Communication politique 2.0 ou la démocratie digitale

Le digital offre l’opportunité de relancer l’engagement citoyen et de restaurer la confiance en la politique.

L’opinion s’exprime désormais en permanence par la voie numérique. Il faut s’en réjouir : une véritable expérience digitale peut ainsi s’instaurer entre les électeurs, leurs représentants politiques et des services publics réellement empreints de continuité et d’adaptabilité.

Placer le digital au cœur des propositions politiques

En Belgique, la plupart des partis politiques sont sous-équipés sur le plan technologique et continuent de produire des contenus destinés à des cercles d’initiés plutôt qu’à leur électorat critique. Il en est de même des administrations pour lesquelles la notion d’utilisateur final s’apparente à celle de fonctionnaire exécutant sans sembler tenir compte de leur utilité pour les citoyens, usagers des services publics concernés.

L’intégration des analyses fournies en temps réel par les moyens numériques dans les processus décisionnels, les réponses apportées aux préoccupations des citoyens et les stratégies de communication a pourtant démontré son efficacité.

On se souvient bien sûr de la première grande campagne digitale qui mena à la réélection de Barack Obama en 2012. D’un point de vue marketing digital, ce résultat semble plus logique qu’éblouissant quand on pense aux millions de fans sur Facebook, Youtube ou Twitter, aux applications mobiles ou encore aux publicités dans les jeux vidéo qui ont jalonné la campagne. Barack Obama a eu l’intelligence de s’entourer non seulement de ses meilleurs conseillers politiques mais aussi d’une équipe technologique hors pair. Cette startup d’un genre nouveau s’est concentrée sur les « swing voters », c’est-à-dire sur les électeurs indécis dans les Etats susceptibles de faire la différence.

Au Royaume-Uni, la victoire inattendue des Conservateurs et de David Cameron en mai dernier repose sans aucun doute sur l’usage adéquat des données et de la force de frappe offertes par les réseaux sociaux. Elle consacre à nouveau le rôle incontournable du marketing digital en politique.

La nouvelle campagne entamée aux Etats-Unis en vue des prochaines élections présidentielles est également émaillée de soubresauts technologiques successifs avec l’annonce de la candidature d’Hillary Clinton sur Twitter, le piratage de sa boîte mail ou encore la fuite de listes d’électeurs.

Apprendre à connaître les électeurs

Les réseaux sociaux représentent la catégorie web où les belges sont les plus actifs devant les services de messagerie, les divertissements et les jeux, les sites d’information, les commerces et la banque en ligne. Avec près de 6 millions de membres, Facebook se positionne comme la plateforme de référence en Belgique.

Les comportements et les attentes sont bien sûr différents selon le canal emprunté et il convient d’adapter son message au public visé tant sur le fond que sur la forme afin d’engager le dialogue.

Objectiver l’action et la communication politiques

Ce n’est pas tant la quantité de personnes touchées que la qualité du message qui importe. Avoir systématiquement observé son audience au préalable permet d’élaborer une communication adaptée. Tout peut dorénavant être suivi, mesuré et examiné à l’aune des objectifs qui seront dès lors établis. Les propositions politiques peuvent se conformer à l’opinion publique en permanence et chaque « point de contact » doit être pensé au regard d’un objectif.

C’est l’avènement de la démocratie directe par le marketing digital. Si l’on ne peut satisfaire tous les besoins, il est à l’avenir possible de tenir compte de l’avis du plus grand nombre régulièrement. Longtemps, l’on a enseigné aux juristes que le droit était par nature en retard sur les mœurs. Que penser de cette affirmation aujourd’hui ?

Rapprocher la politique du citoyen et de ses préoccupations quotidiennes

La communication est une science humaine. Il est de peu d’utilité de connaître les aspirations des citoyens et d’y répondre par des propositions adéquates si l’on ne peut expliquer clairement en quoi ces politiques remplissent leurs fonctions. Les représentants élus démocratiquement ont le devoir de justifier leur mandat mais aussi un intérêt croissant à convaincre de leur utilité et de leur engagement au service de l’intérêt général.

Or, il est aujourd’hui possible de démystifier l’action politique par le développement de sites et d’applications interactives et éducatives démontrant presque à l’échelle individuelle en quoi celle-ci aide les citoyens et leur famille. A un moindre coût, un lien direct peut être créé afin de motiver son action et, faut-il le dire, de réfuter de manière convaincante les contre-vérités qui circulent trop souvent sur les réseaux sociaux et dans les médias traditionnels.

Si le digital ne peut à lui seul bâtir la confiance qui doit se nouer entre les politiques et leurs électeurs, il constitue une formidable opportunité de mobiliser autour d’objectifs communs et ainsi, de réenchanter la démocratie.

« Il est grand temps de rallumer les étoiles. » (Guillaume Apollinaire)


Originally published at Digital Communication.

A single golf clap? Or a long standing ovation?

By clapping more or less, you can signal to us which stories really stand out.