Ma journée au pays des entrepreneurs

03/02/16. Première journée du salon des entrepreneurs. 
Une première fois pour ma part. Bien que familier avec le monde de l’entrepreneuriat, son mode de fonctionnement, et ce fameux “esprit start-up”, je n’avais encore jamais foutu les pieds dans un événement ou un salon représentant l’essor de ces nouvelles pratiques. Alors un peu curieux, mais sans trop d’attentes, je réserve ma place pour le premier jour du salon, et c’est en compagnie de quelques co-workers que nous partons joyeusement à la découverte de la 23ème édition du Salon des Entrepreneurs.

Installé pour deux jours au Palais des Congrès, cet événement aura accueilli près de 68 000 visiteurs. En termes de contenu proposés, il y avait beaucoup de conseils sur la création d’entreprise, sur les démarches administratives, et autres statuts juridiques. Il y avait aussi plusieurs conférences sur l’aide au financement, avec quelques thématiques liées au numérique, aux nouveaux systèmes économiques, avec les outils du business plan et business model rénovés. Toutefois, sur les quelques 200 conférences et ateliers, ainsi que les 30 animations proposées, aucunes ne mettaient les termes “lean start-up” en avant. Un peu dommage, surtout lorsque l’on connait l’importance de cette approche, et les leçons qui peuvent en être tirées.

Une conférence sur l’utilisation de Facebook pour les PME / TPE

Concrètement, le salon proposait trois choix différents. Soit vous partiez sur les conférences, soit sur les stands, soit dans les espaces de Networking.

Malgré une grande proposition de conférences différentes, j’ai préféré opté pour une visite près des stands. Plusieurs institutions étaient présentes. Entre Pole Emploi, les CCI, de nombreuses entreprises proposaient leurs services dans l’accompagnement à la création d’entreprise, et quelques indépendants spécialistes de l’image, de la communication ou de l’événementiel occupaient le terrain. Rien de bien captivant ou inspirant. J’ai eu toutefois l’occasion de traîner un peu sur les stands de Google et de Facebook, où j’ai pu combler ma curiosité à propos de deux-trois fonctionnalités prochaines.

Du bleu, du rouge, du jaune et du vert partout !

Après une heure de déambulation, il était temps de partir à la découverte des espaces de Networking et du village “Start-Up Factory”. A mon sens, les deux endroits les plus intéressants de tout le salon. Là où les stands et exposants sont présents pour vendre leurs prestations, là où les conférences sont rediffusées et accessibles en ligne, c’est dans ce lieu que les rencontres et échanges se font le plus facilement.

A la manière d’un vaste circuit industriel, quelques dizaines d’entrepreneurs sont assis face à face, échangent, discutent et se présentent pendant quatre minutes. Le temps s’écoule, l’horloge sonne, on change de voisin et rebelote. Intense et harassant, c’est l’occasion de travailler sa présentation, de maîtriser ses temps de paroles, et d’en apprendre davantage sur les différents profils qui côtoient ce salon. Entre les étudiants, les jeunes créateurs d’entreprises, les indépendants dans la formation, la communication, le coaching, l’éducation… Chacun est là pour défendre son projet, et pourquoi pas le vendre. Très instructif, c’est aussi l’occasion d’entendre plusieurs phrases d’accroches différentes. Entre les “vendeurs de bonheur”, les “dream maker”, les “je te regarde dans les yeux, le premier qui parle a perdu (véridique)”, on a le loisir de souffler et de rire un peu.

Le salon proposait également un second format de Networking, cette fois-ci autour d’une thématique. Là où le premier optait pour du quantitatif au détriment de la qualité des rencontres, le second permettait de rencontrer autour d’une table, pendant 20 min, 6 personnes en lien avec un même domaine.

Le salon proposait également des boards où les participants pouvaient exprimer leur créativité.

Pour se rendre à ces espaces de rencontres enclavés dans un coin du salon, il fallait traverser le village “ Start-Up Factory”. L’occasion de se croire un bref instant dans un épisode de Silicon Valley. Mais en plus petit. Rangé parmi quelques agences de communication, c’est l’opportunité de rencontrer quelques jeunes créateurs passionnés et engagés dans leurs projets. De ceux qui sont prêt à vous convaincre de leur efficacité et qui débordent d’enthousiasme.

Si l’on excepte le fait de n’avoir qu’une seule borne pour recharger son téléphone (là où à chaque tournant, on vous prône le numérique), ou le fait de n’avoir qu’une seule machine à café (pour 68 000 personnes), ou encore l’accumulation de la foule dans des couloirs trop petits, vivre une journée au pays des entrepreneurs est plutôt positif. Certes, on peut reprocher un manque d’éléments inspirants ou de bulles créatrices qui font toute la saveur de l’entrepreneuriat. Difficile également de créer des relations, de nouer un contact dans un lieu restreint, abasourdi par pleins d’interférences. Enfin, je regrette une surexposition des services d’accompagnement à la création d’entreprises au détriment de l’acte d’entreprendre, du profil, ou de la philosophie et motivation de l’entrepreneur.

Surtout qu’en janvier 2016, nous avons dépassé un nouveau record, et c’est
19 millions de Français (37%) qui envisagent d’entreprendre un jour. C’est bien. Preuve que le marché du travail en France évolue enfin. Toutefois là où le travail est déjà entamé sur l’entrepreneuriat, il serait tant de sensibiliser également les entreprises à changer leurs pratiques salariales.

Ce serait peut-être le moment de pivoter.


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