« Génération Test » #34 : C’est la rentrée !

Adrien
Adrien
Sep 6, 2018 · 5 min read

Note : cet article était censé sortir hier, le 5 septembre, mais ne l’a pas été par manque de temps. Toutefois les repères chronologiques sont conservés, daté d’hier.

5 septembre. Le jour final est arrivé. Aujourd’hui est le dernier jour de la phase principale de Parcoursup. Concrètement, aujourd’hui est (enfin, était, vu l’heure de publication) le dernier jour où le statut des gens en liste d’attente peut avancer. Le statut actuel est définitif : si vous faites parti du millier de personnes qui ont eu une réponse de dernière minute (grâce au délai de réponse raccourci à une quinzaine d’heures ou à la désinscription automatique des personnes n’étant pas venue pour leur pré-rentrée [voir plus bas]), tant mieux pour vous… et répondez d’ici ce soir ! Pour les autres, ceux qui sont encore en attente sur leurs vœux formulés en mars dernier, et qui espéraient avoir un vœu, ou mieux… c’est trop tard. Tous les vœux encore en attente seront supprimés/inaccessibles/n’avanceront pas à partir de demain. Parcoursup commence à s’éteindre.

Mais rien n’est joué, et de nombreux médias se font l’écho d’une décantation possible à la suite de cette purge Parcoursup, comme le président de la Conférence des présidents d’université, dans une interview au Monde en juillet dernier. Personnellement, je ne vois pas comment cette fin de la phase principale peut avoir des conséquences : ceux qui n’avaient pas de vœux n’en auront pas, ceux qui avaient un vœu et étaient en recherche d’un autre vont s’inscrire dans leur établissement. À la limite, quelques-uns vont partir, insatisfaits de leur proposition… mais c’est tout. Pas de magie noire le 6 septembre.

En revanche, un autre artifice va créer des places. Conformément à un décret paru avec la loi ORE, les établissements d’enseignement supérieur doivent, après la rentrée (et théoriquement le 3 septembre, d’où un pic de 3 000 démissions entre lundi et hier), signaler les étudiants ne s’étant pas présentés à la réunion de pré-rentrée… pour qu’ils soient signalés démissionnaires. Ainsi, ceux qui ne sont pas là à la rentrée donnent leurs places… ce qui va libérer de l’espace pour la phase complémentaire.

La seule solution sera donc de s’inscrire en phase complémentaire, et/ou en commission d’accès à l’enseignement supérieur. Jusqu’au 20 septembre, les bacheliers peuvent candidater dans les formations qui ont encore des places disponibles (et s’ils remplissent des critères, renseignés par l’établissement, comme une limitation des séries du baccalauréat). Les formations ont huit jours alors pour répondre, “Oui”, “Oui si” ou “Non”. Entre le 6 et le 21 septembre, les étudiants vont ainsi recevoir des réponses sur leurs vœux qu’ils auront préalablement inscrits entre le 6 et le 20.
Énième nouveauté pour tenter de limiter la casse : alors que — comme dit dans le précédent épisode — on ne pouvait pas se réinscrire en phase complémentaire dans une formation que l’on avait déjà proposé en phase principale, il s’avère qu’à partir du 6 septembre, tout le monde pourra s’inscrire en licence (même ceux refusés la veille), selon la règle du premier arrivé premier servi — au diable les quotas de boursiers ou de locaux, ou même la sélection sur les notes. Tant mieux si vous avez des licences où il reste de la place près de chez vous… ce qui devrait être le cas, vu la lenteur des inscriptions cet été : certaines formations pleines sur Parcoursup ne sont pas encore pleines, administrativement parlant.


Que sont devenus les personnages de « Génération Test » ?

Deux mois après les avoir quittés à l’issue des résultats du baccalauréat, j’ai tenu à faire le bilan de Parcoursup pour les gens de ma classe, ceux qui ont fait ces 34 — pour l’heure — épisodes de « Génération Test ». Deux jours après la rentrée scolaire, certains ont ainsi repris depuis déjà une semaine, tandis que d’autres ne commenceront que lundi prochain, mais aucun lycéen de ma classe dont j’ai encore contact est sans formation.

Malheureusement, je n’ai pu garder contact qu’avec une moitié de ma classe, l’autre vadrouillant désormais aux quatre coins de France sans que j’aie leur numéro de téléphone… ce qui fait que je donnerai le bilan détaillé de ma classe, plus tard dans le mois — après la fin de Parcoursup.

Car, attention, il ne reste que deux semaines de surplus. Le 21 septembre, dans deux semaines, sera le dernier jour de Parcoursup, et le 22, tous ceux qui n’auront pas de réponses ou ne se seront pas inscrits seront lâchés dans la nature. Là où on avait promis qu’il n’y aurait personne sans admission en septembre, Parcoursup fera-t-il mieux ou pire qu’APB ? Réponse le 21. Fermez le ban.

J’aurais aimé faire une meilleure image, mais le temps n’est plus le même qu’en ce 9 juillet, date de prise de vue.

Post scriptum

À l’issue de la phase principale, les tableaux de bord, statistiques quotidiennes de Parcoursup, ne sont plus publiés. Le Ministère souhaite-t-il peut-être contrôler sa communication ? Ce matin, Blanquer et Vidal ont ainsi fait état de 3 000 bacheliers, sans formation. Mais il faut rappeler que ce chiffre ne compte que les gens ayant saisi la CAES ou la phase complémentaire, et il est ainsi amené à augmenter à partir d’aujourd’hui. De plus, Blanquer ne cite que le nombre de bacheliers… pas les étudiants en réinsertion, qui étaient plus de 4000 hier. Alors, certes, sans aller jusqu’à l’extrémisme de Marianne qui compte également les démissionnaires, cela ne fait “que” 40 000 étudiants sans formation. Les 70 000 étudiants qui avaient eu une réponse favorable mais avaient conservé des vœux en attente sont eux désormais à ranger dans la catégorie “a eu une réponse”. Ils peuvent s’ils le veulent toujours s’inscrire en phase complémentaire, pour une réorientation de dernière minute…
Toujours est-il qu’à l’heure actuelle, et malgré les dizaines de milliers de places (86 000 ? 100 000 ? 127 000 ?) disponibles en phase complémentaire, au moins 7 000 étudiants, voire 40 000, sont sans-fac pour l’an prochain. Soit plus que les 3 729, sans rien l’an dernier, en fin d’APB (oh, quelle surprise de voir 3000…).

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