Je suis médecin. Je suis élu chargé de la santé. Et aujourd’hui je suis fier.

Je suis médecin.

Avant d’être élu, et depuis plus de 20 ans, je suis médecin généraliste, installé dans un quartier populaire du nord-est de Paris, à proximité du périphérique et d’ilots d’immeubles dont beaucoup ont été longtemps le théâtre de très nombreux cas de saturnisme.

Et comme pour le saturnisme, comme dans les années 1990, une partie des responsables politiques choisissent délibérément aujourd’hui d’ignorer un problème sanitaire majeur, touchant d’abord les plus fragiles de notre société. La différence, c’est que ce déni était à l’époque au pouvoir à Paris, alors qu’aujourd’hui il se retrouve dans l’opposition municipale : maigre consolation si l’on s’arrête au caractère hallucinant de certains discours et au mal qu’ils font au débat public, mais consolation bien plus grande si l’on considère que ce renversement permet bel et bien d’agir.

Comme le souligne un article paru ce jour dans Mediapart, les « morts de la pollution » sont difficiles à identifier, tant les pathologies qu’elle cause sont nombreuses et complexes, mais on les compte par milliers à Paris et dans sa région et par dizaines de milliers en France. La pollution rend malade, la pollution tue, elle est causée dans la capitale principalement par le trafic automobile ; le réduire lui, c’est la réduire mécaniquement, tout projet allant dans ce sens devrait donc susciter l’assentiment général. C’est pourtant à un spectacle bien différent qu’on a pu assister aujourd’hui, avec les interventions en Conseil de Paris d’élus de droite dont tous versèrent dans la caricature au nom de la défense de l’immobilisme — et dont beaucoup allèrent jusqu’à l’obscénité, au nom d’on ne sait quoi.

Un tel comportement me paraît inacceptable. Un tel comportement me scandalise.

Mais l’essentiel, heureusement et en dépit de ces mauvaises polémiques, est bien que le Conseil de Paris a voté à une large majorité en faveur de la piétonisation des berges de la rive droite de la Seine.

Celle-ci est donc désormais bel et bien effective.

Des mesures de l’évolution de la qualité de l’air, du bruit, des reports — mais aussi et surtout de l’évaporation, n’en déplaise à certains — du trafic seront réalisées. Elles permettront de confirmer le bien-fondé d’une mesure par laquelle Paris s’inscrit dans un mouvement général et partagé au niveau mondial : celui d’une ville plus favorable à ses habitants, moins à ses moteurs. Plus favorable à la santé de tous, moins au confort de quelques-uns. Ce n’est bien sûr qu’une étape parmi d’autres, qui s’inscrit dans une stratégie globale et concerne l’ensemble du territoire parisien​, et au-delà, comme l’ont rappelé de nombreux élus de Seine Saint-Denis le week-end dernier; il était toutefois, primordial de l’atteindre.

C’est évidemment une fierté en tant qu’élu parisien. C’en est une, aussi, en tant que médecin, Adjoint à la Maire de Paris chargé de la santé.