L’accélérateur Techstars Berlin

Le vendredi 2 mars vers 15 heures, nous arrivons aux portes de Techstars, où Jens Lapinski, Managing Director, nous reçoit en personne. 3 étages plus tard nous arrivons enfin dans les locaux Techstars, l’immeuble étant également occupé par une business school : ESMT Berlin.

Techstars est un accélérateur de start-up spécialisé dans le secteur de la technologie. L’idée : dénicher, étudier, sélectionner des entreprises à potentiel et qui gravitent autour du secteur de la technologie pour les aider à se développer via un financement. En contrepartie Techstars prend une participation au sein de l’entreprise.

Pour vous donner une idée de l’homme que nous avons rencontré, on peut évoquer son parcours : Titulaire d’un doctorat de l’université de Cambridge où il a développé une machine pour une entreprise spécialisée dans l’eau, M Lapinski a toujours travaillé dans le domaine de la technologie. Une fois son diplôme en poche, il a aidé à se développer l’entreprise Dow Jones qui est passée de 7 à 50 employés en 4 ans. Fort de ce succès, il a ensuite co-fondé une start-up spécialisée dans la data des entreprises industrielles, qui employait 50 personnes lorsqu’il l’a revendu, et co-dirigé Forward Labs où il a crée de nouveaux business en utilisant le « lean startup ». (lien à la fin de l’article !) Il a travaillé à Techstars Londres, puis il a fondé le bureau Techstars Berlin en 2014 qui grâce à lui est devenu le plus gros bureau du réseau Techstars et accueille aujourd’hui 4 programmes !

Maintenant que vous avez des étoiles dans les yeux, passons à l’interview, ou plutôt aux points clés qui en sont ressortis.

Techstars Berlin finance environ 40 pépites chaque année. L’accélérateur investit souvent 120 000 euros et obtient en échange entre 6 et 9% de l’entreprise financée. La décision la plus subtile est certainement de savoir s’il faut investir ou non. Mais alors comment choisir les « bonnes » entreprises, celles qui généreront du rendement ? Selon M Lapinski, l’important n’est pas d’investir à tout prix, mais bien de générer un flux de candidats de qualité. Ainsi, si M Lapinski reçoit 50 candidatures, mais que tous ces projets ne semblent pas avoir d’avenir, alors la question n’est pas de savoir s’il faut investir dans le projet douteux, le mauvais projet, ou le projet catastrophique, mais simplement refuser les 50 candidatures. L’accélérateur peut alors soit attendre que de nouvelles candidatures arrivent, soit aller directement à la rencontre des entrepreneurs. Techstars contacte directement les entreprises, organise donc des workshops, des conférences, des séminaires en ligne, des événements étudiants… Mais il arrive aussi que tout parte d’un événement quelconque. M Lapinski nous a raconté une anecdote : l’un des investissements les plus réussis qu’il ait fait a été le résultat d’une rencontre dans un pub, où un jeune homme de 19 ans lui avait présenté son projet par hasard, lors d’une discussion. Un nouvel accélérateur aura forcément à passer par des investissements douteux, mais il faut apprendre de ses erreurs, le temps d’acquérir une expérience et une notoriété qui permettront par la suite de trier les projets plus efficacement, (mais avec toujours un risque, M Lapinski avoue que même aujourd’hui, il lui arrive de voir des entreprises qu’il a refusé très bien marcher, et à contrario d’investir dans des entreprises qu’il a aidé à remettre dans la bonne direction par la suite) et ainsi de ne pas perdre inutilement de capital.

Cependant, le fondateur d’une entreprise doit aussi faire attention à bien choisir celui qui aura un poids non négligeable dans la prise de décision au sein de son projet. « Donneriez-vous 10 millions de dollars à investir à cette personne ? » C’est la question que M Lapinski nous a posé, et qu’il conseille à toute personne qui cherche un financement auprès d’un accélérateur de se poser avant de signer quoi que ce soit. Observez le Managing Director, a-t-il l’impression de savoir ce qu’il fait, de savoir de quoi il parle ? Si la réponse est oui, alors foncez, sinon, sortez calmement de son bureau, et dites-lui que vous le rappellerez (ce qu’évidemment vous ne ferez pas).

Techstars n’a à priori actuellement pas de concurrents directs grâce à son réseau puissant et à sa notoriété solide, et se positionne à la fois sur des entreprises déjà bien développées, comme sur l’univers des start-up qui a tendance à prendre de l’ampleur ces dernières années. L’accélérateur organise par exemple des Start-up Week-End partout en Europe, c’est un week-end consacré à l’entrepreneuriat que nous avons eu la chance d’animer sur notre campus à Rouen cette année, et qui vaut le détour. (lien à la fin de l’article !)

Cette rencontre a été enrichissante, et nous espérons que Techstars Berlin continuera sur sa lancée.

On part pas sans consulter les liens utiles !

Qu’est-ce que le « lean startup » : https://fr.wikipedia.org/wiki/Lean_startup

Start-up Week-end de cette année : http://www.up.co/communities/france/rouen/startup-weekend/10025

En espérant que l’article vous ait plu.

Alexandre Alekseev