A gâchis national, exigence d’une réflexion nationale, sans aucun tabou !


Quoiqu’il arrive maintenant La Borie en Limousin restera un cas d’école : comment transforme - t - on un grand projet innovant en fiasco ?

Devant l’absurdité totale de la situation faite à La Borie, devant l’énormité du gâchis qui se profile, devant la dimension nationale qu’avait su atteindre ce haut lieu de création de musique, il faut que soit ouverte une réflexion nationale. L’analyse sans aucun tabou musical, méthodologique, économique, managérial ou idéologique de process, de prises de décisions et de comportements apparemment aberrants.

Cette analyse rigoureuse, objective, au plus haut niveau de compétence, est indispensable pour que plus jamais cela ne se reproduise
  • Comment peut-on liquider une organisation qui a 150 000 euros de trésorerie dans ses caisses et dont l’administrateur judiciaire a approuvé et soutenu le plan de redressement ?
  • Comment l’Etat peut-il, à l’exact inverse de toute sa démarche passée à l’égard de La Borie, tout à coup en deux ans sur la base de rapports douteux et très largement contestés dans leurs méthodes et leurs contenus, imposer dans les faits unilatéralement, sans volonté de concertation, cette liquidation et mettre ainsi un terme à ce qui est l’un des plus réussis partenariats public-privé de la région en matière culturelle ?
  • Comment peut-on laisser diffuser sur La Borie des informations aussi calamiteuses et erronées déstabilisant l’une des réussites majeures de l’innovation culturelle en Limousin et reconnue comme telle en France dans tout le monde musical ?
  • Comment des collectivités locales qui, certes à des degrés divers, très divers même, ont accompagné La Borie peuvent-elles aujourd’hui face à la situation faite à l’un de leurs joyaux s’en remettre purement et simplement à une décision étatique ?
  • Comment entendre aujourd’hui les commentaires assassins de responsables locaux qui, comme l’Etat, comme tous les membres des conseils d’administration de La Borie, avaient voté toutes les décisions proposées ?
  • Comment un journal local qui a rendu compte avec exactitude et parfois même enthousiasme des projets et des évolutions de La Borie tout au long de ces années, qui a même été l’un des partenaires du lancement des Jardins Sonores, a t il pu se transformer d’un seul coup en vecteur d’informations erronées, répétées d’ailleurs différemment et contradictoirement et disant d’un seul coup le contraire de ce qu’il disait hier ?
  • Comment interroger le silence, malheureusement destructeur, de la récente équipe de direction de La Borie qui, au coeur de la tourmente, a fait tout ce qu’elle pouvait pour débloquer la situation, trouver des solutions et finalement produire un plan approuvé par l’administrateur mais pas défendu publiquement, construit de façon largement et publiquement partagée ? La modestie est parfois mauvaise conseillère, si elle est respectable, en l’occurrence ô combien.
  • Et combien d’autres questions pointant les dysfonctionnements les plus divers ?
L’exigence citoyenne d’une évaluation nationale

Les choses ne peuvent en rester là. Il faut savoir dans le détailce qui s’est vraiment passé. Au delà de l’avenir même de La Borie, à travers son cas particulier, ce qui est en cause c’est tout un ensemble d’enjeux qui interroge notre vie démocratique et institutionnelle; c’est donc une interrogation qui concerne chaque citoyen, mais aussi les élus, l’administration, les entreprises, les médias, toutes celles et ceux que concernent les transformations nécessaires de notre société, les mutations qui s’imposent dans les gouvernances, l’avenir de la culture comme facteur -clé du vivre ensemble.

Tirer les leçons s’impose maintenant

Nous appelons ici non pas à une polémique stérile, mais à un véritable travail scientifique aux dimensions multiples : sociologiques, économiques, administratives, comptables, culturelles, etc. Un travail mené sans tabou par des experts. Pour tirer de cela non pas des accusations mais des leçons positives, utiles, imaginatives qui fassent évoluer nos institutions, nos collectivités, notre société même vers plus de performance collective, vers une prise en compte réelle des formes nouvelles de l’innovation sur le terrain, vers un accompagnement plus riche de la créativité des acteurs dans les régions.

Eric Fabre