Vive l’individualisme.

D’après le film “La Vague”

Je n’ai jamais aimé les groupes.

Les groupes, c’est dangereux. Les intelligences individuelles ne s’additionnent pas. Elles s’annulent. On fini par faire davantage confiance à l’avis de la majorité qu’à son propre jugement.

Et parfois, lorsque l’on s’en rend compte, c’est trop tard.

Si tu ne l’as pas encore vu, regarde le film La Vague. Il illustre les extrémités pouvant être atteintes par les dérives de la dynamique de groupe.

De mémoire, je n’ai jamais fait parti d’un groupe. À l’école, je n’étais ni dans le groupe des “populaires”, ni dans celui des geeks. Généralement, je me trouvais 3 ou 4 bons amis avec qui je trainais toute l’année.

Aux scouts (eh oui j’ai grandi dans le 17ème…), je préférais inventer des jeux avec mon meilleur ami et y jouer à l’écart plutôt que de participer aux jeux collectifs. C’est comme ça qu’est né le désormais célèbre (ou presque) “pommeball”.

Je n’ai jamais soutenu une équipe sportive, adhéré à un club, ou été membre d’une communauté. Et je ne suis pas patriote.

Rejeter le groupe, c’est mal vu.

Même si tu ne fais de mal à personne, même si tu respectes le groupe. À partir du moment où tu ne participe pas, on va te le reprocher.

À l’école, il faut participer. Aux scouts, il faut jouer avec les autres. Lors de la coupe du monde, il faut soutenir son pays.

Si tu ne participes pas, on va te demander quel-est ton problème. Qu’est ce qui cloche chez toi. Pourquoi tu casses l’ambiance.

La jouer solo, ça n’a jamais été une bonne stratégie…

Jusqu’à aujourd’hui.


Grâce à internet, pour la première fois, tu peux atteindre des millions de personnes potentielles, sans adhérer à un groupe.

La puissance du groupe a trouvé son équivalent pour les individus.

Des individus seuls peuvent atteindre plus de monde qu’une équipe de 200 personnes à plein temps.

Le vlogueur Casey Neistat touche 1,5 millions de personnes chaque jour.

Tous les matins, il prend sa caméra, réalise un petit film de sa journée, parle de sujets qui lui tiennent à coeur, monte seul sa vidéo, l’upload sur YouTube, et est écouté par 1,5 millions de personnes en moins de 24 heures.

Chaque jour, des dizaines de marques se battent pour profiter de sa visibilité, qui équivaut à un budget pub de plusieurs centaines de milliers de dollars.

Internet a rendu la création et la diffusion d’information scalable.

N’importe quel ado dans sa chambre, papy dans son grenier, scientifique dans son labo, artiste dans on atelier, peut avoir plus d’impact qu’un groupe de plusieurs milliers de personnes.

Pour les gens comme moi qui ont du mal avec les groupes, c’est une opportunité énorme.

Et ce serait criminel de ne pas en profiter.


Mais tout ça est bien égocentrique, n’est ce pas ?

Où est la solidarité ?

Il faut se serrer les coudes, pas vrai ?

La vérité, c’est que nous sommes égocentriques. Il suffit de voir la quantité de selfie postée chaque jour sur Instagram.

La personne qui nous intéresse le plus, c’est nous-même. Je pense que ça a toujours été le cas. Internet a simplement rendu cela beaucoup plus flagrant.

Je suis sûr que si je jette un coup d’œil à ton compte Facebook, je vais découvrir la vie remplie et heureuse d’une personne épanouie, socialement active et globe-trotteuse à ses heures perdues.

Il y a peu de chances que je tombe sur des photos de toi dimanche dernier, affalé sur ton canapé à manger des chips en assumant difficilement ta gueule de bois.

Je te rassure, c’est la même chose pour moi.

L’égocentricité est dans la nature humaine. Maintenant, on a deux choix. Soit on se lamente sur cette nature humaine décadente, soit on décide de faire quelque chose de bien avec.

On remplace les selfies dans le miroir par des messages positifs, des vidéos utiles, du contenu qui apporte de la valeur aux gens.

On accepte d’être un peu égocentrique, de parler de soi, pour le bien des autres. On ne partage pas pour rendre jaloux, mais pour inspirer.

Comme le font Marine Leleu et Tibo Inshape.

Comme d’habitude, cette lettre est personnelle. Son but est de te faire réfléchir, pas de te dire ce que tu dois faire. On est tous différent, et c’est tant mieux.

À dimanche prochain,

Antoine BM

http://lalettre.co