“Ici, les artistes ont envie de travailler ensemble”


Pour devenir un artiste connu à Bristol, faites revenir votre originalité dans une bonne dose de collaboration, et, surtout, n’oubliez pas de laisser imbiber le tout dans un bon réseau professionnel. Tom Vooght, photographe originaire de la région, a appliqué la recette et elle semble plutôt lui réussir. Exposé jusqu’au mercredi 13 mai au Centerspace, il nous raconte comment il s’en sort. Laissez-vous porter par sa voix au fil des images.

Collaboration

Une des choses qui plaît particulièrement à Tom ici, c’est l’importante communauté artistique de la ville. Beaucoup de gens sont sensibles à l’art, et pas seulement des professionnels. Ils discutent, montent des projets ensemble, et c’est ce qui rend la ville si fertile en matière de culture. Le Centerspace, où sont exposées ses œuvres, est d’ailleurs une galerie coopérative d’artistes.

« Bristol a une communauté artistique vraiment riche et dynamique. (…) Pas seulement des artistes, mais des gens qui ont envie de soutenir l’art. Il y a une importante vie scientifique et notamment un gros laboratoire de robotique à Bristol. Et beaucoup d’étudiants aussi. Beaucoup d’artistes, beaucoup de médias. Et des gens qui ont envie de travailler en collaboration plutôt que de rester isolés. Et tous ces gens travaillent ensemble, et des idées en émergent. »


Réseau

Et cette collaboration ne s’arrête pas au milieu artistique. Ce qui permet de se faire connaître, ce sont évidemment les médias. Ici, les journaux locaux sont plus accessibles qu’à Londres, et il faut savoir en profiter. Tom Vooght n’a pas hésité avant de téléphoner au Bristol Post pour leur parler de son travail.

Une photographie de Bristol et de son pont suspendu prise par Tom Vooght le 9 juin 2012.

« Le mari d’une amie travaille au Bristol Post. Donc j’ai dit : “Salut, je suis l’ami de Jo, j’ai compris que vous pourriez faire un article sur mon travail.” Et ils ont fait un article sur mon travail en février. Et j’ai dit :

“Je vais aussi faire une exposition un de ces jours, j’aimerais bien qu’il y ait un article sur mon exposition.”

Et ils ont dit :

“D’accord. Si on fait ce papier sur vous maintenant, alors on en fera un autre sur votre exposition. Et après, si vous faites une autre série d’image sur Bristol, on couvrira ça aussi. Donc on ferait trois articles sur vous. Ça vous irait ?

- Oui, ça serait super, merci beaucoup !” »

Cela fait six mois que Tom ne vit plus que de la photographie, et il commence à s’en sortir. Mais sa situation est exceptionnelle.

« J’ai vendu cinq œuvres ici, et pas mal de cartes. Mais en parlant à quelques artistes qui sont dans les studios d’à côté, on m’a dit : “Oh, eh bien si tu as vendu cinq œuvres, tu dois être un des artistes qui ont le plus de succès parmi ceux qu’on a exposés ici.” Je suis presque rentable… Mais je pense que c’est parce que j’ai réussi à faire passer mon message… Je suis un photographe professionnel et que je ne vais pas m’en aller. »

Nalini Lepetit-Chella

Une des photos de Norvège exposées par Tom Vooght au Centerspace du 8 au 13 mai derniers.
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