Ujima FM : Afro-écolos

Une radio communautaire afro-caribéenne surfe sur la vague écolo de la Bristol Green capital, pour affirmer l’activisme qui est dans ses gènes.



“Julz” et “Dj Style” sont animateurs volontaires au sein d’Ujima 98 FM. Julian Davis, de son vrai nom, est responsable des relations extérieures de cette radio associative écoutée en grande majorité par la communauté afro-caribéenne de Bristol. Andrew Hartley, alias Dj style, en est le directeur des programmes. Leurs thèmes de prédilection : intégration sociale, lutte contre la discrimination, engagement politique ou encore accès aux médias des populations marginalisées.

Andrew connait très bien les “codes de la rue”, c’est d’ailleurs le nom d’une émission qu’il anime. Parler à des populations qui ne s’intéressent pas forcément au débat public demeure son obsession. Le message écologique est à l’honneur à Bristol en 2015, la ville est Green capital européenne, Andrew le prend comme un nouveau défi : “Il y a un manque de compréhension de l’écologie dans les milieux blacks. La plupart des autorités publiques veulent que l’on fasse ce travail de pédagogie, je pense que la radio est un bon moyen de sensibiliser les gens à l’écologie et plus globalement de pousser les jeunes à l’engagement”.

Helen Bell, chargée de communication de “Bristol 2015”, l’organisme de promotion de la Green capital, sait qu’elle peut s’appuyer sur ces médias locaux pour augmenter le retentissement de cette année écolo. Mieux que cela, elle explique qu’Ujima FM ne se contente pas de parler : “En plus des débats qu’ils organisent, ils se sont vu allouer 4 500 livres pour mener un programme de lutte contre le gaspillage dans leur communauté”.

“Oui, la communauté afro-caribéenne est le meilleur endroit pour faire passer le message écologique” (Julian Davis)

Dès octobre 2014, Ujima organisait un “Green and Black debate”. Julian Davis croit que la communauté afro-caribenne doit se sentir encore plus concernée par l’écologie que les autres. Ce militant puise ses arguments au sein de son histoire personnelle : “Moi, j’ai de la famille au Guyana, en Amérique du Sud, ce pays aimerait faire de l’éco-tourisme car ils ont des ressources naturelles inviolées, leur combat est donc le nôtre”. Julian enchaîne : “On parle ici d’une histoire mondiale, l’accès à l’eau des populations marginalisées est mis en danger partout. Quand on est défavorisé à Bristol on a tout intérêt à être solidaires de ceux qui se font polluer leurs rivières en Afrique”.


“On veut aider les jeunes à accéder aux grands médias comme la BBC” (Andrew Hartley)

Ujima est un média culturel qui ne rechigne jamais à aborder les thèmes de société importants pour la communauté afro-caribénne. L’activité la plus précieuse aux yeux des cadres de la radio reste la formation. Dans la salle de montage, il y a toujours un ou deux jeunes en train de s’entrainer : “Le monde des médias est très fermé, je ne pense pas qu’on puisse vraiment parler de ségrégation, mais une chose est sûre, le racisme institutionnel existe encore, alors on veut aider les jeunes à accéder à des postes dans les grands médias comme la BBC”, explique Andrew Hartley. Il a lui même réussi à participer à des émissions de l’antenne locale de la première des chaînes anglaises.

Neidi est une jeune Mauricienne venue étudier le droit à Bristol en septembre 2014. Ses premiers mois lui ont permis de s’acclimater à la ville et à ses habitants. Vivant 7 jours sur 7 dans un campus universitaire à une vingtaine de minutes du centre-ville, la radio a été, pour elle, une manière de diversifier ses relations. Aujourd’hui, elle est là pour proposer un nouveau “show” à Ujima. On y parlerait du principe de médiation dans les disputes familiales, ce qui est particulièrement utile au sein des communautés afro-caribéennes selon elle. Neidi revient sur le rôle profond d’une radio qu’elle considère comme une véritable famille de substitution.

Son quartier préféré de Bristol est Easton, où vit une grande communauté Somalienne.

Par Angy Louatah

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