De l’importance de la veille métier

Mes réflexions qui vont suivre vont revenir, pour la majorité des lecteurs, à enfoncer des portes ouvertes, puisque je voudrais vous parler de la veille dans tous les métiers, et en particulier dans les RH. Il me semble relativement logique que les personnes qui lisent ces lignes le font justement dans le cadre de leur veille… mais parfois, rappeler de grandes vérités ne fait pas de mal!

Je travaille depuis plusieurs années maintenant dans le secteur de l’informatique, en particulier le développement. Je recrute des passionnés de ce métier, et pour détecter les personnes qui sont justement friands de technologies, la question incontournable en entretien est la suivante: comment effectuez-vous votre veille technologique? Bon nombre de candidats avouent ne pas effectuer de veille, et certains même ignorent ce que cela veut dire. Mais beaucoup d’autres sont de vrais passionnés de leur métier et passent un temps colossal à se tenir à jour. Leurs moyens sont multiples: lectures d’articles ou de blogs, participation à des événements et des meetups, utilisation d’outils tels que Github et Stackoverflow (je ne vais pas rentrer dans les détails de ces outils, cela pourrait paraître fastidieux pour les personnes d’autres secteurs d’activité, mais grosso modo ce sont des sites qui permettent de partager du code informatique — pour Github — et un forum très complet de questions techniques pour Stackoverflow), utilisation de réseaux sociaux comme Twitter, etc. Nos développeurs passionnés sont plein de ressources et toujours en quête de nouveauté.

Cette population m’inspire beaucoup. En effet, le développement informatique est un secteur qui évolue très vite, avec de nouveaux langages ou outils (frameworks) qui émergent très régulièrement, des nouvelles versions de plus en plus fréquentes, une réflexion autour des méthodologies de développement, de l’organisation du travail, etc. Une personne qui aime son métier et souhaite continuer à l’exercer longtemps se doit d’effectuer une veille active et structurée.

Qu’est-ce donc en effet qu’une veille? Il s’agit des différents moyens qu’une personne met en œuvre pour se tenir informée de l’actualité de sa profession, des changements et nouveautés, des idées émergentes, etc. En tout état de cause, il m’est difficile de m’imaginer une personne passionnée par son métier qui ne se tiendrait pas au courant des pratiques de ses confrères et qui ne chercherait pas à progresser et à en découvrir plus.

Pourtant, lorsque je rencontre des personnes du monde RH et que j’évoque le sujet de la veille, je suis le plus souvent confrontée à une population qui dédaigne ce volet de leur métier. Par manque d’intérêt, manque de temps, manque d’envie… manque de passion, probablement. Il est vrai que la veille s’effectue rarement sur son temps de travail, même si, pour ma part, je me ménage un à deux créneaux par semaine dans mon agenda professionnel pour lire des articles repérés tout au long de la semaine et classés soigneusement. D’une manière générale, les praticiens RH ont encore beaucoup de progrès à faire du côté de la veille. Toutefois, il est important de noter que nombreux sont ceux qui sont abonnés à différentes publications relatives, notamment, aux nouveautés légales: en effet, le RH doit suivre le cadre législatif, cela est incontournable. J’effectue ce type de veille bien sûr, mais ce n’est pas celle qui m’intéresse le plus!

Pour ma part, je suis friande de nouvelles idées, de retours d’expérience d’entreprises de tous les secteurs, mais aussi de recherches dans le domaine psychologique par exemple. Cette semaine, j’ai ainsi lu un article sur les différentes formes de motivation, un autre sur le burn out, un troisième dédié à de nouveaux outils de recrutement, et bon nombre sur la qualité de vie au travail (cette fameuse QVT), sur la marque employeur et l’uberisation, trois des sujets les plus à la mode en ce moment. Les sources d’information sont variées et pléthoriques, aussi ai-je choisi de me concentrer sur Twitter, qui m’alimente suffisamment: chaque jour, je sélectionne des articles que je lis plus tard, lors des créneaux de veille prévus à cet effet dans mon agenda. Je relaie par la suite sur mon compte personnel les articles m’ayant le plus intéressée ou interpelée.

Outre la lecture d’articles, j’aime aller à la rencontre des mes confrères, lors des Apéros RH par exemple, les Afterworks RH, ou encore lors d’événements de qualité comme TruParis. Ces occasions permettent d’échanger avec d’autres personnes du métier mais d’horizons variés, confrontés à d’autres types de problématiques et qui peuvent tant nous apprendre.

Il m’arrive enfin de lire certains ouvrages, en particulier ceux relatifs à de nouveaux modèles d’entreprises, comme Delivering Happiness écrit par le CEO de Zappos, ou ceux de DRH proposant de nouvelles approches, comme Work Rules, du DRH de Google.

Sans oublier les BBL RH, pour BrownBagLunches RH: une initiative du secteur du développement informatique que nous avons importée au monde RH. Son principe: inviter un passionné de son métier parler d’un sujet pendant la pause déjeuner, en échange d’un repas. Simple, sans prétention et source de rencontres, de débats et de nouvelles idées!

Ce que je fais n’est donc pas extraordinaire, et nous sommes relativement nombreux à le faire dans le métier des RH… mais trop peu hélas! A Paris, nous retrouvons toujours les mêmes personnes aux événements et la communauté RH sur Twitter n’est pas très étendue. Mais la tendance est toutefois à l’embellissement, et nul doute que nous prenons la bonne direction. Cette veille permet, à ceux qui la font, de découvrir de nouvelles tendances et de changer de point d’observation, ce qui peut aboutir à de nouvelles idées. C’est pour cette raison qu’il faudrait apprendre à nos étudiants à effectuer une bonne veille métier!


Originally published at peopleandcultureblog.wordpress.com on February 19, 2016.

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