Netflix Iron Fist : un héros à contre-courant

Après les excellents Daredevil, Jessica Jones et Luke Cage, c’est au tour de Danny Rand alias le Iron Fist, de débarquer sur votre plateforme de streaming légale préférée : le désormais incontournable Netflix. Dire que les attentes sont élevées, tant du côté des fans que des profanes, est un sacré euphémisme.

Le logo officiel du show télévisé

C’est quoi le pitch ?

La nouvelle série produite par Netflix et Marvel Studios nous narre l’histoire de Danny Rand, jeune héritier milliardaire seul survivant du crash qui aura eu raison de sa famille. Bien décidé à reprendre les rennes de la compagnie fondée par son père et à trouver sa place dans un monde qu’il ne comprend plus, Danny pourra compter sur le légendaire pouvoir du Iron Fist, acquis à la dure après des années d’entraînement dans un monastère Tibétain ancestral et mystérieux dénommé K’un L’un.

L’entraînement mystique et martial de Danny à K’un L’un, le monastère perdu dans les nuages.

Est ce que ça ressemble pas un peu trop à Batman ou à Arrow ?

Pas du tout petit insolent ! L’oeuvre élaborée par Scott Buck évite avec brio la redondance avec les autres licences superheroïques consacrées à un justicier milliardaire. En effet, Danny Rand n’a rien à voir avec un Bruce Wayne ! Bien qu’il aient tous deux séjournés de longues années dans le milieu des arts martiaux, Iron Fist et Batman ne partagent que peu de traits communs. Les deux personnages sont séparés autant par leurs personnalités, leurs motivations que par l’univers dans lequel ils évoluent. Gotham City, le fief de la chauve-souris, n’évoque en rien l’atmosphère optimiste et zen des dojos fréquentés par Danny Rand et ses acolytes.

Danny encerclé par les enfants Meachum.

Alors, ça ressemble à quoi ?

A rien de connu ! Et oui, la série explore un univers et des personnages aux antipodes des standards habituels du genre. A l’heure des anti-héros torturés, baignés dans la corruption des bas-quartiers de New York (coucou Daredevil) le protagoniste interpreté par Finn Jones ( Games of Thrones) apporte un souffle de fraîcheur agréable à cet prédominance de noirceur qui frôle parfois l’overdose. Non dénué d’une part d’ombre aussi compréhensible que touchante, Danny Rand n’en a pas moins conservé son âme d’enfant. Immature et naïf, il rappelle sous certains aspects le Peter Parker de Tobey Maguire. Suivre les pas d’un héros aussi attachant que paumé reste un pari risqué au vu du succès des justiciers sombres, violents et versés dans l’ultra-violence. ( coucou le Punisher)

J’y ai plutôt noté une ressemblance avec le film Dr Strange ( 2016) de par l’univers mystique mis en avant bien que les heros principaux soient diamétralement opposés par leur psychologie. Danny n’a pas grand chose à voir avec un Stephen Strange, imbu de lui même et cynique par nature.

Le Iron Fist face à la Main, une organisation criminelle déjà aperçue dans Daredevil Saison 2.

Attends, c’est une série de Bisounours ?

Pas du tout ! Rassure toi, le récit comporte malgré tout sa part de noirceur et de violence. Le Iron Fist, arme humaine formée aux techniques de pointe du Kung Fu, est un combattant redoutable aux prouesses visuelles impressionnantes. Les scènes de baston, bien qu’en deça des superbes chorégraphies de Daredevil saison 1 (cfr le plan séquence de Daredevil vs les hordes de Biker), sont d’un esthétisme indéniable et contiennent leur lot d’adrénaline.

Et le reste ?

A l’instar des autres productions Marvel/Netflix, Iron Fist brille aussi par ses personnages secondaires ambigus, ses bad guys charismatiques et ses retournements de situation inattendus. Mention spéciale au clan des Meachum, la richissime famille régnant avec une main de fer sur Rand Industries. Loin des clichés de businness man vereux, Harold et Ward s’avèrent être mes personnages favoris du show.

Harold et Ward Meachum, manipulateurs de père en fils.

Ah bon ?

Indéniablement. Harold, le patriarche manipulateur et immortel, incarné avec fougue par un David Wenham survolté, est l’élément perturbateur central du scénario. Sa relation conflictuelle avec son fils Ward tend sa toile dans l’essentiel du récit. Leur relation est d’ailleurs au coeur des meilleures séquences de “Iron Fist”. De son côté, Ward Meachum interpreté par Tom Pelphrey parvient à nous inspirer tour à tour répulsion et pitié. Fragile et instable, il est l’une des grands réussites de la série. Il lui apporte cette touche d’humanité profonde qui différencie les personnages de fiction coincés dans des canvas pré-établis des protagonistes plus complexes, plus réalistes…plus humains tout simplement.

Le poing d’acier en action: un effet un peu trop tape à l’oeil ?

Rien à redire ?

Si. On peut regretter une direction artistique fade voire old school sur certains plans impliquant le poing d’acier. Par exemple, les effets visuels choisis pour représenter les pouvoirs du Iron Fist versent parfois souvent dans le kitsch involontaire. Pourtant, certains autres choix de réalisation, tels que la bande originale so 80’s ou les nombreux plans larges de la Rand Tower sont astucieux. Ils confèrent au show une ambiance et une atmosphère unique.

Bon ben je vais le regarder alors.

Sans hésitation. Fais fi des diverses critiques qui le conspuent et profites pendant 13 épisodes d’un récit épique, touchant et terriblement bien maîtrisé. Plus efficace et original qu’un Luke Cage, Iron Fist n’a rien à envier aux fleurons du genre tels que Daredevil saison 1 ou Jessica Jones.

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