Fermeture des voies sur berges : protéger la santé, réinventer la ville, s’inscrire dans un mouvement partagé à l’échelle mondiale

Connaissez-vous le point commun, en matière de politiques d’occupation de l’espace public, de pollution et de santé, entre Paris, Stockholm, Londres, Milan, Rome, Oslo, Barcelone, Helsinki, Madrid, Dublin, Bruxelles, Lille, Lyon, Ljubljana, Chengdu, Hambourg, Copenhague, Strasbourg, La Rochelle, Istanbul, Genève, Montréal, Tokyo, Melbourne, Berlin, New Dehli… et plus de deux cents autres villes, ne serait-ce qu’en Europe ?

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Très disparates par leur histoire, leur taille ou leur poids économique, gérées de plus ou moins longue date par des majorités politiques diverses, inscrites dans les réalités institutionnelles propres à leurs pays respectifs, chacune de ces cités a expérimenté, expérimente, ou développé de manière très avancée des démarches visant à la réduction de la place de la voiture dans la ville et des nuisances qu’elle y entraîne.

Certaines commencent seulement à interroger l’aménagement de leurs rues vers d’autres usages et davantage de circulations douces et partagées. Les premières mesures effectives y semblent encore limitées en comparaison de la pollution qui les touche, voire purement symboliques.

D’autres en revanche ont adopté des stratégies radicales, profondément structurantes, visant à la transformation complète de leurs centres-villes, parfois en quelques années seulement. Dans divers cas, les résultats d’ores et déjà obtenus sont considérables.
 
S’il est loin d’être exhaustif, un petit tour du monde de ces initiatives n’en permet donc pas moins de rappeler quelques points qu’il serait aisé de perdre de vue, compte tenu de polémiques savamment entretenues :

  • Loin d’agir sur un coup de tête Paris s’inscrit avec son plan anti-pollution dans un mouvement très partagé en Europe et dans le monde, abondamment relayé dans les médias internationaux.
  • Les politiques qui en sont synonymes n’ont pas vocation à être déployées partout uniformément : chaque ville doit pouvoir imaginer ses propres solutions en les adaptant à la réalité sociale, géographique, architecturale, environnementale… qui la caractérise. Leur efficacité ou leur légitimité peuvent d’ailleurs parfois faire débat, par exemple lorsque la circulation alternée est facilement contournée par l’utilisation de véhicules différents ou en raison de trop grandes exemptions.
  • Il n’en est pas moins vrai que, dans tous les cas, c’est la stratégie globale qui donnera du sens à chacune des mesures permettant de la décliner ; n’en déplaise par exemple aux rapporteurs de la commission sur la piétonisation d’une partie de la rive droite. Dans leur avis ces derniers s’obstinent en effet à ignorer complètement l’inscription du projet tant dans la vision de reconquête urbaine déployée à Paris, à l’échelle de la Ville toute entière, que dans cette accumulation de connaissances, d’études et d’expériences à travers la planète, qui démontrent pourtant le caractère aussi nécessaire que de bon sens de ces politiques. Une telle méconnaissance du monde, de son histoire récente et des défis qu’il a à relever a de quoi étonner.

La pollution rend malade. La pollution tue. Elle découle à Paris en majeure partie du trafic automobile, par ailleurs à l’origine de bien d’autres nuisances. Il est donc plus que jamais de notre devoir de travailler à cette reconquête de la Ville par leurs habitants, pour réduire les émissions polluantes, protéger leur santé et augmenter leur bien-être physique, mental et psychique.

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