Periscope, la culture des perspectives

Crédit : https://www.flickr.com/photos/ognjenodobasic/4363112767

A l’occasion d’une nouvelle série de question d’Atlantico à propos de » Periscope, Snapchat et consorts : comment les applications de vidéo live vont pousser la télévision à se réinventer ou mourir ? » deux ou trois idées à propos d’images.

Dans la bataille Periscope vs Meerkat, la bataille semble est remportée par le premier et c’est intéressant car symbolique. Le périscope donne à voir à quelqu’un qui se dissimule sous la surface de l’océan, est-ce celui qui filme ou celui qui regarde? Le suricate se dresse pour observer au plus loin, c’est la logique du télescope. L’image périscopique gagne sur l’image télescopique. C’est un symbole. Pas par hasard que c’est par ce tuyau que les inepties scandaleuses, et les maladresses officielles, en construisent la réputation.

Puisque le sujet était l’impact de ces nouveaux médias sociaux, qui transmettent en live et en vidéo, amenant aux mondes des réseaux sociaux encore plus d’acuité dans le traitement de l’événement, il faut aussi souligner le phénomène de la fragmentation de l’image. La réalisation télévisuelle avait depuis longtemps multiplié ses caméras, pensons aux spectacles sportifs, maintenant elles seront aussi immergée dans la foules et tapies dans les vestiaires. Le neuf c’est si que la fragmentation en plusieurs points de vue étaient réunifiées dans le fil narratif et diachronique de la réalisation, elle ne le sera plus, présentant de manière synchronique différentes perspectives. Un polyperspectivisme qui va au-delà du multi-écran et du multi-canal.

On gardera en tête que dans ce nouveau paysage, l’image n’est pas forcement une représentation, ni à ce titre l’expression du narcissisme, elle est le début d’une conversation, un artefact de la socialité, comme le souligne André Gunthert, dont on lira « la consécration du selfie« . Voilà qui donne au perspectivisme un éclat particulier : ce que l’on dit par le selfie est moins ce que l’on est que d’où on parle, la nouvelle culture de l’image serait ainsi celle des points de vue multipliés et croisés à la demande.


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