Protection Rapprochée : vérifier la réputation de son employeur avant d’accepter une mission — par APR de France

Les débuts de carrière en Protection Rapprochée sont parfois rudes : il faut se bâtir une réputation dans un milieu qui fonctionne essentiellement par cooptation et bouche-à-oreille, et en attendant les premières missions de qualité, enchaîner des CDD très courts, et parfois boucler ses fins de moi en complétant son activité avec des missions d’APS ou d’autres domaines de la sécurité privée. Le rapport de force est donc cruel pour le jeune garde-du-corps face à l’employeur, et certains escrocs en profitent. Trop heureux d’avoir décroché un job, les APR fraîchement diplômés se ruent quelque fois trop vite sur des missions douteuses qui tourneront parfois au cauchemar — et, cas le plus douloureux, pourraient bien finir impayées.
KYE : Know Your Employee (« connais ton employé »).
C’est un acronyme utilisé par les entreprises pour désigner leur process de vérification de la réputation et du sérieux de leurs employés, et qui se décline en toute une série d’autres KY : KYC, Know Your Client, KYS, Know Your Supplier, etc. Le KYE n’est pas une enquête approfondie sur la personne, mais une série de démarches simples et standardisées — vérification des diplômes auprès des organismes accréditeurs par exemple — permettant d’éviter les erreurs les plus grossières en Ressources Humaines. Mais on oublie parfois que le KYE se décline également sur un autre « E » : Know Your Employer (« connais ton employeur »).
Le rapport de force s’inverse : c’est désormais le candidat qui sélectionne l’entreprise.
Aussi difficile cela peut-il sembler quand on manque de travail, il est primordial pour un APR d’effectuer un minimum de vérifications sur son employeur avant d’entamer un job, et de choisir en toute connaissance de cause. Et c’est d’autant plus crucial que la Protection Rapprochée est un marché immature et terriblement fragmenté, constitué de quelques rares leaders, et de beaucoup de mini entreprises aux durées de vie variables… et souvent courtes. Si votre employeur n’est pas connu sur le marché, effectuer un KYE est absolument vital.
Il commence bien entendu sur Internet. Qui dirige l’entreprise ? Ou se trouve son siège social ? Depuis combien de temps existe-t-elle ? Si l’entreprise est établie en Europe, ces renseignements devraient infailliblement se trouver sur la toile et doivent permettre de rebondir sur des vérifications de profils sur LinkedIn, Viadeo voire Facebook.
Le KYE continue pendant l’entretien de recrutement.
Ici encore, il faut rétablir l’équilibre du rapport de forces : dans un entretien de recrutement, ce n’est pas seulement l’employeur qui recrute son candidat — c’est aussi le candidat qui recrute son employeur. Le recruteur ne doit pas être le seul à poser des questions : le candidat doit le faire aussi, et c’est d’ailleurs un signe de maturité professionnelle qui saura être apprécié par les acteurs sérieux du métier. Quelle que soit la discrétion de l’employeur, il est absolument anormal qu’un candidat ne puisse obtenir ne serait-ce que le nom du gérant officiel. Quelqu’un dans le dispositif — aussi secret soit-il — doit prendre la responsabilité légale du recrutement et des opérations qui suivront.
Il y a enfin l’arme absolue du KYE en Protection Rapprochée : la réputation dans le milieu, qu’elle soit juste ou injuste.
Celle-là s’obtient par une série de coups de fil et d’emails, en contactant ses collègues plus anciens, son syndicat ou son centre de formation pour en savoir plus, et sans hésiter à leur demander si besoin une mise en contact avec leurs connaissances qui auraient eu un contact direct avec l’entreprise. Le milieu de la Protection Rapprochée, surtout dans l’Hexagone, est petit, et les réputations, bonnes ou mauvaises, circulent très rapidement. Un employeur « fantôme », sans réputation et sans passé, sans ex-employés ou sans partenaires, est un employeur à éviter.
Bonne chance à tous dans votre recherche d’emploi !
Publié initialement le 27 juillet 2016 par APR de France.
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