Comme beaucoup de villes britanniques, Bristol entretient un lien particulier avec la musique. Tout comme il y eut le Swinging London ou encore Madchester, la ville portuaire a connu son heure de gloire musicale dans les années 1990. Anticonformiste et multiculturelle, Bristol fut un laboratoire formidable pour la musique urbaine, un tremplin pour des styles hybrides tels que le downtempo et la drum n’ bass. Elle est aussi considérée comme le berceau du trip hop, avec l’émergence de groupes majeurs comme Massive Attack et Portishead.

Aujourd’hui, Bristol produit toujours une diversité incroyable de sons. Tout semble fait pour que la musique soit la plus accessible possible. Bien sûr, les bars et les salles de live y sont légion, mais on retrouve aussi la scène dans la rue, où la police est particulièrement tolérante. Les groupes émergents de Bristol semblent y évoluer dans une grande et fertile communauté.

A travers trois épisodes, sur les salles de concert, la rue, et les groupes, nous avons tenté de définir au mieux ce que sont les Sounds of Bristol.

EPISODE 1

Les salles de concert de Bristol

Il manque une grande salle de concert à Bristol. A cause de ça, beaucoup d’événements contournent la ville vers Cardiff par exemple. ” Même Marvin Rees, opposant travailliste au maire semble approuver le projet municipal de la Bristol Arena. Pourtant les bars, les venues historiques abondent dans le centre-ville. Chacun possède son identité particulière. Nous vous proposons une visite guidée des scènes à Bristol en compagnie de Rhys Buchanan, journaliste au Bristol Live Magazine. Avec des vrais morceaux d’artistes bristoliens dedans.

Valentin Pasquier & Maxime Turck

EPISODE 2

Profession : Street musicians

Crédit : Juan Camilo Palencia

A la différence de beaucoup d’autres villes en Angleterre, la police de Bristol est accueillante avec les musiciens qui choisissent de s’établir à un coin de rue ou sur une place pour profiter des rayons de soleil. Volonté consciente de la mairie ou adaptation des forces de l’ordre à l’esprit alternatif de la ville, le résultat est en tout cas très agréable pour les promeneurs. En flânant à travers la ville, on peut admirer les œuvres de street-art tout en écoutant des artistes talentueux, et surtout diversifiés. Blues, jazz, reggae, country, flamenco… Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les oreilles. Plus talentueux les uns que les autres, beaucoup d’entre eux réussissent à vivre de leur musique. Rencontre avec ces artistes qui font vivre l’âme musicale de la ville.

Bob and Sam

Sam est musicien professionnel. Il fait de la steel-pedal depuis près de 30 ans et passe ses journées à jouer dans les rues de Bristol. Il est rejoint le samedi par Bob, qui a commencé l’harmonica il y a 5 ans. Ensemble, ils jouent une country blues instrumentale qui plaît beaucoup aux passants. Petits comme grands.

Caspa Riis (et Christian)

Bearpit. La fosse aux ours. C’est sur cette place à l’entrée de Stokes Croft que Caspa Riis, long cheveux blonds tirés en arrière et marcel gris branche sa guitare. Sa musique est faite de boucles de beatbox, de folk et de reggae entourant des paroles engagées. A peine a-t-il commencé à jouer qu’un groupe de jeunes se met à danser, tandis que l’un deux commence à rapper au micro. C’est Christian, 24 ans. Il passe ensuite derrière la guitare, pendant que Caspariis passe au chant ou aux percussions. C’est aussi ça l’esprit musicale de Bristol. Une gigantesque scène ouverte où n’importe qui peut venir jouer, ou danser.

Voodoo Jukebox

Devant l’entrée de Saint Nicholas Market, sur Corn Street, le groupe de gypsi-swing Voodoo Jukebox joue en comité réduit. Ils ne sont que trois membres aujourd’hui : Antwarn à la flûte traversière, Billy à la contrebasse et à l’harmonica et Joseph à la guitare et au chant. Rythmé et enjoué, leur style fait fureur parmi les piétons de cette rue très passante. Voodoo Jukebox, c’est un esprit avant d’être un groupe. Les trois membres qui jouent devant Saint Nicholas Market ne font partis du groupes que depuis peu. Mais ils se produisent déjà dans des festivals ou des salles de concerts à travers la ville et le pays.

Dave Nash

Broadmead. Longue rue commerçante de Bristol. Devant un magasin d’alimentation, Dave Nash s’active sur sa six cordes. Guitariste virtuose, son flamenco fait s’arrêter et applaudir les passants les plus pressés. Le calme de sa musique contraste avec l’activité bouillonnante de la galerie marchande. Sa carte de visite est celle d’un musicien professionnel : il joue dans la rue, mais aussi pour des mariages, des événements, et donne aussi des cours de flamenco.

Maxime Turck

EPISODE 3

Bristol, laboratoire musical

Un punk avec un tatouage de Frida Kahlo. Un accro au synthé qui nous reçoit en buvant le thé dans sa chambre/studio. Un adepte de Billie Holiday qui fait de la pop psychédélique.

Trois artistes émergents de la scène bristolienne se sont confiés à BKL pour livrer leur vision de la ville britannique. Pour eux, si Bristol a vu naître des courants musicaux hybrides par le passé, c’est qu’elle est tout le temps en quête d’innovation musicale. Pas de place pour la mode. Le Trip Hop est mort, vive le Trip Hop.

Merci à Andrew Norton, Oliver Wilde et Joe Talbot pour leurs témoignages. Vous trouverez quelques uns de leurs morceaux dans la playlist suivant la vidéo (ainsi que d’autres groupes de Bristol).

Bon visionnage et bonne écoute.

Valentin Pasquier

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