#MobilityWeek, #SmartCities #MobilitéPartagée #BlaBlaCar, #Velib, #Tesla…quand la mobilité est au cœur de toutes les attentions ! (Partie 2)

Quels sont les enjeux de la mobilité en France ?

B.M : Il y a 2 grands enjeux : la mobilité partagée et la mobilité inversée. Les analystes constatent que les jeunes ne sont plus dans l’idée de la possession mais dans le besoin d’accessibilité : c’est l’accès qui prévaut sur la possession, « J’ai besoin d’accéder à une voiture, vélo, etc.». Notre économie se voit bouleversée et de nouvelles habitudes de consommation sont en cours de création. Nous parlons ainsi de mobilité partagée (voiture copartagée, co-achetée…). Dans les milieux ruraux, de nouveaux services sont réfléchis et imaginés pour les personnes en fracture sociale qui ne peuvent plus -ou pas- se déplacer. Les services viennent donc à elles : c’est la mobilité inversée.

D.H : La population vieillissant, de nouvelles réponses doivent être apportées pour celle résidant dans des zones rurales. Il y a une nécessité de développement et un besoin d’approche spécifique. Nous pouvons imaginer que la mise en commun de moyens, qui sont des moyens individuels, des outils inspirés de blablacar, par exemple, pourront évoluer vers des outils collectifs, plus souples que des bus par exemple. Les grands groupes comme Limagrain et Keolys se sont engagés dans ces réflexions. En parallèle des solutions techniques, un nouveau modèle va s’imposer autour de l’économie, de la rentabilité et du financement de ces projets. Ces nouvelles solutions proviendront du numérique et des applications et il faudra trouver un système utilisant les infrastructures existantes sans nécessité d’en créer de nouvelles.

B.M : La mobilité est aussi une problématique stratégique forte pour les agriculteurs. Beaucoup l’oublient, mais ils ont été les premiers à intégrer des GPS aux tracteurs et à utiliser les drones dans leur travail quotidien. Ils utilisent ces technologies afin de rationaliser leurs parcelles de terrain et d’optimiser le parcours des engins agricoles. Beaucoup d’algorithmes sont utilisés et des grands groupes comme Limagrain s’engagent fortement aux côtés des exploitants pour ensemble développer les prochaines technologies qui pourront améliorer leur quotidien. Avec des entreprises comme Michelin, Airbus, Limagrain, Keolys et d’autres, nous avons des fleurons de l’industrie française qui s’engagent pour cette nouvelle mobilité. La France et la Région Auvergne Rhône-Alpes ont un rôle à jouer sur la carte mondiale.

Start-ups et mobilité : qui sont — elles ? Sont-elles locales, internationales ?

B.M : Aujourd’hui nous constatons que peu de start-ups françaises intègrent dès leur création cette dimension internationale et notamment dans la mobilité. Ces dernières travaillent aussi bien sur les données et leur traitement, les véhicules autonomes que sur la robotique.

D.H : Quand nous y réfléchissons, le sujet mobilité est un sujet récent, un secteur en train d’émerger. L’avalanche de propositions reçues est très early-stage. C’est justement le timing parfait pour se lancer à l’international. De notre point de vue, les enjeux de la mobilité sont globaux, ils sont une évidence pour les grandes villes. Nous réfléchissons à des partenariats avec des métropoles comme Shanghai et Shenzhen pour les prochaines éditions de BigBooster. Il y aura bien évidemment des différences entre pays, car les structures d’origines le sont, mais c’est un domaine où nous devons réfléchir dans une approche globale. Il vaut mieux prendre la vague au début que quand elle est formée ! Mobilité, Santé et Cleantech sont des secteurs proches à nos yeux. Ils ont tous les trois des contraintes réglementaires fortes, sont portés par un écosystème mix public et privé et concernent tout le monde. Il est donc important pour toute start-up évoluant dans l’un de ces trois domaines de se confronter rapidement avec son environnement réglementaire, légal, … Un autre point commun entre ces 3 secteurs : ils comptent tous des grands groupes implantés en France et dans le monde entier. Ces derniers doivent continuer à s’investir, à partager une vision globale avec les start-ups et et à les aider à l’international.

B.M : Nos start-ups mobilité ont besoin de tester leur projet dans des conditions réelles pour continuer à faire évoluer nos habitudes de déplacement. Le manque de structure disponible à date pour le faire est un frein dans leur développement. Les Etats-Unis l’ont bien compris et ils ont dédié des villes entières, notamment en Californie, aux tests de véhicules autonomes « grandeur nature ». Clermont Ferrand réfléchi avec des groupes comme Michelin et Limagrain à des solutions pour proposer aux porteurs de projets des possibilités de tests grandeur nature. Des sortes de LivingLab des mobilités

#Mobilité — Comment les grands groupes et les start-ups travaillent-ils ensemble?

BM : Nous croyons fortement aux vertus d’une association grand groupe / start-up. Cela donne naissance à des projets passionnants, remplis de créativité et cela permet également aux start-ups de bénéficier des infrastructures du grand groupe (financement, test, laboratoire de recherche, accessibilité à des machines,…). Le grand groupe, lui, retrouve une forme d’agilité. Le Bivouac créé les conditions de mariage idéal !

D.H : Nous sommes dans la même démarche à BigBooster. Les grands groupes font partie intégrante du programme. Ils y viennent pour des projets, de l’innovation mais aussi pour retrouver une agilité d’actions, renforcer et encourager le comportement entrepreneurial en interne. Les choses ont évolué. Le grand groupe ne cherche plus à intégrer systématiquement la start-up mais souhaite davantage créer une fluidité, une capacité à travailler ensemble et à agir vite.

Les partenariats publics et privés sont très présents dans vos deux programmes, pouvez-vous nous en dire plus ?

D.H : Les acteurs publics sont des prescripteurs et donneurs d’ordre, ils sont beaucoup impliqués dans les choix réalisés; il est donc naturel que ces derniers soient engagés sur les sujets de la mobilité. Cette implication a aussi été une raison supplémentaire pour intégrer la mobilité dans notre saison 2. BigBooster est un programme non-profit et nous travaillons avec acteurs publics et des sociétés privées en France et à l’international.

BM : Le Bivouac rentre dans une dynamique d’attractivité et de développement du territoire. Ainsi les acteurs publics sont fortement impliqués dans le Bivouac, au côté d’acteurs majeurs du secteur privé, qui amènent expertises, compétences et réseaux aux startups. Nous travaillons énormément avec ces acteurs et il y a un engagement réciproque et fort que je n’avais encore jamais vu sur aucun autre territoire.

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