Lettre ouverte à mes ami-e-s de gauche ou de droite qui n’aiment pas Macron

Chères amies, chers amis, de gauche ou de droite,

“Trop à gauche …”, “trop à droite …”, “trop flou …”, “j’attends son programme …”, “c’est un banquier …”, “trop intello …”.

Voilà un échantillon de ce que j’entends quelquefois quand je discute d’Emmanuel Macron avec vous, de vive voix ou sur les réseaux sociaux.

Et je ne baisse pas les bras face à vos doutes, face à vos interrogations, j’argumente, j’explique, essayant patiemment, sereinement, de vous faire partager mes convictions.

Je souligne la volonté de Macron de dépasser des clivages politiques datés, je rappelle la véritable ferveur de son engagement européen, j’insiste sur l’importance centrale qu’il accorde à la valeur “travail”, je signale sa compréhension pertinente des enjeux de la mondialisation et de l’économie numérique, j’insiste sur son authentique attachement à l’égalité entre les hommes et les femmes, je mets en avant sa conception ouverte de la laïcité, je martèle sa fermeté sur les grands principes républicains, j’enfonce le clou à propos de sa modernité sur le fond et la forme.

Souvent, j’arrive à vous convaincre. Pas toujours.

J’ai donc décidé de m’y prendre différemment.

Dans cette élection présidentielle, une seule chose est certaine aujourd’hui : le soir du 23 avril 2017, Marine Le Pen sera au second tour.

Et son accession à la Présidence de la République serait une catastrophe d’ampleur industrielle pour notre pays.

Je ne reviendrai pas sur l’idéologie rance qui anime le Front National et son triste cortège de racisme, de xénophobie, d’homophobie, d’instrumentalisation des peurs.
 Beaucoup d’autres l’ont déjà fait, avec beaucoup plus de talent que moi.

Je ne reviendrai pas non plus sur le caractère népotique et corrompu de cette sinistre PME familiale, dont les membres “parlent pour eux-mêmes, de père en fille, de fille en nièce” et collectionnent les délits politico-financiers.

Je veux revenir en revanche sur l’inanité de leur programme économique, qui, de la sortie de l’euro à la préférence nationale, du protectionnisme aveugle aux dépenses publiques inconsidérées, générerait mécaniquement une inflation galopante et une récession brutale, pour aboutir très rapidement à l’effondrement de l’économie de notre pays.

Ce danger mortel, il nous faut l’éviter à tout prix, en plaçant au second tour un candidat capable de battre Marine Le Pen à coup sûr.

Jean-Luc Mélenchon est hors-jeu, tant sa “France insoumise”, mais quand même soumise à un taux de prélèvements obligatoires vertigineux, ressemble à Cuba sans le soleil ou au Venezuela sans le pétrole.

Benoît Hamon est empêtré dans les jeux d’appareil d’un Parti Socialiste moribond, pas crédible économiquement, déconnecté socialement.
 S’il parvenait malgré tout à se hisser au second tour, il serait balayé par les forces conjuguées du Front National, de la droite dite “forte” et de l’extrême-gauche, prête au chaos qu’elle juge propice à ses visées “révolutionnaires”.

François Fillon est démonétisé par les révélations des largesses financières accordées à sa femme et à ses enfants sur fonds publics. Même s’il appartient à la Justice de déterminer le caractère effectivement délictueux de ses agissements, il est moralement disqualifié, lui qui avait fait de la probité son fonds de commerce et des sacrifices façon “sueur et larmes” le socle de son programme électoral.
 Un second tour Fillon-Le Pen serait ainsi marqué par une abstention record qui profiterait immanquablement à la candidate du Front National.

Au second tour, seul Emmanuel Macron sera en capacité de rassembler largement, de fédérer les voix de tous les progressistes, de la droite modérée, du centre et de la gauche social-démocrate, et de battre nettement Marine Le Pen.

Mes ami-e-s de droite ou de gauche, je sais que vous ne supporteriez pas d’être responsables de l’arrivée au pouvoir du clan Le Pen et des conséquences désastreuses qui s’ensuivraient.

Alors le 23 avril prochain, ne vous abstenez pas, ne dispersez pas vos suffrages sur des candidats incapables de nous protéger efficacement contre la pire menace jamais affrontée par nos valeurs républicaines, glissez sans hésitation dans l’urne un bulletin Emmanuel Macron !

Amicalement,

François Amigorena
Chef d’entreprise
Adjoint au Maire de Biarritz