Se réinventer pour ne pas disparaître.

Que ce soit le blog ou le métier d’architecte, il ne faut jamais rester sur des acquis. Le blog L’abeille et l’architecte, qui existe depuis maintenant presque 3 ans, jouit d’une certaine renommée et d’un certain écho dans le petit monde de l’architecture et parfois au delà. Cela me vaut des amitiés et de belles rencontres, mais aussi pas mal d’emmerdes (menaces téléphoniques, courriers d’avocats…). Ce n’est pas facile tous les jours, ni pour moi, ni pour ma famille. Depuis juin dernier, je n’ai rien écris sur le blog, j’ai pris des vacances et j’ai bien réfléchi. Continuer ou arrêter ? J’ai finalement décidé de faire les deux. Le blog, dans son format actuel, est mort, mais il renaît sur cette plateforme plus simple et plus direct qu’est Medium.


Depuis 3 ans, j’ai quasiment écrit toutes les semaines, plus une citation, plus un article au Nouvel Obs ou chez Marianne, cela représente plus de 350 articles publiés. C’est fatiguant et cela m’a pris énormément de temps, temps que j’ai pris sur du temps professionnel ou familial. J’étais dans la course aux clics, aux statistiques, quitte à écrire des choses ni très intéressantes, ni très brillantes. Il fallait que je sorte de cette spirale d’autant que je venais de monter mon agence d’architecture.

J’ai donc décidé d’arrêter de me contraindre à cet exercice de façon hebdomadaire, de coller à l’actualité comme un BFM de l’architecture, et de désormais prendre plus de temps… L’idée de ce nouveau format était donc indispensable pour changer aussi ma façon d’écrire et de penser. Je n’ai pas envie de faire l’année de trop sur le blog, de devenir un blog vieillot et aigri, comme l’autre.

L’actualité architecturale est riche en ce moment. Le projet de loi sur l’architecture nous replace au cœur du débat : notre place, notre rôle, notre avenir… et pourtant, je pense que cela intéresse personne, si ce n’est nous. Si j’ai pu me féliciter de l’annonce du rapporteur Patrick Bloche, je reste aujourd’hui, un peu sur ma faim.

Doit-on se féliciter de revenir à ce qui était écrit dans un loi écrite il y a presque 40 ans ? C’est finalement un peu triste comme image pour l’avenir de notre profession et comme image tout court. Il suffit de lire les commentaires de certains articles pour comprendre à quel point les 20 m² gagnés et la plaque avec notre nom posée sur nos bâtiments ne répondront en rien à la piteuse image que nous renvoyons.

Je n’ai pas de solutions toutes faites, mais j’ai peur que nous n’ayons pas changé de logiciel pour mieux préparer notre avenir. Pour ne pas m’endormir sur mes lauriers, mais aussi pour voir les choses différemment, j’ai décidé de changer de plateforme de blogging, faire un pas de côté pour encore et toujours se réinventer, pour ne pas disparaître.