

One clap, two clap, three clap, forty?

By clapping more or less, you can signal to us which stories really stand out.