Les débuts de BattleParis : interview de FranceDancePants

FranceDancePants, ex joueur de Montmartre, rue Montmartre

Pour les 5 ans du jeu, nous avons décidé de partir à la rencontre de joueurs qui ont marqué son histoire. Pour la première interview nous avons retrouvé chez Dédé la Frite quelqu’un qui a vécu les premiers émois du jeu, rien de moins que le meilleur joueur de la saison 1 : FranceDancePants !

Tibo : Qui es-tu, qu’est-ce que tu fais dans la vie ?

FranceDancePants : Je suis Martin, 33 ans, j’ai commencé BattleParis lors de la première saison, où j’ai gagné… c’était quoi 2011, 2012 ? [fin 2012] J’avais 28 ans à l’époque. Je travaille dans la musique, à l’époque pour un site indépendant appelé Jamendo, connu des gens qui font de la vidéo car ils ont un catalogue de musique libre de droit qu’on peu acheter à moindre coût sans passer par la SACEM. Je viens de quitter Jamendo en juin pour trouver de nouvelles opportunités, ça faisait 6 ans que j’y était donc j’ai un peu fait le tour. Là je suis en recherche d’emploi, j’ai profité de mon été c’est cool ! Mon pseudo c’est FranceDancePants, c’était un surnom qu’on m’a donné aux États-Unis, où j’ai passé un an, je bossais en label là-bas. Un soir un peu arrosé on s’est mis à danser comme des maboules et j’ai hérité de ce surnom.

T : Cool, et comment tu avais connu le jeu ?

M : Alors j’ai connu le jeu par mon cousin dont la femme, est quelqu’un que tu connais car elle était journaliste…

T : …en fait je les ai rencontré via le jeu !

M : Ha, je crois qu’elle a eu vent du jeu un peu avant que ça démarre, elle t’a fait une petite interview, je ne sais plus pour quelle média…

T : …l’interview a eu lieu après, c’était pour paris.fr :)

M : C’est ça, elle était community manager de la ville de Paris. C’était “Noemiebu” dans BattleParis, et mon cousin Remi juste “Remi”. On était tous à Montmartre car moi j’étais rue Lepic et eux ils étaient vers la rue Lamarck… voilà, on était la Team Montmartre, et on a gagné ensuite la saison 3 ! Donc c’est par eux que j’ai connu le jeu, et j’étais dans les starting-block parce que Remi m’avait dit « Ouais il va y avoir ce jeu… » en fait c’est pas particulièrement parce qu’on fait tout le temps des trucs ensemble ou qu’on aime les jeux, mais vu qu’il savait que c’était en armée, que j’habitais à Montmartre, il m’a dit « faut absolument que tu fasses parti de l’armée, faut qu’on gagne ça va être chanmé ! ». Et évidemment j’étais très chaud parce qu’avant j’étais sur Foursquare à donf, mais à DONF pendant 2 ou 3 ans, dès que j’étais à l’étranger il fallait que je choppe du wifi partout ou je pouvais pour que je checkin…

T : Oui, j’ai fait la même !

M : C’était génial à l’époque, il y avait cet aspect game avec les badges, que j’adorais, au delà de l’aspect communautaire pour faire une cartographie des lieux, et d’être un peu un Trip Advisor, parce que c’est ça qu’ils sont devenus finalement. Pouvoir faire de la recommandation de lieux géolocalisés, mais en passant par une recommandation de gamers, qui du coup vont apporter suffisamment de data… C’est très malin, mais au final ils ont perdu en chemin les gens qui aimaient l’aspect jeu de Foursquare.

T : Ils l’ont enlevé oui, et ils l’ont mis dans Swarm

M : Oui c’est ça, ils ont séparés le truc. Moi à partir de là j’ai lâché l’affaire, parce que j’avais pas spécialement un besoin de recommandations de lieux. Je trouve ça bien pour plein de gens hein, mais ça ne fonctionnait pas pour moi. Du coup j’étais déjà sur Foursquare à faire des trajets improbables et c’est quelque chose que j’ai reproduit dans BattleParis.

T : Ok, donc les trajets improbables pour toi ça faisait partie de l’intérêt du jeu ?

M : Pour BattleParis je l’ai fait plein de fois, je faisais des footings, avec un trajet entièrement dédié à BattleParis. Sur les space invaders, les points d’intérêts, tout ça… j’allais aux Buttes Chaumont à Belleville, j’allais courir partout où je pouvais pour ça ouais, carrément.

T : Qu’est-ce qui t’as plu au début, tu t’es dis direct « je vais faire des trajets de dingue », ou c’est venu progressivement ?

M : C’est venu progressivement, surtout avec les points d’intérêts justement, les stations de métro et tout ça… parce que c’est là où tu pouvais faire du point. De base, c’est parce que avec mes cousins on adorait jouer à Risk, alors Risk grandeur nature à l’échelle de Paris, c’est trop bien ! J’étais hyper emballé dès le départ. Après il avait des joueurs acharnés, on se tirait la bourre, c’était ça qui faisait que j’étais à fond et que je faisais des efforts particuliers pour aller grappiller des points, récupérer des territoires, les consolider, tout ça… Au début on ne savait pas trop quel avance on avait sur un territoire, enfin il ne me semble pas…

T : La jauge est arrivée assez vite, mais peut-être pas dès le départ en effet.

M : Après on pouvait savoir si on était confortable ou pas, si on pouvait récupérer un territoire ou si c’était mort, pas la peine de forcer pour le récupérer…

T : Donc au début tu as joué l’équipe, tu cherchais à récupérer des quartiers ?

M : Oui, bien sûr, jusqu’au moment où je me suis rendu compte au détour de la saison 1 que j’étais quand même bien placé au classement, que du coup j’ai fini par être premier, ça a fini par être mon objectif… et après j’ai joué pour l’armée, pour avoir le titre par équipe.

T : …que vous n’avez pas réussi à avoir, mais de beaucoup ou pas ?

M : Il me semble que c’était assez serré oui, c’était Belleville ou pas ?

T : C’était Belleville oui, mais à l’époque le fonctionnement était différend, maintenant c’est sur le nombre de quartiers contrôlés, mais à l’époque c’était sur le total de points marqués par l’équipe.

M : Ok, d’accord. Alors qu’est-ce que ça a changé par le nombre de quartier, tu as l’impression que c’est un peu plus équilibré ?

T : Avec le total de points marqués, c’était forcément l’équipe la plus nombreuses qui était quasi-assurée de gagner, alors qu’avec le nombre de quartier c’est tout de suite plus stratégique, il faut un peu plus réfléchir à comment s’organiser plutôt que juste mettre plein de points partout. Et c’était beaucoup plus logique par rapport au principe de capture de quartier.

M : Tu t’es appuyé sur l’expérience des joueurs et leurs feedbacks pour orienter le développement du jeu ?

T : Oui, naturellement. Après pour le problème évoqué je ne pense pas que des joueurs nous aient dit spécifiquement « il faut faire ça », mais comme nous-même on est des joueurs de notre propre jeu on a tout de suite vu que c’était une meilleure solution. Même si à l’époque j’étais à Belleville, et que ça ne favorisait pas Belleville de faire comme ça. Mais bon la priorité c’était que les joueurs s’amusent, que ce soit fun pour tout le monde !

M : Je viens de me souvenir d’une anecdote… je crois que je suis venu deux fois à un apéro, et la dernière fois je rencontre quelques joueurs de Montmartre, notamment un qui nous aidait pas mal, c’était un joueur qui habitait dans le 93 qui s’était mis à Montmartre et qui était chauffeur de taxi…

T : Mr_prince !

M : Ah ! Il était énorme lui. Alors on est parti de l’apéro, et il nous a pris dans son tacos, et on s’est fait une virée, pendant je sais pas… 2–3h, dans plein de coins hyper stratégiques. Et c’était cool, comme cette histoire des gens de Montparnasse qui sont allé à Disneyland… au moins j’ai participé une fois à un truc comme ça.

T : Pour la saison 1, comment tu as fait pour devenir premier ?

FranceDancePants lors de la première remise de trophées, au Bailly

M : Je pense que j’étais surtout très assidu, BattleParis s’était vraiment installé dans ma tête tous les jours, même avant de dormir et en me levant. Je n’avais pas de points d’intérêt accessibles depuis mon lit, mais sur le chemin du taff, au boulot j’étais tout prêt du métro Opéra, donc je faisais du point là dessus, je checkais toutes les deux heures. Cette assiduité, associée à pas mal de gros détours dans Paris une ou deux fois par semaines.

T : Tu allais où par exemple ?

M : Mes parents habitait dans le 16e donc déjà j’en profitais, dès que j’allais voir des potes vers Batignolles, Alésia, Belleville… Les footings c’était principalement pour consolider Montmartre, je rayonnais surtout autour de chez moi.

T : Pourtant il n’y a pas trop de parcours de footing vers Montmartre…

M : Ha ben non c’était pas évident, après la butte était bien protégée, alors j’allais surtout vers Belleville, tout ce qui est jardins d’Éole, la halle Pajol, porte de la Chapelle, début 19e… et de l’autre côté : Épinettes, Cardinet, vers l’avenue de Clicy. Donc je consolidais tout ça et après j’allais là où c’était un peu “border” à Belleville, pour faire chier (rires). Ça faisait chier les adversaires mais ça faisait gagner des points donc j’ai joué comme ça. Puis après il y avait des trucs occasionnels : c’était noël, on était chez nos grand-parents à Asnières avec les cousins, et quand on rentrait en bagnole dans le 18e, sur tout le trajet on enchainait les checkins.

T : C’est donc là que tu as pu dépasser Solac et Vico, qui étaient premier à ce moment-là !

M : Ha Solac et Vico je me souviens oui, je crois que je les ai rencontrés à la 2e remise de trophées. Ça a peut-être été un tournant oui j’avoue. Vico c’était un grand blond non ? Non je confond avec un autre gars qui était à Lutèce.

T : Gorby ! Je le vois plus tard justement.

M : Gorby oui. Donc c’était ça un peu les ingrédients de la victoire. Moi j’ai plein de potes qui habitent un peu partout dans Paris donc quand tu sors, que tu vas voir des concerts, par exemple la Maroquinerie qui n’était pas du tout à côté de chez moi en plein Belleville, ben tu en profites à donf.

T : Et il y avait plein de Space Invader dans le coin, qui avait son atelier juste à côté.

M : C’est clair que dans le 16e chez mes parents il n’y avait pas des masses de space invaders.

T : Maintenant il y a beaucoup plus de POI, même dans le 16e.

M : Ouais des trucs un peu culturels ou historiques ? C’est cool, plus il y a de trucs plus c’est ludique.

T : Du coup qu’est ce qui a fait que tu as arrêté à un moment ?

M : Le fait d’avoir gagné les deux titres principaux (joueur saison 1 et équipe saison 3). À un moment donné j’ai considéré le fait de collectionner les médailles, mais j’étais un peu moins actifs et j’ai vu que d’autres camps étaient vraiment, vraiment à donf. Du coup j’ai commencé à un peu lâcher prise durant la saison 4… du coup j’ai dû passer près d’un an sur le jeu.

T : C’est déjà pas mal comme durée de vie pour un jeu mobile !

M : Je pense que un des facteur aussi c’est que j’essayais de faire chauffer des potes pour jouer dessus mais ça a pas trop pris. Je dois avoir 3–4 potes qui s’y sont mis, qui ont joué un peu, ils ont trouvé ça marrant mais ils n’ont pas accroché. Si j’avais pu jouer de manière vraiment assidue avec des potes qui étaient à donf j’aurais continué un peu plus. Ma copine à l’époque aussi s’était mise dessus mais c’était pas trop son kiff.

T : Peut-être juste que le côté jeu géolocalisé ça ne les intéressait pas ?

M : Ouais il y a peut-être de ça, l’aspect badge ou médaille ne leur apportait pas forcément une satisfaction suffisante. Après je ne sais pas ce que tu peux faire derrière…

T : Ha mais il n’y a pas forcément de solution !

M : Après ce que je trouvais cool ce serait de pouvoir gagner une entrée de musée… je sais pas le musée des Invalides par exemple, quelque chose de cohérent avec l’écrit. BattleParis véhicule des événements historiques donc les lier à ça, des célébrations, des commémorations… bon je réfléchi à haute voix !

T : Le mot de la fin ?

M : Bravo BattleParis, bravo Tibo, bravo Greg, et bravo à tous les joueurs qui ont fait ce jeu !

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