Quelle vision d’une France des territoires ?

Dans un monde traversé par des mutations majeures d’ordre sociétales, environnementales et économiques, la question de l’équité des territoires doit être centrale dans les visions présidentielles des candidats.

En effet, le numérique ou les défis environnementaux et la marche du monde vers la métropolisation nécessitent de prendre des positions fortes à destination du monde rural. Comment ne pas penser à 35 % de la population qui vit dans des territoires ruraux ? Comment ne pas entendre ces territoires qui aspirent à révéler leurs atouts et qui s’inquiètent de leur démographie, de leur économie, de leurs équilibres sociaux ? Alors que certains candidats attisent l’idée d’une France rurale abandonnée et en perdition, il est urgent de reconstruire un devenir partagé entre les différents territoires, entre la France urbaine et la France rurale.

Dans la campagne électorale, bien des candidats proposent des pansements plutôt que des changements. Peu se soucient du développement de ces territoires, comme s’ils étaient condamnés à subir la course d’un monde auquel ils n’appartiendraient plus.

Pour Emmanuel Macron, cette tendance « naturelle » n’est pas une fatalité. La politique d’aménagement du territoire ne peut pas se limiter à des transferts sociaux vers les territoires déclassés et à des politiques de promotion de l’égalité d’accès aux services publics dont on regrettera ensuite les progrès trop lents. Emmanuel Macron veut confier aux territoires un rôle actif dans la production de richesse. C’est pourquoi il souhaite lancer un plan d’investissement ambitieux sur les territoires à travers des contrats régionaux de la transition écologique pour la croissance verte, en remplacement des contrats de plan Etat-régions.

L’intuition est simple : les grandes métropoles qui ont pris des engagements forts (notamment lors de la COP21) en matière de durabilité auront besoin de leur « arrière » pour atteindre leur objectif. En pratique ces sont les territoires qui seront les opérateurs de la transition écologique et qui pourront fournir aux métropoles des services de durabilité qui concernent la production d’énergies renouvelables locales, la biodiversité, les nouvelles formes de mobilité, les biomatériaux, le développement des circuits courts et de l’économie circulaire dans les territoires. La transition écologique représente ainsi une formidable opportunité pour rééquilibrer la création de valeur et d’emplois entre territoires et métropoles.

Au total, il s’agit de 3,5 milliards d’euros d’investissements publics additionnels sur les territoires pendant le quinquennat auxquels s’agrégeront par effet de levier plus de 10 milliards d’euros privés. A ces fonds s’ajouteront 5 milliards d’euros pour le « Plan de Transformation Agricole » pour accompagner la montée en gamme de notre agriculture, et notamment des projets de modernisation des exploitations ayant un impact positif sur l’environnement ou le bien-être animal.

Au-delà des enjeux économiques, de nombreuses initiatives peuvent être menées, en capitalisant sur les plus innovantes qui existent déjà sur les territoires. Le pragmatisme d’un grand nombre d’élus est à souligner ! La mutualisation des services publics dans des lieux de vie, l’émergence de pôles de services ruraux, la construction de maisons de santé pluridisciplinaire qui permet d’attirer des praticiens dans des territoires reculés, l’installation d’équipements de tourisme…

Ces actions locales qui émergent et se développent, ce sont des élus locaux qui les portent. Si elles paraissent innovantes, elles sont surtout pragmatiques et répondent à un besoin. Beaucoup de ces élus sont souvent des citoyens de bonne volonté qui « acceptent » de se présenter sans étiquette pour le plus grand service des habitants de leur commune. L’action de ces élus doit nous guider, nous rappeler ce qu’est un mandat électoral : une responsabilité et une obligation morale envers des citoyens et des habitants.

Toutes ces initiatives locales doivent être appuyées et démultipliées. Ça doit être le rôle de l’Etat. C’est la détermination d’Emmanuel Macron qui souhaite donner à tous ces territoires la chance de se réaliser, de porter des projets novateurs.

Le renforcement de la décentralisation, la couverture de tous les territoires d’un débit internet adapté, le doublement du nombre de maisons de santé, l’appui des commerçants vont dans le sens de territoires libres de construire un véritable projet de territoire capable de libérer les énergies locales.

Renforcer la cohésion et la complémentarité des territoires de France doit être une constante des projets présidentiels. Certains candidats semblent penser que les territoires ruraux ne sont qu’une source d’électeurs. Ils se résignent à agiter le risque du grand déclassement de la France des Campagnes, ce qui fait le lit des extrêmes.

Emmanuel Macron renverse cette approche en considérant les territoires ruraux comme des atouts économiques, sociaux, écologiques et culturels ; des terres d’opportunités pour réussir la transition écologique et de valorisation de la diversité de la France.

Baptiste Perrissin Fabert et Adrien Lavayssière

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