Discovering Siple Island…

By Christian de Marliave,
 ACE expedition head of logistics/directeur logistique de l’expédition ACE.

Great-circle navigation refers to the shortest distance between two points on the globe. Since we’re sailing on a sphere, this is rarely a straight line. The shortest distance between Scott Island and Peter I Island runs near 72°S, which is not far from Siple Island. So after looking at the ice map, which showed that the eastern part of the Ross Sea was ice-free, that’s where we headed. This route offered another advantage: it would take us below the latitudes where low-pressure systems commonly spin their way around Antarctica — generally between 40°S and 60°S. So we were looking at a shorter route, no ice and good weather conditions.

L’orthodromie est la route la plus courte entre deux points du globe et, vu que l’on navigue sur une sphère, c’est rarement une ligne droite. Entre l’île Scott et l’île Pierre 1er, elle passe par un point situé vers 72°S, pas très loin de l’île Siple. Nous nous dirigeons donc vers ce point après consultation de la carte des glaces qui nous renseigne sur l’absence de banquise sur toute la zone Est de la mer de Ross. Cet itinéraire offre également le précieux avantage de nous faire plonger vers des latitudes plus rarement atteintes par les dépressions atmosphériques qui tournent autour de l’Antarctique à des latitudes généralement situées entre 40°S et 60°S. Donc route plus courte, pas de glace et beau temps en perspective.

Mt Siple covered by a cloud strip. /Le Mont Siple, recouvert d’une bande de nuages. ©Noé Sardet, Parafilms/EPFL
Akademik Treshnikov in an iceberg park near Siple Island. / L’Akademik Treshnikov dans un champ d’icebergs, prés de l’île Siple. ©Noé Sardet, Parafilms/EPFL

As we neared Siple Island, the air on board was thick with anticipation. No wind, no fog, just some clouds covering the top of Mount Siple, a 3'110-meter-high volcano. A meeting was called to make an important decision. The ice map showed a dense ice pack close to Peter I Island, still two days away. It was pretty unlikely that the ice floes would clear out by the time we got there. This meant some of the planned research activities could well have to be shelved: no chance of running CTD profiles in the ice, using the submersible, taking the zodiacs out to collect samples on the remote beaches, and so on. This led to the unanimous decision to spend two days at Siple Island, where we’d be able to do most of the research activities that had been planned for Peter I. Later, when we sailed near Peter I, we’d see if the ice let us in for a short visit.

Lorsque nous arrivons à proximité de l’île Siple, à bord, l’excitation est à son comble. Pas de vent, pas de brouillard, même si de hauts nuages cachent le sommet du Mont Siple, un volcan qui culmine à 3110 m. Une réunion est organisée pour prendre une décision importante. La carte des glaces signale la présence d’une banquise serrée aux abords de l’île Pierre 1er, encore à deux jours de navigation. Peu d’espoir que la situation évolue en si peu de temps, mettant en péril un certain nombre de programmes: pas de CTD possible dans la glace, ni de mise à l’eau du submersible ROPOS, pas d’accès en zodiac aux rares plages pour échantillonner, etc. Aussi est-il décidé à l’unanimité de passer deux jours à Siple et de voir si, lors de notre passage à proximité de Pierre 1er, la glace nous permet d’y accéder, pour une période forcément réduite par le report vers Siple de la majorité des programmes consacrés à Pierre 1er.

In this region, Icebergs look like spaceships sometimes. / Dans cette région, les icebergs ont parfois des airs de vaisseaux spatiaux. ©Noé Sardet, Parafilms/EPFL

Boats can’t sail around Siple Island — except maybe a submarine piloted by a fearless captain. The entire southern side of the island is embedded in the Getz Ice Shelf, which is 500 meters thick. The continental shelf stretches for 60 nautical miles north of the island at a depth of 250–500 meters. Thousands of sizeable icebergs have run aground on it, and it’s only by zigzagging through them that we reached the volcanic island.

Il est impossible de faire le tour de l’île Siple, sauf peut-être pour un sous-marin au capitaine courageux. En effet toute sa partie sud est sertie dans la plate-forme de glace de Getz, épaisse de quelques 500 m. Le plateau continental, au nord de l’île s’étend sur 60 milles nautiques, à une profondeur de 250–500 m. Des milliers d’icebergs de bonne taille sont venus s’y échouer et c’est en slalomant entre ces monstres que nous nous rapprochons du pied du volcan.

Mount Siple. / Le Mont Siple. ©Carles Pina

Mount Siple is a huge shield volcano, 99% of which is covered in ice. A gentle, 20-kilometer slope runs from its foot to its peak. Apart from two small islands — Maher and Lauft — the only major rocky outcrop around is Lovill Bluff, which lies to the west of Siple Island and is inhabited by hordes of Adelie penguins. At around 5pm we were at 73°S and decided — despite the late hour — to take advantage of the mild weather and nearly endless daylight to ready the helicopters and zodiacs. The first group of researchers was dropped off on Maher Island to inventory the fauna and collect algae, moss and sediment. A helicopter carrying glacialists and the guide then headed off in search of a good site for taking an ice sample on Mount Siple.

Le volcan est un énorme cône en pente douce (20 km du pied au sommet) couvert à 99% de glace. Hormis deux petites îles (île Maher et île Lauft), le seul éperon rocheux, Lovill Bluff, de taille conséquente est situé à l’ouest de l’île et est colonisé par une multitude de manchots adélie. Nous sommes par 73°S et malgré l’heure tardive (17h), nous décidons de profiter du temps clément et du jour quasi-permanent pour préparer hélicoptères et zodiacs. Les premiers scientifiques sont déposés sur l’île Maher pour en faire l’inventaire faunistique, récolter algues, mousses et sédiments. Une reconnaissance hélicoptère part avec les glaciologues et le guide pour chercher un point idéal pour carotter la montagne.

Helicopter still flying at sunset. / Les vols se poursuivent au coucher du soleil. ©Bob Brett

At around midnight, the ship headed towards the edge of the continental shelf where, after a CTD profile was taken, the submersible was put in the water. It descended 750 meters to the ocean floor and then slowly climbed up the edge of the shelf. As usual, those still awake on the ship got a first-hand look at the amazing images and samples that were collected. In the early morning hours, the helicopters dropped off Ben, the guide, and glacialists Joël, Bradley and Grisella, together with Julia. They would spend six hours on the slopes of Mount Siple taking a 24-meter-long ice core. Julia’s job was to collect snow samples (for their microbes and microorganisms) for the biologists and air samples for the BIOAIR project. During the last run to the volcano’s slopes, Bob, one of the pilots, was able to drop Ben and Frederik on the summit for a moment.

Vers minuit, le navire se dirige vers le rebord du plateau continental, où, après avoir effectué une CTD, le robot est mis à l’eau. Il descend à 750 m pour toucher le fond et remonte doucement sur les pentes du plateau. Comme d’habitude, ceux qui veillent encore à cette heure, sont subjugués par les images et les spécimens récoltés. Au petit matin, les hélicoptères déposent Ben, le guide, Joël, Bradley et Grisella les glaciologues accompagnés de Julia. Ils sont partis pour 6 heures de labeur sur les pentes du Mt Siple d’où ils ramèneront une carotte de 24 m de long. Julia est chargée de récolter des échantillons de neige pour les biologistes (microbes, et microorganismes) et des échantillons d’air (projet BIOAIR). Lors de la dernière rotation sur les pentes du volcan, Bob, un des pilotes, réussit à déposer pour un bref instant Ben et Frederik au sommet du Mt Siple.

Siple island dropoff site map. / Carte des points de débarquement sur l’île Siple. ©Bob Brett
ACE participants visiting an adelie pinguin colony at the foot of the Siple Volcano. / Des membres d’ACE ont rendu visite à une colonie de manchots au pied du volcan Siple. ©Noé Sardet, Parafilms/EPFL

While the ship trawled along the continental shelf, the helicopters continued their air ballet, dropping off the ‘terrestrials’ (as opposed to the ocean and atmospheric researchers) on Lovill Bluff. Peter and Jasmine collected as much data as they could. Later, they would use their photos and videos to estimate the size of the penguin colony. Most of the young penguins have finished molting this late in the season. They mix with the adults, which feed them, making it harder to get an accurate count than during egg-laying season.

Pendant que le navire chalute sur le plateau continental, le ballet des hélicoptères se poursuit pour déposer les «terrestres» (par opposition aux «océanos» et «athmos») sur le site de Lovill Bluff. Peter et Jasmine collectent un maximum de données, pour essayer plus tard, grâce aux photos et vidéos, d’estimer la population de la colonie. Vu la saison avancée, la plupart des jeunes finissent leur mue et, mêlés aux adultes qui les nourrissent, il est plus difficile de compter les individus qu’en période de ponte.

Adelie penguin colony at the foot of mount Siple. / Colonie de manchots adelie au pied de l’île. ©Noé Sardet, Parafilms/EPFL
Adelie pinguins moulting their feathers, while king pinguin watches. / Des manchots adelie en pleine mue, sous le regard d’un manchot empereur. ©Noé Sardet, Parafilms/EPFL

In the evening, the ship moved towards the edge of the Getz Ice Shelf so that the team could do one more submersible dive. Weaving through a hundred grounded icebergs (where the depth ranges from 300 to 500 meters), we sailed very close to the beach at the foot of Lovill Bluff. The opportunity was too good to pass up. The ship stopped for two hours, and the zodiacs ferried the researchers to the beach. Since the beach was so close, anyone else on board who wished to visit it was then given the go-ahead. Many of the Russian crew members wanted to feel the earth under their feet — their first opportunity since leaving Cape Town (apart from the stop at Hobart). A lot of the ocean and atmospheric researchers didn’t have to be asked twice either. They returned from the little outing feeling refreshed and ready for the expedition to continue. One of the scientists was able to set foot on Antarctica for the first time despite five earlier missions around the continent.

Le soir venu, le navire se rapproche du front de la plate-forme de glace de Getz pour effectuer une dernière plongée avec le ROV. Zigzaguant au milieu d’une centaine d’icebergs échoués (les fonds oscillent entre 300 et 500 m), nous passons tout près de la plage située au pied du Lovill Bluff. L’occasion est trop belle, le navire stoppe pour 2 heures et les zodiacs déposent en priorité les scientifiques sur la plage. Par la suite, la distance plage-bateau étant minime, il est décidé de faire profiter à qui veut de passer un court moment sur ladite plage. Nombreux sont les membres de l’équipage russe à accepter l’opportunité de mettre le pied à terre, aucun n’ayant pu le faire depuis le départ du Cap (hormis à l’escale de Hobart bien sûr). C’est également le cas pour beaucoup d’ «océanos» et «athmos», qui ne se font pas prier et reviennent de l’excursion requinqués pour la suite de l’expédition. Pour l’un d’entre eux, c’est la première fois qu’il a l’occasion de fouler l’Antarctique alors qu’il en est à sa sixième mission autour du continent.

At around 2am, the submersible was lowered into the water 70 meters from the Getz Ice Shelf. Two hours later and 800 meters down, it reached the sea floor and ventured under the floating ice shelf. The images it sent back were, as always, incredible. At 7am, the submersible was hauled back on board. We then headed towards Peter I Island, stopping for just two hours to trawl once more where the continental shelf drops off into the abyss.

Vers deux heures du matin, le ROV est mis à l’eau à 70 m du front de l’ice-shelf Getz. Deux heures plus tard, il touche le fond par 800 m et s’aventure sous la plate-forme de glace flottante. Une fois de plus les images récoltées sont incroyables. Sept heures du matin, le ROV est gruté à bord et nous quittons la zone en direction de Pierre 1er, en nous arrêtant juste 2 heures pour faire un dernier chalutage à l’endroit où le plateau continental plonge vers les abysses.

Deploying the ROPOS in rough seas. / Déploiement du ROPOS en mer agitée. ©Noé Sardet, Parafilms/EPFL