Baptiste Rambaud
Dec 13, 2019 · 2 min read

Bonjour, je ne partage pas forcément votre avis.

Vous confondez, je pense, le conflit, et le traitement adopté par l’auteur (aussi appelé registre)

Dans le premier des deux cas que vous citez, il est question d’un traitement/registre comique, et dans le second il est question d’un traitement/registre sérieux. La différence n’est pas la personne qui vit le conflit.

Dans les deux cas, le conflit est bel et bien vécu seulement par le personnage. Sauf qu’avec un traitement comique nous rions, et avec un traitement sérieux, nous compatissons. Si l’homme qui tombe est vulnérable et réaliste et que le scénariste insiste sur ses blessures nous ne rirons pas mais nous compatissons, et de même si le cochon est présenté comme détestable et stupide et qu‘il ne se fait finalement jamais très mal, nous rions. C’est schématique, mais en gros c’est ça, le traitement de vos deux situation est interchangeable.

Par ailleurs le deuxième cas que vous citez n’est pas un exemple de conflit, mais justement de perspective de conflit, de danger — qui peut alors très bien ne pas se concrétiser en conflit effectif, comme j’en parle dans l’article. Et c’est effectivement un outil de narration précieux.

Pour autant, je vous rejoins sur le fait qu’un conflit vécu par le personnage qui laisse le spectateur indifférent est sans intérêt, et que le spectateur peut vivre des émotions fortes face à un danger que le personnage ne réalise même pas. Néanmoins, là aussi, j’en parle dans l’article : le fossé peut s’ouvrir pour le spectateur et non pour le personnage — c’est le cas dans Her quand le personnage se dé-socialise inconsciemment, sous nos yeux inquiets.

    Baptiste Rambaud

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