La voiture connectée, du divertissement à l’autonomie


Le monde de l’automobile est en train de changer, de vivre une révolution au risque de paraphraser Steve Jobs. Notre présent rattrape la science-fiction, et tout ça devant nos yeux… Accroche ta ceinture Marty et bienvenue en 2015!

La voiture de 2015 imaginée dans Retour vers le Futur

Historiquement, l’industrie automobile a toujours su mettre l’innovation au service du plus grand nombre. Son appropriation de l’informatique ne fait pas exception à la règle. En effet, dès le début des années 90, grâce aux ordinateurs de bord et au GPS, la voiture est devenue sans le savoir l’un des premiers objets connectés grand public.

Si, depuis vingt ans, les choses n’ont pas beaucoup évolué, aujourd’hui, le marché s’emballe et se découvre une nouvelle jeunesse. La voiture notamment, au travers de son intégration de la téléphonie mobile, intéresse de plus en plus les poids lourds de la Silicon Valley.

Le smartphone comme cheval de Troie

Aujourd’hui, la notion de voiture connectée se résume souvent au fait d’utiliser votre smartphone en guise d’autoradio et de GPS. Loin d’être révolutionnaire, cette approche permet surtout aux géants du logiciel de faire une entrée sur un marché qui leur restait étranger.

CarPlay proposé en série dans une Mercedes Classe C

Apple et Google ont flairé le filon et proposent des systèmes embarqués pour les constructeurs. La voiture devenant une extension du smartphone, il n’est pas question pour l’une des deux firmes de se laisser distancer. Dans ce duel, c’est Apple qui a dégainé le premier avec CarPlay. Carplay propose de déporter sur un écran de bord tactile les principales fonctions de votre iPhone. Pour une meilleure expérience de conduite le système fait la part belle aux interactions vocales via Siri.

Maps : l’application maps est accessible sur l’écran de bord et remplace votre traditionnel GPS avec toutes les imperfections qu’on lui connait.

Téléphone : vous pouvez prendre ou de rejeter des appels et rechercher des contacts dans le carnet d’adresses de votre iPhone.

SMS : lorsque vous recevez un SMS, CarPlay vous le lit à voix haute et vous pouvez répondre par simple dictée.

Musique : à la manière d’un autoradio, vous pouvez écouter la musique stockée dans iTunes et, soyons-en certains, acheter de nouveaux morceaux.

Aujourd’hui, CarPlay n’est disponible que sur certains modèles de Mercedes et de Ferrari, mais Tim Cook promet qu’il sera proposée sous peu dans 40 modèles de voitures de marques différentes. Et si certains constructeurs résistent, Pioneer permettra d’accéder à la technologie d’Apple au moyen d’un kit d’installation. Au vu des perspectives de croissance de vente de contenus et de services, on peut faire confiance à la marque à la pomme pour multiplier les partenariats afin que votre voiture ne soit compatible qu’avec votre iPhone ou votre Apple Watch.

Interface de navigation d’Android Auto

Google lance de son côté Android Auto et essaye de fédérer les acteurs de l’industrie en singeant les communautés open source avec l’Open Automotive Alliance. Les fonctions proposées sont les mêmes que celles de CarPlay mais Android Auto dispose d’arguments de taille :

Navigation : GoogleMaps remplace avantageusement le très moyen Maps d’Apple.

Musique : Android Auto joue la carte de l’ouverture et vous permet de lire vos morceaux préférés en streaming sur Spotify.

Encore une fois, les deux géants prennent un marché en tenailles et nous demandent de choisir notre camp. S’il n’existe pas forcément d’alternative pour les consommateurs, les constructeurs peuvent encore choisir de ne pas choisir et laisser leurs clients libres d’installer le système qu’ils préfèrent. Il est même possible pour les plus inconscients de jouer les francs-tireurs, à l’instar de Peugeot, en développant des solutions maisons. Un pari plus que risqué car il implique une mutation drastique de l’ADN de l’entreprise. Si l’effort parait louable, les chances de réussite sont faibles car on a rarement vu un industriel se transformer du jour au lendemain en éditeur de logiciel.

Toutefois, un pure player français des objets communicants propose un système alternatif qui s’affranchit des OS de smartphones, il s’agit de Parrot et son Asteroid Smart. Asteroid Smart est un système indépendant qui peut être installé sur n’importe quel véhicule à la manière d’un autoradio. Il reprend les mêmes fonctions que ses deux concurrents en y ajoutant une dimension multimédia.

Mais la voiture connectée va bien plus loin qu’un simple autoradio amélioré et doit ouvrir la porte à une nouvelle conception de la conduite!

L’âge du quantified drive

Grâce à leur ordinateur de bord, les voitures sont aujourd’hui capables d’enregistrer de nombreuses informations sur la façon dont nous les utilisons. L’enjeu de la voiture connectée est alors de transmettre ces précieuses informations et de les processer pour apporter de nouveaux services aux conducteurs. À la manière d’un bracelet FitBit, votre voiture va mesurer et monitorer en temps réel votre comportement de conduite, optimiser votre consommation d’essence, et vous prévenir de l’usure des pièces mécaniques.

Autobrain se branche sur le port OBD d’un véhicule pour capter et transmettre les données de conduite de n’importe quel véhicule immatriculé à partir de 1996

Nous entrons dans l’âge du quantified drive ! Une nouvelle ère de mesure et d’analyse qui vise à prévenir les pannes, réduire les comportements à risque et à placer le conducteur dans une dynamique d’amélioration continue. De nombreuses start-ups investissent ce segment de marché et proposent de transformer n’importe quelle voiture en véhicule connecté, même si ces dernières ne disposent pas des dernières avancées technologiques. On peut citer à titre d’exemple myautobrain.com ou automatic.

Outre l’amélioration des habitudes de conduite, le quantified drive représente une chance formidable de renouvellement pour le secteur de l’assurance automobile. Les compagnies vont enfin pouvoir dépoussiérer leur vision de la gestion du risque et proposer des offres basées sur les vrais comportements de conduite des automobilistes. Certaines évoquent même la possibilité de lancer des tarifications en mode pay per use.

A titre d’exemple, Agnik revend aux compagnies d’assurance les données mesurées et analysées par ce type de périphériques.

Quand Tesla Motors change la donne

Pour beaucoup, Tesla Motors se résume à un constructeur de voitures électriques. Mais ce qu’il faut retenir, c’est que Tesla a complètement changé la façon dont un constructeur automobile intègre la technologie dans un véhicule.

Tesla Motors P85D

En effet, la marque conçoit ses véhicules comme des objets informatiques roulants. Ces derniers disposent d’une connexion internet native, ils embarquent leurs propres logiciels de synchronisation de smartphone et de divertissement à bord. C’est également l’ordinateur de bord qui gère le calibrage et l’interaction des éléments mécaniques et moteurs. Tesla a d’ailleurs réussi à améliorer les performances d’un de ces modèles en une nuit, au moyen d’une simple mise à jour système over the air. Si Tesla défriche et change les règles du jeu, les constructeurs traditionnels ne sont pas en reste. Et les poids lourds comme BMW et Audi lancent leurs premiers modèles de série dotés d’une connexion native et de services avancés.

Interface conducteur d’un véhicule Tesla Motors

La firme d’Elon Musk continue de rêver plus loin, et tire le marché vers le haut en promettant de transformer certains de ses modèles existants en véhicules autonomes. Cette métamorphose sera bien-sûr transparente et déployée l’été prochain lors d’une mise à jour logicielle dont la marque a le secret.

Vers la voiture autonome

L’évolution naturelle de la voiture connectée est la voiture intelligente et autonome. Une voiture autonome qui pourrait se passer de conducteur pour vous emmener en toute sécurité sur votre lieu de travail. Une voiture qui deviendrait de facto un nouvel espace de détente, de travail ou d’échanges familiaux.

Google Self-Driving Car Project

En attendant la prochaine révolution Tesla, la première expérience concluante dans ce domaine a été menée par GoogleX, le laboratoire de R&D de Google avec la Google Car. Si la Google Car est la première voiture autonome produite à ce jour, elle ne sera pas la dernière. Nous l’avons constaté, lors de notre passage au CES : le concept intéresse les marques.

L’intérieur du concept F015 de Mercedes Benz

Mercedes-Benz a d’ailleurs fait sensation à Las-Vegas en présentant le F015, un concept-car de berline familiale autonome ne proposant plus de poste de conduite et transformant l’habitacle en petit salon. Sit back and relax ! Plus besoin de regarder la route, la voiture s’en charge pour vous ! Dans quelques années c’est certain, le stress au volant ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

Et si le bitume ne vous suffit plus et que vous rêvez d’explorer de nouveaux cieux en toute sécurité, soyez patients ! Aeromobil nous promet une voiture volante autonome d’ici 2025.

Aeromobil 3.0
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