Moroccan break fast


Au cœur de St Nicholas Market, une échoppe marocaine embaume les arcades. C’est dans cet environnement cosmopolite que le Moorish Café donne un coup de jeune à la cuisine marocaine. Découverte entre tradition et intégration.

Au Moorish, il est possible de créer son propre plat à emporter.

Ahmed El Messioui est Marocain, de Larrache précisément, mais aussi Bristolien depuis près de 20 ans. Il y a 9 ans, il ouvre son café dans l’arcade de verre du St Nicholas Market, dans l’hyper-centre. Al Bab Mansour café. « Je voulais faire découvrir le Maroc à ma ville. »

Depuis deux ans, il s’appelle le « Moorish* Café » : « Les gens avaient du mal à prononcer le nom alors j’ai trouvé quelque chose de plus anglais » explique Ahmed. Ses clients sont pour la plupart Britanniques. Sa double culture lui a permis de trouver le juste milieu entre transmission et assimilation. « C’est surprenant, on mange typiquement marocain avec en fond sonore de la musique anglaise des années 80. » s’amuse Paul, venu déjeuner en famille. Au Moorish Café on s’adapte. Tous sont d’origine marocaine, pourtant en cuisine, on parle le plus souvent anglais.

Avant-garde culinaire

A la carte défilent les plats traditionnels remaniés par les cuisiniers. Les prises de liberté sont spontanées. Tajines aux pois chiches, couscous aux citrons confits ou aux pruneaux… Il y a même du riz pour satisfaire l’importante communauté somalienne, cliente régulière. Ici, on sort du carcan de la tradition ancestrale. Les puristes crient à l’hérésie. « Ce sont des produits qu’on utilise dans la cuisine marocaine, mais un tajine aux pois chiches c’est du jamais vu. », tonne un résident marocain. D’autres sont plus ouverts à la nouveauté à l’instar d’Odile, ancienne expatriée française au Maroc, originaire du pays : « C’est moderne. Si les saveurs sont là, pourquoi pas ? ». Les codes sont bouleversés. Le take away permet de créer son propre plat. Pour Ahmed c’est une façon ludique de faire découvrir son héritage culinaire.

Ahmed el Messioui, patron du Moorish Café

Tous les midis (sauf le dimanche) et jusqu’à 16 heures, il y a foule. Le Moorish Café partage l’arcade avec un jamaïcain, un falafel, un portuguais… Bouchra, vendeuse au Eat a Pitta d’en face confirme ce succès : « Le St Nicholas Market, c’est un jour une cuisine. Les Anglais adorent l’exotisme. Le Moorish est réputé, il est toujours bondé ». La cuisine marocaine à Bristol est quelque chose de rare. Une petite poignée de restaurants existent dans la ville. « J’habite à Easton, c’est un quartier où il y a quelques restos maghrébins. Pour autant je ne suis jamais tombé sur de la vraie cuisine marocaine. ».

Une dizaine de personnes peuvent déjeuner à l’intérieur. On retrouve dans ces quelques mètres carrés, les tentures et le confinement d’une tente caïdale**. Le salon marocain est modeste mais conviviale. Il donne sur une cuisine ouverte. L’odeur rappelle celle des restaurants de fortune place Jemaa el Fna***. Les mets sont servis tantôt dans des tajines en terres cuites tantôt à l’assiette. Pour le dessert, pas de cornes de gazelles, ce sera des baklava.

Bessaha****.

Sophia BRIGANTI

  • *Moorish : mauresque
  • **Tente caïdale : tente traditionnelle marocaine
  • ***Place Jemaa el Fna : célèbre place de Marrakech
  • ****Bessaha : Bon appétit
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