Les légumes sont-ils des fruits et les fruits sont-ils des légumes?

L’importance du langage et de ces déformations quotidiennes peut être perçu dans cette problématique des fruits et des légumes.

D’après le dictionnaire Larousse un légume est une « plante cultivée dont on consomme, selon les espèces, les feuilles, les racines, les tubercules, les fruits, les graines ». Un légume est donc « la partie consommable d’une plante potagère » nous dis le CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales).

Partant de cette définition un fruit, tel que le melon, ou encore une algue, est aussi un légume.

Le melon est le fruit de la d’une plante cultivable, donc potagère.

Mais cette définition s’applique-t-elle aux pommes? Une pomme est le fruit de l’arbre le pommier.

La question des fruits et des légumes se retrouve changé pour la question de l’arbre et de la plante.

Un arbre peut-il être une plante et vice-versa?

Toujours d’après le dictionnaire Larousse, j’apprends qu’une plante est le « pied d’un végétal, c’est-à-dire individu issu d’une graine ou d’un groupe pérennant unique ».

L’arbre est donc une plante, cependant, la réciproque n’est pas vrai puisqu’un arbre est, d’après notre cher Larousse, un « végétal vivace, ligneux, rameux, atteignant au moins 7 m de hauteur et ne portant de branches durables qu’à une certaine distance du sol ».

L’arbre étant une plante, la pomme est elle aussi un légume.

Facile donc de comprendre la confusion que quelqu’un pourrait avoir si il apprenait une langue nouvelle simplement à travers des définitions.

Les fruits sont, contre toute attente, des légumes. Mais pas seulement les fruits, les fleurs, les racines, les tubercules, les graines/céréales ou les fabacées (plus connu sous le nom de légumineuses).

Les légumineuses sont non seulement des légumes mais aussi des fruits puisque le CNRTL nous dis que ce terme désigne une plante « dont le fruit est une gousse ».

Soit, acceptons cette dictature du dictionnaire, *mauvaise nouvelle* désormais confus lorsque votre amis vous dira « j’apportes des légumes pour le souper», vous vous demanderez si il veut faire un gratin de pommes de terre, une croustade aux pommes ou un gâteau aux haricots rouge. Surprise! J’ai tout de même une bonne nouvelle pour vous, le débat autour de la tomate n’a plus lieu « une tomate est un légume ». Aucun doute la dessus désormais, mais ne t’en fais pas, c’est aussi un fruit, on t’as pas raconté de bêtises.

Mais le problème se complique si nous décidons de regarder plus profondément dans la définition d’un fruit. Qu’est-ce que c’est donc que ça « fruit » ? La première définition est la « production du végétal qui succède à la fleur ». Pour être sincère, la première fois que j’ai lu ça je me suis demandé si une fleur fané pouvait être considéré comme un fruit, mais la fleur fané reste une fleur donc elle n’est pas la succession de la fleur (comme la jeunesse précède la vieillesse, cependant la vieillesse ne suit pas l’être). La fleur fané n’est donc pas un fruit, mais si celle-ci est comestible, elle est tout de même un légume.

Cette production là, nous dis le CNRTL, est un « organe végétal, issu du développement de l’ovaire fécondé, qui succède à la fleur et contient les graines nécessaires à la reproduction » (comme la tomate! ou aussi, la courgette).

Et c’est là, que ça se complique … par exemple l’arachide (cacahouète pour les intimes) provient d’une plante de la famille des légumineuses, c’est donc un fruit puisque que nous avons définis les légumineuses comme des fruits. Cependant la cacahouète bien qu’étant le résultat d’une fécondation, elle ne succède pas la fleur directement, c’est à dire que la définition parle de succession dans le temps et non dans l’espace. La cacahouète ne suit pas la fleur puisque la fleur n’éclos pas sous terre.

*Ici j’ai eu beaucoup de soucis à savoir si il y avait certain fruits que nous nommons « fruits » et qui ne serrait pas issu d’un ovaire fécondé, si vous en connaissez, laissez moi savoir*

Cependant nous pouvons aussi décider de prendre une définition plus littéraire du Larousse, celle disant qu’un fruit est le « résultat, produit bon ou mauvais de quelque chose ». Quelque chose étant la plante, un légume est donc aussi un fruit puisqu’il est le résultat de la plante … Ok, là je suis allée trop loin.

Pour finir j’aimerai ouvrir un débat sur l’importance du langage dans nos vies.

L’utilisation d’un mot crée une réalité, nous avons crée une réalité distinct entre les fruits et les légumes aujourd’hui. Personne n’affirme qu’une pomme est un légume, pourtant « définition-ellement » parlant, une pomme est un légume. Alors la question que je me pose est « faut-il changer ces habitudes de langage pour parler de façon plus « juste », en supposant que les définissions sont basées sur une science (e.g. une pomme de terre n’est pas issu de la fécondation de l’ovaire qui succède la fleur, donc ce n’est pas un fruit) ou faut-il actualiser nos dictionnaires et définitions pour suivre les réalités du langage courant? enfin, faut-il trouver un entre deux, société dans laquelle les définitions suivraient une logique scientifique dans la mesure du possible, mais suivraient aussi des réalités de société (e.g. urban dictionary) ? »