#RickwaertGate : quand tous les moyens (surtout les pires) sont bons.

Ne dit-on pas que toute publicité est bonne à prendre, qu’elle soit bonne, mauvaise, totalement déplacée, voire illégale ?

Quand Philippe Rickwaert nous a contacté pour le lancement de la saison 2 de Baron Noir, le brief était de produire une campagne de pub la plus fidèle possible à la réalité d’une campagne politique. Devant le caractère unique et rare d’une telle opportunité, la curiosité créative que l’on cultive chez BETC (et elle seule) nous a poussé à accepter. C’était sans savoir dans quoi nous nous engagions.

Aussi déterminé et idéaliste soit-il, Philippe Rickwaert reste un politicien chevronné. Pour lui, tous les moyens sont bons s’il estime la cause juste. La 2eme saison de Baron Noir (le 22 Janvier sur Canal+), plus qu’aucune autre, est une cause juste. Et le député du Nord n’a pas manqué de s’impliquer personnellement pour faire de cette campagne une grande première, la campagne d’influence la plus borderline du monde. C’est le journaliste Sébastien Abdelhamid qui a, le premier, révélé au grand jour les dessous du désormais célèbre #RickwaertGate.

“En politique, la haine, c’est mieux que les diplômes.” - Philippe Rickwaert

Pour ce faire, d’après les « conseils » de Mr Rickwaert et contrairement aux habitudes de la maison BETC, nous avons opté pour une stratégie d’influence musclée et sulfureuse : cibler une centaine de journalistes et leur faire livrer des enveloppes d’argent liquide (accompagnées d’un petit message amical), les inviter à des événement huppés ou leur offrir des petites attentions plus ou moins … personnelles.

Les bien-pensants s’écriront : « tricheurs ! », « corruption ! », les start-upers, spécialistes RP ou autres spin doctors salueront des méthodes modernes et un aplomb digne de Petyr Baelish.

Après l’IRL, place à l’e-influence : en bon client, Philippe Rickwaert voulait du viral, coûte que coûte. Texto, il nous répétait : « faites péter les scores, frappez fort et visualisez l’objectif. Le message c’est : saison 2 de Baron Noir (le 22 Janvier sur Canal+) = épisode VII de Star Wars ». Un petit tour par une ferme de clics asiatique plus tard, nous avions un client comblé, un teaser à 41 millions de vues et des dizaines de milliers de followers sur Twitter. Notre candidat était maintenant crédible et en mesure d’être écouté.

Loin d’une crise d’égo pour le Baron Noir, cette campagne était avant tout une compétition féroce, impliquant l’annihilation totale de toute forme de concurrence. Dans cet objectif, un cocktail carabiné de recouvrement sauvage des affiches d’autres séries et de trashtalking 2.0 option diffamation a terminé d’enfoncer l’affaire dans le sac : Philippe Rickwaert s’est retrouvé au cœur des conversations.

Tout au long de cette campagne, Rickwaert a agi seul, même CANAL+ n’était pas au courant. Lorsque la chaîne a découvert l’affaire, c’est par la voix de son président, Maxime Saada, qu’elle s’est désolidarisée de ses méthodes.

Enfin, pour rendre l’information digeste aux plus jeunes, il nous a aussi suggéré le format Brut, « vous savez, ces petites vidéos carrées avec des mots colorés dedans » (sic) afin que les millenials prennent la mesure de son importance dans le paysage télévisuel français. Inspirés de l’exemple russe pendant la présidentielle américaine, il ne nous restait plus qu’à sponsoriser le tout généreusement sur les réseaux sociaux pour influencer l’opinion.

Objectif atteint : Phillipe Rickwaert et ses méthodes sulfureuses sont à la une des plus grands médias.

Une du Monde datée du 17 Janvier 2018

Il était temps de mettre un point final à tout ça. Et les années d’expérience en communication de crise engrangées chez BETC nous ont soufflé la seule action véritablement efficace en cas de scandale : les plates excuses. Car comme dit Mamie : « faute avouée, à moitié pardonnée ».

Petite astuce pour nos lecteurs : sans nier, ni mentir, les mots clés « détermination », « idéalisme » et « absence d’enrichissement personnel » sont souvent la clé d’un mea culpa réussi.

Moyens et méthodes signés Philippe Rickwaert dit le Baron Noir, réalisation BETC Paris sous la supervision étroite de Mr Rickwaert.

P.S : si l’enveloppe est égarée ou que ce n’est pas suffisant, dites-nous ;)