Foire de Montpellier: l’international ne convainc plus
La foire de Montpellier qui se déroule jusqu’au 19 octobre au parc des Expositions se consacre cette année aux arts du cirque et des rues. Entre commerce et animations timides, pour les centaines d’exposants, une seule question se pose : la foule sera-t-elle au rendez-vous ?
Dans le hall des équipements pour la maison et ses extérieurs, les exposants sont tirés à quatre épingles : costards cravates, chaussures cirées et chignons bien peignés sont à l’honneur. Les commerçants veulent se faire remarquer. Pour certains, vendre des piscines en octobre à Montpellier, c’est possible. Pour d’autres, avachis dans leur chaise en plastique, le temps semble long.
Tandis que le décor change au fil des bâtiments traversés, les clowns ont déserté les allées. Mais voyager entre les étales reste possible dans l’espace des nations du monde. Entre origami, tongs en bois, habits traditionnels et odeurs d’épices orientales, les continents asiatique et africain se déclinent sous toutes leurs formes.
La passion ne suffit pas
Au détour d’un espace mode et bien être, après avoir passé quelques marchandes en mal de clients, se profile une petite dame, parée de fleurs d’hibiscus roses et jaunes. Tevivirani est spécialiste des perles de Tahiti. Quinquagénaire au teint nacré, elle est entourée de créations et d’images qui rappellent les îles. La pudeur et la simplicité sont de rigueur. Ici, on ne bondit pas sur le client, on le laisse découvrir et prendre son temps. Assise au centre de son emplacement, elle façonne chaque bijou avec habileté : « Ce que j’aime c’est être dans mon atelier pour travailler le produit. » Le spectacle, c’est elle qui l’offre avec son savoir-faire. Mais il est 14h30 et les allées sont vides.
Après vingt années passées à sillonner les foires aux côtés de son mari, Tevivirani confie son envie d’arrêter les braderies : « Le côté exotique plaît, mais ce n’est plus comme avant. » Après la Foire de Paris et le Salon Agricole, elle va jusqu’à Berlin pour présenter ses créations. Mais la réalité est rude : « Les stands sont trop chers. Pour 12m2 il faut compter 1600 euros. » Son sourire chaleureux s’estompe. Alors qu’à Tahiti l’avenir est compliqué, elle doit multiplier les activités. Mais pour cette bijoutière qui fournit de grandes enseignes en Nouvelle-Calédonie, l’avenir reste prospère. « On veut aller s’installer à Nouméa. J’aimerai transformer un camion en atelier et faire le tour de l’île. » Un rêve d’enfant qui devrait voir le jour dans les années à venir. En attendant, Tevivirani essaie de s’en sortir, comme l’ensemble des exposants présents cette année.
Alix Madec