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La personne que je suis et la personne que je veux devenir sont dans un bateau…

Apparemment ce qui est important c’est de vivre au jour le jour, qu’il vaut mieux ne pas trop vivre dans le futur. Qu’en rêvant trop on risque de passer à côté de sa vraie vie.

Vivre dans le moment présent, être en “pleine conscience” comme ils disent, ok c’est une bonne idée, mais comment on fait quand on le trouve un peu pourri ce fameux moment ? Qu’on le trouve trop insipide, pas à la hauteur de nos ambitions, de nos capacités, de nos envies ?

Si je n’ai pas la vie que je veux, celle que je pense mériter, si mes amis ne me font plus vraiment rire, si la personne avec qui je vis ne me fait plus rêver, si le travail que je fais ne me fait plus vibrer, si je déprime d’habiter dans un lieu qui ne m’étonne plus, dois-je me culpabiliser d’avoir de telles pensées et faire taire cette petite voix négative ? Est-ce qu’en me forçant à être heureux dans ces conditions présentes il y ait une seule chance que je le devienne vraiment ? Et est ce que cela est souhaitable ?

Je veux bien me forcer à me satisfaire d’une vie qui ne me convient qu’à moitié, il n’y en a un qui n’en sera jamais dupe, c’est mon égo ! Cet animal peureux, cet enfant capricieux qui au fond de moi se sent blessé de ne pas avoir la vie qu’il désire, celle qu’il mérite vraiment (c’est lui qui le dit). Qui n’est jamais satisfait. Qui ne comprend pas pourquoi il n’a pas ce qu’il veut. Parce qu’il fait des efforts pourtant. Je peux toujours essayer de le faire taire, il réussira par n’importe quel moyen de se faire entendre. “Méchant égo !”, qu’ils disent.

La personne que je suis et la personne que je deviens, tout ça c’est moi

Peut-être que finalement, le problème c’est qu’on pense en noir ou blanc, comme toujours. Choisir entre être heureux aujourd’hui et être heureux demain, ça n’a pas de sens, non ?

Parce qu’au fond de moi se cachent deux personnes : la personne que je suis et la personne que je deviens.

La personne que je suis, c’est celle qui respire, qui vit avec ses émotions, qui appréhende le contact direct du monde. Elle seule peut profiter et se rendre compte de l’immense chance qu’elle a d’être ici, d’avoir parcouru tout ce chemin. Elle est le résultat de mes choix passés, qui ont parfois été des erreurs, mais elle a fait ce qu’elle a pu avec les connaissances qu’elle avait. Surtout je dois prendre soin de la personne que je suis : soigner les pensées de mon esprit qu’elles ne soient pas trop négatives, soigner mon corps. Je dois prendre aussi soin du monde qui est dans lequel la personne que je suis évolue : ne pas dégrader l’environnement, prendre soin des relations qui me sont chères, et respecter toute personne qui est. La personne que je suis c’est une moitié de moi et c’est celle qui gagne à profiter des petits bonheurs de la vie.

La personne que je deviens n’existe peut-être pas physiquement sur l’instant, mais elle le sera dans le futur : c’est la future personne que je serai, en tout cas la personne que je veux devenir. La personne que je deviens est façonnée par les choix que je fais aujourd’hui : ce que je décide de faire ou de penser est le ciment de ce que je serais demain.

La personne que je deviens, si je la respecte et la prend en compte dans mon quotidien, poursuis mes rêves et mes ambitions. Elle me donne de l’espoir et me fait avancer vers une meilleure version de moi. Elle travaille à réaliser mon potentiel caché qui ne se voit pas forcément dans la personne que je suis. C’est le génie, le spécialiste en devenir. La personne que je deviens est le professeur qui choisit la leçon, et la personne que je suis est l’élève qui apprend. Donc même si parfois je me sens “coincé” dans la personne que je suis, la personne que je deviens est elle, libre d’être ce qu’elle veut.

Dès à présent, je consacrerais une partie de mon temps à profiter simplement de la vie et une autre partie de mon temps à créer au mieux ce que je deviens. Je chouchouterai à la fois la personne que je suis et la personne que je deviens. Mon égo ainsi rassuré, arrêtera ses jérémiades, et je n’aurais plus à souffrir de faire un choix entre mon bonheur présent et mon bonheur futur.