♪ Cher DM, raconte-nous une histoire ! ♪ Cher DM, raconte-nous deux histoires… ♪


Et si une démo devenait une histoire ? Si, en tant que delivery manager (DM), on racontait un « moment utilisateur » pour s’éloigner — un peu — de la présentation orientée fonctionnelle ?
Si vous voulez, ou si vous ressentez le besoin que je vous raconte ce qu’est une démo, rdv en bas de page : bonus définition, sinon laissez vos yeux filer vers la ligne suivante 😉
Pour une démo à un client, l’objectif n’est pas seulement de présenter l’état des lieux des développements réalisés. Sinon, vous vous doutez bien que partager un tableau Excel ou un board avec les éléments done pourraient suffire. Une démo, — et encore plus la narration dans une démo — est précieuse là ou nos tableurs montrent leurs limites justement de démonstration.
Par la démo auprès d’un client, nous voulons apporter la preuve de la valeur des développements done, et nous voulons avoir ensemble des réussites (ou des progressions). — Votez pour les DM ! — Et pour tout cela, on n’a rien inventé de mieux que l’échange de vive voix !
Avec ou sans narration un peu poussée, notez que la démo doit être rythmée, et — cela va de soi — que le parcours / scénario montré a été répété sur un environnement iso à celui de la démo. Car pour être serein sur le cœur de la démonstration, il est crucial de dépasser les considérations techniques, et d’avoir dompté le contexte de sa présentation. Le reste ensuite est à écrire ! 😉
Narration ou storytelling
Le storytelling est l’application de procédés narratifs dans la technique de communication pour renforcer l’adhésion du public au fond du discours. Belle définition, d’accord, mais comme l’explique la Communauté Agile de Montréal[1], le storytelling est un puissant levier d’agilité, parce qu’entre autre, il :
- Génère une connexion émotive
- Amplifie la mémoire / la rétention d’informations
- Véhicule les valeurs Agile (notamment ici : les individus et leurs interactions, des produits opérationnels, la collaboration avec le client, )
- Développe la confiance et l’engagement
Et puis, d’un point de vue plus opérationnel, en usant de narration, la valeur utilisateur est mise en exergue, et c’est bien là l’essentiel du produit, de la relation engagée, et du leitmotiv de Biig. Il s’agit aussi de rester fixé sur la future expérience utilisateur, qui a souvent été le point de départ d’un besoin, d’une maquette graphique, d’une user story[2], etc.
Seuls les éléments à montrer sont mis en lumière, et les participants (client et/ou internes) sont embarqués dans une courte histoire, et non dans une liste de preuves techniques / graphiques. Et ce n’est pas tout ! Plus les éléments à montrer sont compliqués, plus le fait de vulgariser[3] rendra votre présentation compréhensible. Ce n’est pas Jamy[4] qui dira le contraire !

Pour autant, je ne dis pas qu’il faut masquer ou dissimuler la technique ou la complexité des fonctionnalités mais il n’est pas toujours nécessaire de s’y attarder dans le cœur de la démo. Clients ou futurs utilisateurs ne manqueront pas de poser des questions dans un temps d’échange.
Montrer la même chose, mais différemment
Avec ou sans narration, il est probable que ce qui est démontré soit quasi identique. En usant de narration, c’est l’impression des clients et/ou futurs utilisateurs qui sera différente. En soignant le scénario, il n’y aura pas un(des) démonstrateur(s) et des participants, mais l’impression générale d’avoir assisté ensemble à un moment de vie du produit sur lequel tous travaillent.
Pour un client professionnel du tourisme, j’ai organisé une démonstration pour un produit en l’occurrence peu complexe : un formulaire d’adhésion. J’aurais pu, avec entrain et plaisir, présenter comme ceci — ou presque — : « Oui, bonjour, alors ici, on voit le formulaire avec la nouvelle charte graphique ; l’utilisateur va remplir des champs d’informations personnelles. Les 3 derniers champs sont bien facultatifs, comme vous le voyez. Au clic sur suivant, les infos sont enregistrées en base de données ; nous allons le confirmer côté back-office. […] »
J’ai préféré imaginer et raconter l’expérience utilisateur d’une nouvelle adhérente : Elisabeth, 44 ans, qui voyage en toile de tente avec son conjoint et ses 2 enfants. Ils ont le projet d’acheter un van et cherchaient un réseau de référence dans lequel ils pourront trouver des informations règlementaires, des conseils adaptés pour leur mode de voyage, des actualités, ou encore des documentations.
Étape après étape, mettant en lumière la valeur du nouveau parcours fonctionnel, nous avons suivi Elisabeth dans son adhésion.
Imaginons ensemble

Bien au-delà du sommaire déroulé présenté ci-dessus, il est question de vocabulaire, d’intonation et de simulation de mise en situation. C’est-à-dire : se mettre dans la peau de, reproduire ce que nous faisons tous instinctivement en parcourant un formulaire, un écran, etc… : mimez la lecture rapide, ou en diagonale, montrez le circuit de la souris, le surlignage au moment où vous lisez quelque chose d’important ou d’attendu, prononcez à haute voix les pensées automatiques au moment par exemple de remplissage de champs…
D’accord, mais quelles sont les clefs d’une (bonne) narration ?
Rappelez-vous de vos rédactions de CM2 ! Si si un petit effort ! Une situation de départ, un élément perturbateur ou d’action (qui donne envie d’en savoir plus, de continuer à lire), des éléments de résolution ou de développements, une situation finale, le tout avec un « héros » et des personnages secondaires si besoin, et hop l’affaire est dans le sac !
Lancez-vous, essayer par exemple de compléter quelques accroches évidentes, (vous écrirez des transitions ensuite)
- Imaginons : je m’appelle Prénom, NOM,
- Je suis …
- Je veux / Je dois / On m’a demandé de …
- Parce que…
- Je pense que …
- Pour moi, il est important que …
Faîtes vivre le « héros » de votre démo !
Appuyez-vous sur d’éventuels personas marketing ou utilisateurs, créés à la genèse du produit ou de la relation avec le client ; ou créez-en un partiel pour les démos qui s’annoncent ! Ce sera aussi l’occasion de garder un fil conducteur aux démos qui vont être programmées pour ce même produit.
Autre avantage dans le cadre de notre démo de produit : un scénario permet de s’adapter aux préoccupations des interlocuteurs (clients et/ou futurs utilisateurs). Par exemple, si le client est très sensible à l’accessibilité générale du parcours ou à la protection des données, etc., eh bien créons un personnage principal sensible aux mêmes éléments dans notre histoire.
Ajoutez des détails, donnez-lui un environnement, des projets, un tempérament, un langage, etc, autant de détails et précisions qui serviront le fond de votre démonstration.
Soignez la fin
Ce serait dommage de terminer sur un “voilà, voilà », ou « c’est la fin de cette démo ! Merci”. Pensez à terminer votre histoire et — si vous êtes seul pilote de la démo — trouvez un moyen habile de changer de costume, pour redevenir le delivery manager que vous étiez quelques minutes avant toute cette histoire.
Nota bene : Ici & dans mon propos, le storytelling n’est pas utilisé pour dissimuler ou manipuler, mais bien comme un outil, une manière de renouveler l’attention sur un sujet ou un moment du projet, que tous les participants connaissent déjà.
Bonus définition
*** Une démo c’est quoi ? ***
Le but de cette cérémonie agile est de montrer à un instant M, au client, ce qui a été réalisé. Toutes les personnes qui sont partie-prenantes du projet sont invitées et leur présence est encouragée. Elle a lieu à chaque fin de sprint (on parle alors de revue de sprint) ou lorsque le projet est cours et se fait sans sprint, une démo est proposée régulièrement à partir du moment ou des éléments métiers sont montrables. On présente communément en intro de cérémonie ce qu’est une démo (et chaque ligne est importante !) :
- Une application en cours de développement
- Une démonstration partielle des fonctionnalités
- Un moyen de s’assurer du partage de la vision
- Le moment de partager du feedback
On présente souvent aussi ce qu’on ne verra pas. L’idée est évidemment de limiter le risque déceptif fort que présente la démo — puisque partielle -, tout en prolongeant la relation de transparence entretenue avec le client. Et donc, une démo ce n’est pas, entre autres, :
- Une recette ou une série de tests
- Un moment de découverte du contexte global du projet
À quoi ça sert ? Eh bien, avec une démo, généralement :
- L’équipe de production se voit attribuer le mérite pour le travail accompli.
- Les autres personnes découvrent ce que l’équipe fait.
- Les démos sont (ou devraient) être un évènement social/collectif où les différentes équipes peuvent interagir entre elles et discuter de leur travail. Cela a de la valeur.
Élodie Morisset, Delivery Manager
[1] https://fr.slideshare.net/agilemtl/le-storytelling-puissant-levier-dagilit
[2] https://biig.fr/nous-sommes-inventifs/biigbox/les-users-story
[3] https://www.cnrtl.fr/etymologie/vulgariser
[4] https://www.liberation.fr/france/2019/05/26/jamy-gourmaud-science-et-vie_1729666
