Les 22 règles de storytelling de Pixar.

Note : L’auteur a parfaitement conscience de la non-originalité de cet article.

Parlons peu, parlons bien.

Plus que l’interprétation ou la production, c’est l’écriture qui est à la base de tout. Avant le film, il y a le script. Avant le comédien, il y a le texte. Avant l’humoriste, il y a son style. Et si la forme importe autant que le fond, l’un et l’autre sont tout deux difficiles à construire.

Le marketing a totalement ruiné la notion du storytelling pour en faire un concept de vente nauséabond. Or le storytelling, c’est la noblesse de conduire un imaginaire et d’en structurer son cheminement. Pas de vendre des torchons.

Nous devons ces vingt-deux conseils à Emma Coats (qui a très certainement l’un des sites les plus minimaliste que je n’ai vu), ancienne collaboratrice de chez Pixar.

En 2011, elle tweete une série de conseils/mémos sur le storytelling.
Ils étaient tous regroupés dans une liste, diffusée par la suite sous l’intitulé suivant : « Les 22 règles de Storytelling de Pixar ».

Ces dernières ne sont, selon l’auteur, qu’uniquement “un mélange de notions, tirées de réalisateurs et de collègues de travail de chez Pixar.”

Si le storytelling est une affaire délicate, c’est justement car il n’existe pas de recette claire et précise. Et ces 22 règles ne font pas exceptions. Le propos n’est pas d’apporter une “méthode miraculeuse”, mais d’introduire un processus de réflexion autour de chaque point important d’une histoire.

Note : pour aller plus loin, vous pouvez lire “PIXAR’S 22 RULES OF STORY (that aren’t really Pixar’s) ANALYZED” par Stephan Vladimir Bugaj, auteur/réalisateur qui a lui aussi passé plusieurs années au sein de Pixar.

Comprenez donc que si vous voulez faire du storytelling, ces 22 règles vous aiderons surement, mais elles ne seront pas suffisantes.


Mis en image par © DrClaw. (le méchant dans Inspecteur Gadget)

[1] Tu admires un personnage plus parce qu’il essaye, que parce qu’il réussit. [2] Gardes en tête ce qui est intéressant pour un public, et pas forcément ce qui est le plus fun à faire en tant qu’auteur. Cela peut être très différent.

[3] Choisir un thème est important. Mais tu ne verras ce dont parle vraiment l’histoire qu’une fois l’avoir terminée. Maintenant, au boulot et réécrit tout. [4] Il était une fois ____. Tous les jours, ____. Un jour ____. C’est pourquoi, ____. C’est pourquoi ____. Jusqu’à ce que finalement ____.

[5] Simplifie. Sois concentré. Associe les personnages. Évite les détours. Tu auras l’impression de perdre des éléments importants, mais au contraire cela te libérera. [6] Où ton personnage est-il doué ? Où est-il à l’aise ? Confronte-le à l’opposé total. Lance lui des défis. Met le en difficulté. Et regarde comment il s’en sort.

[7] Trouve la fin avant de t’attaquer au milieu de l’histoire. Sérieusement. Genre vraiment. Les dénouements sont difficiles. Travaille-les en priorité. [8] Termine ton histoire, et let it go comme la reine des neiges. Même si elle n’est pas parfaite. Dans un monde idéal tu aurais les deux, mais là c’est pas le cas. Et fais mieux la prochaine fois.

[9] Quand tu es bloqué, fais une liste de ce qui ne pourrait pas arriver ensuite. Et là pouf, la solution devrait apparaître. [10] Analyse les histoires que tu apprécies. Ce que tu aimes en elles, fait partie de toi. Tu dois savoir identifier tout ça, avant de pouvoir l’utiliser.

[11] Mettre les choses sur papier t’aide à tout fixer. Si une idée parfaite reste dans ta tête, tu ne la partageras jamais avec personne. [12] Ne tiens pas compte de la première chose qui te viens à l’esprit. Ni de la seconde, de la troisième, de la quatrième ou même de la cinquième. Écarte ce qui est évident. Surprends-toi !.

[13] Donne une opinion à tes personnages. Des personnages passifs/malléables t’apparaîtront peut-être agréables, mais en vrai ils sont super chiants pour le public. [14] Pourquoi dois-tu raconter cette histoire ? Quelle est la conviction qui brûle en toi, et dont cette histoire se nourrit ? C’est ça, la clé de la chambre des secrets.

[15] Si tu étais à la place de ton personnage, comment te sentirais-tu ? L’honnêteté donne de la crédibilité aux situations les plus improbables. [16] Quels sont les enjeux ? Donne-nous une raison d’encourager ton personnage. Et que se passe-t-il en cas d’échec ? Mets des obstacles sur son chemin, qu’il se casse un peu la gueule.

[17] Le travail n’est jamais gâché. Si ça ne marche pas, mets ça de côté, et passes à autre chose. Ça te sera toujours utile plus tard. [18] Tu dois bien te connaître (déjà ça va te prendre plusieurs années, donc t’es pas barré). Trouves la nuance entre faire de ton mieux, et être simplement maniaque. Écrire une histoire, c’est essayer, et non peaufiner.

[19] Utiliser des coïncidences pour mettre ses personnages dans des situations problématiques, c’est génial. En utiliser pour les sortir de ces situations problématiques, c’est de la triche. [20] Exerces-toi : prend la structure d’un film que tu n’aimes pas. Genre Twilight. Comment tu réorganises le tout pour en faire quelque chose qui te convient ?

[21] Tu dois t’identifier à tes situations et à tes personnages. Tu ne peux pas juste de te contenter d’écrire “cool”. Qu’est-ce qui te ferait agir de la sorte ? [22] Quelle est l’essence de ton histoire ? Gazole ou sans plomb ? Quelle est la façon la plus épurée de l’expliquer ? Si tu es ok avec ça, tu peux commencer à construire à partir de ce point.

Si tu as aimé cet article, tu peux lire le suivant sur La Règle qui va changer votre vie, ou encore d’autres sur mon site et applaudir un peu ;) !