Je veux, je crois, je sais que je peux

Pendant que le monde avance, je ne peux pas rester derrière. Je suis comme tous ces hommes qui rêvent de faire de grandes choses, mais surtout je fais partie de ceux qui les font. A presque un quart de siècle, je fais le bilan d’une vie de « Hustler », permettez moi l’expression. Chaque réussite dans la vie d’un jeune de MAMBANDA est un exploit.

MAMBANDA, c’est mon quartier d’enfance, au Cameroun, dans la périphérie de la ville de Douala. Né dans la pauvreté, chaque jour y est un combat. Vous me direz comme partout, mais je vous dirai encore plus, car chez nous c’est les dessous du monde. On en a vu de toutes les couleurs et on a appris à se solidifier. Je prends cela comme un bien au final car j’ai grandi avec la volonté de marquer l’humanité et dépasser les barrières de cet environnement.

Orphelin de mère et de père inconnu, ma situation est on peut dire encore pire. J’étais cet enfant qui rêvait et qui voyait le monde à la télé, mais qui revenait à une réalité triste et fermée. La boue, les maisons en matériaux précaires, les eaux de pluie qui coulaient dans ma chambre, le manque d’argent, la famine. Mais à force de croire et de chercher, les opportunités viennent. Un Bacc à 15 ans me promettait un bel avenir, mais le pays et mes conditions ne l’ont pas permis. J’ai du m’appuyer sur le talent et sur mes passions pour me faire une chemin jusqu’ici. La musique, la culture, la communication, voilà mes piliers.

Aujourd’hui, j’ai beaucoup évolué, mais c’est encore très peu face aux défis à gérer. Je fais partie de ces jeunes Africains qui pensent que le continent peut changer et qu’on peut se munir d’autant d’armes que les autres. Car si l’on n’a pas les moyens, on a la volonté et le talent. Les deux c’est déjà pas mal, maintenant il va falloir faire valoir nos compétences. Chose difficile dans un pays qui ne porte pas vraiment le regard sur les jeunes entrepreneurs.

Parlant d’entrepreneuriat, oui je suis aussi l’un de ces jeunes entrepreneurs. Mes ambitions sont grandes. Mes projets sont nombreux et je veux les réussir, je veux changer mon pays et le monde. Je sais que cela est possible. Aujourd’hui je suis blogueur, propriétaire d’un média culturel www.voila-moi.com qui se développe et s’impose localement. J’ai d’ailleurs reçu récemment le prix du meilleur blogueur Camerounais. J’ai porté jusqu’ici plusieurs initiatives qui ont eu leur impact sur mon environnement. Mais, cela est loin d’être une fin. Mon projet le plus imminent à travers ma startup VM consulting est de construire un média numérique qui va appuyer le développement de la musique en Afrique francophone. Entre actualité, promotion de contenu et surtout ventes. En Afrique Francophone, de nombreux artistes ne monétisent pas sur des albums à cause du manque de plateformes de distribution. Les sites tels Itunes n’intègrent pas les critères d’achats locaux. Ma plateforme permettra aux artistes de vendre avec des solutions de paiement locales dans chaque pays. Il sera plus facile d’agrandir sa fan base et commercialiser en sous-région. Dans 10 ans je veux être à la tête du plus grand média culturel en Afrique et être ministre de la culture de mon pays.

Comment le faire sans apprendre, sans connaitre, sans bénéficier de plus d’expérience ? Il m’a fallu faire tout cet exposé pour montrer quelle est pour moi la nécessité de participer au Youth Plug-In Initiative. Je suis déjà un jeune leader local, mais j’ai besoin de plus que ça, le monde est trop grand pour qu’on rêve petit. Du bas vers le haut, voilà le sens que je donne à ma vie. Je veux me faire valoir à la hauteur de mes capacités.

J’espère que ces mots pourront justifier ma rétention pour ce programme.