Florence Agostino, directrice du pôle de compétitivité Lyonbiopole

« La digitalisation est un mouvement à côté duquel aucun acteur ne peut passer. »

Pourquoi Lyonbiopole a souhaité s’engager aux côtés des Hospices Civils de Lyon dans la préparation du parcours thématique Patient digital ?

Depuis la phase 3.0 des pôles, le constat est que la segmentation de la santé en silos disciplinaires ou technologiques est en train de voler en éclat et finira par disparaître. D’ailleurs de plus en plus de produits santé sont hybrides car impliquent des biotechnologies, des technologies médicales (Medtech.), de l’informatique, etc., à l’instar de médicaments innovants issus de thérapies cellulaires ou de thérapies qui mettent en œuvre à la fois une approche biologique, un dispositif médical et un logiciel. Au départ Lyonbiopole avait un fort ancrage dans les Biotechs mais s’ouvre de plus en plus à la catégorie des Medtechs. car c’est la compétence marché qui fait que de plus en plus d’entreprises ont besoin de connexions avec le monde Biotech., Medtech. et digital.

Biovision est donc le lieu juste pour aborder cette problématique en lien avec les HCL qui est un acteur centré sur les questions d’accès aux soins pour le patient. Notre volonté commune est de contribuer à l’émergence de solutions santé pour les patients. Et Biovision permet aussi de rencontrer d’autres experts en dehors de notre écosystème.

Quelles sociétés membres de Lyonbiopole peut-on citer à la frontière de ces univers?

NovaDiscovery par exemple effectue de la modélisation sur la base d’algorithmes complexes permettant d’élaborer des modèles prédictifs afin de mieux qualifier le patient. Cette société est donc au cœur de la problématique de la digitalisation du patient tout en utilisant des données biologiques. La start-up grenobloise Avalun développe quant à elle des dispositifs portables de diagnostic in vitro qui s’apparentent à des mini laboratoires portables permettant de modifier l’approche diagnostique !

Peut-on dire que le pôle est passé des maladies infectieuses à la santé globale ?

Dans le mouvement complexifié de l’innovation nous jouons encore plus le rôle de catalyseur. Nous travaillons aussi en collaboration avec d’autres pôles sur la partie logiciels.

Il y a de grandes mutations à côté desquelles on ne peut passer, et on ne peut ignorer deux éléments incontournables : le modèle économique et les aspects règlementaires. Pour que innovation et développement économique aillent de concert, la question du modèle économique doit se poser dès le départ.

La thématique de la personnalisation de la médecine a toujours été dans la feuille de route de Lyonbiopole, donc nous sommes dans la continuité et non la rupture : nous sommes dans un travail constant de mise à jour de la roadmap ! La problématique des Big Data que l’on retrouve dans la thématique Patient Digital peut sembler a priori éloignée des préoccupations de Lyonbiopole …mais en réalité elle a déjà été largement abordée ! Le panel du digital est extrêmement étendu et dépasse largement la e-Santé. Nous avons pris part aux travaux de Merck sur la fertilité, et la digitalisation prend toute sa place puisque le patient envoie de manière dématérialisée ses informations au médecin. C’est un changement de paradigme !

Qu’attendez-vous du Workshop et de la plénière organisés à l’occasion de Biovision ?

Le Workshop réunira de grands industriels (Philips, Medtronic…), 3 PME qui développent des solutions (NouveaL Avalun, …), des cliniciens européens, les autorités de régulation, l’Agence Régionale de Santé …l’objectif sera d’aborder les enjeux scientifiques et médicaux à travers le prisme du digital pour peaufiner l’accompagnement, le pilotage et le financement des projets que nous suivons. Il faut remettre le digital au niveau du patient.

Après un état de l’art avec les participants, l’idée est de déterminer 2–3 grandes thématiques pour aboutir à un travail qui se construira dans le temps au sein de la communauté du Pôle et de ces partenaires. Notre ambition est d’accompagner le développement d’innovations technologiques et organisationnelles donc il est inéluctablement question de digitalisation (par ex. pour les puces embarquées, les prothèses intelligentes qui relarguent des molécules, les modèles in silico etc.)

*Propos recueillis par Nathaly Mermet pour la Fondation pour l’Université de Lyon / Biovision 2016

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