Quel matériel pour commencer la vidéo ?
Bon. Comme pour la première story, on se retrouve sur un sujet qui a déjà été évoqué maintes et maintes fois sur le net, que ce soit par des amateurs ou des spécialistes, avec des avis différents ou non. Alors pourquoi ajouter une pierre à un édifice déjà bien construit ? Parce qu’on n’a jamais assez d’avis, de qui que ce soit, et que je suis occasionnellement en désaccord avec ce qui est dit la plupart du temps.

J’achète quelle caméra ?
C’est, logiquement, la première question que l’on se pose. Depuis plusieurs années maintenant, le numérique a remplacé la pellicule, les cartes mémoires deviennent de plus en plus grandes et les formats vidéos se multiplient. On compte de plus en plus d’appareils permettant de filmer notre monde. Dans ce gros bazar, difficile de faire un choix, surtout quand on commence et qu’on n’y connaît rien.
Il faut déjà savoir ce que vous compter filmer. Vous pouvez avoir envie de simplement garder des souvenirs de différents moments de votre vie, partir sur de la réalisation, faire du court métrage, du daily vlog, du reportage et j’en passe. Et s’il n’existe pas réellement de “caméra à tout faire”, on peut généralement trouver son bonheur assez facilement. Le budget rentre aussi en compte. Forcément, quand on gagne sa vie c’est pas la même que quand on n’a pas de revenus fixes, on est d’accord. Alors voilà un peu ce que je peux vous conseiller.
L’appareil photo numérique
Aujourd’hui, on trouve énormément d’appareils photos d’entrée de gamme, typiquement adapté aux photos “souvenirs” et se transporte généralement dans une poche de pantalon. On a souvent tendance à les décrier dans un cadre professionnel, mais avant de parler des inconvénients, en voici les avantages. Déjà le prix. Pour un investissement de 100 à 200 €, vous obtenez une appareil apte à filmer en 1080p (aussi appelé FullHD), un format devenu standard depuis quelques années. La qualité d’image ne fera pas une bonne qualité de contenu, mais il est toujours bon de s’adapter aux standards vidéos devenus communs et accessibles. Comme dit plus haut, c’est un appareil portatif que l’on peut emmener partout, pas besoin d’un gros sac à dos. Un numérique et un trépied et zou, vous voilà dans des bonnes conditions pour filmer. Enfin, dans un premier temps.
Malheureusement, ces appareils souffrent de deux défauts importants. Même s’ils sont aptes à capter le son, les micros sont rarement de bonne qualité, et il ne faudra pas compter dessus si ce n’est pour obtenir un son témoin. Vous aurez beaucoup de parasites, et il n’y a pas souvent de limiteurs, ce qui fait que le son peut saturer très facilement. C’est un défaut commun à beaucoup d’appareils photos, mais il est encore plus présent sur des modèles d’entrée de gamme.
De plus, vous n’avez pas souvent la main sur les réglages de votre appareil, ce qui peut entraîner très facilement des variations de couleurs et de luminosité, surtout si vous filmez en extérieur. Et même en mode manuel, vous restez assez limité. Enfin, il n’est pas possible de changer l’objectif, ce qui vous limite énormément en terme de cadre et de profondeur de champ.
On peut dire que ce genre d’appareil permet de démarrer dans la vidéo, mais ne fera clairement pas votre bonheur si vous voulez tenter des choses complexes.
Le téléphone portable
Oui, je le mets en deuxième position. Pourquoi ? Parce que c’est moi qui fait la liste voilà pourquoi.
Plus sérieusement, la plupart des smartphones à partir de 200 € offrent une qualité d’image supérieure à un appareil numérique. Certains téléphones peuvent même aller jusqu’à de la 4k (ou UltraHD si on devient vulgaire), un format qui n’est pas totalement démocratisé mais qui risque de rapidement le devenir dans les prochaines années. S’il a les mêmes inconvénients que l’appareil photo numérique, il y a des outils et applications qui peuvent facilement permettre de contourner certaines limites de l’appareil. Outre la quantité d’accessoires trouvables sur le net (trépieds, stabilisateurs, lentilles à mettre sur l’objectif…), il existe des applications permettant en toute légalité de mieux contrôler les réglages de l’objectif. Et même si on ne peut pas changer l’objo de son smartphone, on se sent souvent moins limité qu’avec un Coolpix tout bête.
Et puis, comme je pense qu’il existe plus de gens avec un smartphone qu’avec un appareil photo, je pense que l’investissement a de grandes chances d’être quasi nul.
Le reflex numérique
Le fameux. Je me rappelle d’il y a quelques années où les reflex étaient encore des appareils très onéreux, alors qu’aujourd’hui on peut trouver des modèles démarrant à 400 €, objectif compris. Alors oui dit comme ça ça a l’air cher, c’est vrai. Qui plus est pour une passion qui va peut-être vous passer au fil du temps. Mais on y viendra une autre fois.
Ce qu’il faut savoir au niveau des reflex, c’est qu’il existe des tonnes et des tonnes de modèles, mais qu’il y a surtout deux marques à retenir, au moins pour les premiers prix : Nikon et Canon. Beaucoup de gens vantent les mérites de Canon et du logiciel Magic Lantern, qui permet de débrider la caméra pour vous autoriser à faire des choses que vous ne pouvez pas faire en temps normal (filmer en .RAW, filmer en continu, gérer le débit de la capture vidéo…) et clairement c’est génial. Mais inutile si vous débutez, car avant de pouvoir comprendre l’intérêt de toutes ces options, vous allez devoir apprendre la partie technique (et reloue)du métier de vidéaste. Bien sûr, il peut s’agir d’un bon investissement pour l’avenir. Mais Nikon se défend assez bien de son côté, quand bien même il n’existe pas (encore ?) d’équivalent à Magic Lantern de leur côté. Pour moi, il n’y a pas vraiment de meilleure marque, chacune possède des avantages et des inconvénients.
Ce qui est intéressant par contre, c’est la possibilité de changer d’objectif. Il existe plusieurs types d’objectifs, chacun ayant un effet différent sur votre image. Profondeur de champ, distance pour zoomer, poids, taille… Et c’est cette modularité qui fait que vous allez pouvoir presque tout faire avec. Sans compter sur le mode manuel du reflex, qui permet de toucher à des réglages de manière assez précise, et qui évite les ajustements automatique des couleurs, lumières, balance des blancs… Et ce quel que soit le prix ! Si on peut trouver des appareils allant jusqu’à plus de 2.000 €, il faut savoir que les différences sont assez faibles entre deux modèles ayant un écart de prix inférieur à 300 €. Donc même si vous avez les moyens, achetez vous un petit reflex à 500–600 € et investissez le reste dans des accessoires (trépied, rail de traveling…)
Les caméras cinéma
Je ne les connaît pas DU TOUT. Donc je ne dirai rien. Mais vu qu’on les trouve à un minimum de 5.000 €, je doute que ça intéresse qui que ce soit ici.

Allez j’ai acheté mon appareil, je peux filmer ?
Oulah gaillard, attends un peu ! Et le son ? Tu crois que si tu te filmes n’importe où on t’entendra bien ? Le son, c’est le truc NUMÉRO 1 d’une vidéo. Si tu n’es pas audible, on ne regardera pas la vidéo. Point à la ligne. Imagine si quand tu regardes les infos à la télévision tu entends mal le présentateur même avec le son à fond, mais que la qualité d’image est géniale ? Et ben voilà, tout pareil.
Pour ça il existe pas mal de solutions, mais j’en utilise trois selon les conditions de tournage. On va partir de la plus simple et moins chère à la plus complexe.
Le smartphone
Encore ? Et oui, parce qu’il a un micro. Alors bien sûr, il ne faut pas se dire qu’on peut tourner tranquillement en extérieur avec. Par contre, pour capter de la voix, glissé dans la poche d’une chemise (tu sais sur le pectoral gauche là, cette poche qui ne sert à rien normalement), il fait bien l’affaire. Même si la qualité du son pourrait souvent être meilleure, ça peut sauver la vie et en plus il peut être facilement caché. Le mieux étant de le relier à un micro cravate, chose qu’on peut facilement cacher sous un t shirt ou épingler sur un col en toute discrétion pour enregistrer proprement. Vous pouvez même enregistrer des “bruits blancs”, les sons d’ambiance du lieu où vous êtes, pour faciliter le travail en post production. Utilisable dans le cadre d’interviews, ou de vidéos face caméra, c’est une solution peu onéreuse et facile à mettre en place. Si tu veux voir ce que ça donne, regarde cette vidéo que j’ai enregistré comme ça. C’est pas tip top mais quand même.
L’enregistreur numérique
Équivalent plus onéreux du dictaphone, les enregistreurs numériques permettent une plus grande liberté dans les réglages d’enregistrement du son. On peut choisir le conteneur (.wav, .mp3, .aac) et le débit d’enregistrement, en sachant que les options varient selon les enregistreurs bien évidemment. Sur ces enregistreurs, vous avez l’avantage de pouvoir y brancher un casque afin de monitorer votre son et de vous assurez que vous captez bien ce que vous voulez. Le niveau d’enregistrement est souvent paramétrable pour s’adapter à un maximum de lieux. Enfin, certains disposent d’un limiteur, qui n’enregistrera pas les sons au dessus d’un certain volume, ce qui évite la saturation (parce que quand ça sature, l’information est perdue et inutilisable). L’une des marques de référence dans ce domaine, c’est Zoom. Pour le coup, chacun des micros captera plus ou moins bien le son. Le H1, modèle d’entrée de gamme, nécessitera d’être près de la source sonore pour bien entendre les sons, tandis que son grand frère le H4n peut se poser à peu près n’importe où. Le plus gros inconvénient de ces micros, c’est qu’ils captent dans toute les directions, et donc que vous entendrez aussi bien ce qui se passe devant le micro que ce qui se passe derrière. Donc dedans ça passe, mais en extérieur l’enregistreur montre vite ses limites… Mais pour un investissement maximum de 200 €, ça vaut largement le coup.
Le micro canon
C’est pourquoi il est très intéressant de coupler un enregistreur à… Un micro ! Et oui, on peut brancher n’importe quel micro sur un enregistreur, en XLR ou Jack 3.5mm, ce qui peut donner de meilleurs résultats. Alors bien sûr, il existe pratiquement un micro par type de captation, mais je vais rester sur le micro canon parce que c’est celui qui sera le plus utilisés, pour du face caméra, du documentaire, de l’interview…
Un micro canon c’est quoi ? C’est un micro plus ou moins long, qui enregistre droit devant lui et qui étouffe les sons derrière et sur les côtés (on parle alors de sons “détimbrés”, qui ne sonnent pas très naturels). On retrouve généralement ce micro au bout de perches. Le micro ne dispose pas de réglages précis, il s’allume, il s’éteint et éventuellement peut filtrer certaines fréquences selon sa qualité. L’enregistreur fait toujours le plus gros du boulot. Ce qui est bien, c’est que les prix démarrent à environ 80 €, et que c’est très accessible. Certains reflex permettent même de brancher des micros dessus, mais je ne le recommande pas. Souvent le son n’est pas synchronisé, et vous n’avez pas moyen de savoir si vous enregistrez ce que vous voulez. Par contre, avec tout ça, vous avez un son propre, et ça aide beaucoup quand on ne sait pas retravailler le son en post production.
Alors bien sûr, il existe des tonnes de possibilités pour enregistrer des sons. Ici je ne donne que des options peu onéreuses, utilisables par tout le monde et permettant de faire à peu près tout ce qu’on veut. Et puis forcément, si vous avez une personne capable de prendre le son correctement, profitez en, ça reste un métier !
Maintenant il reste une chose à ne pas négliger.

Quel logiciel de montage et quel ordinateur choisir ?
Pour l’ordinateur, n’importe quoi fera l’affaire. Je vous déconseille Mac, leurs ordinateurs ne disposant pas de carte graphiques (à l’exception des Mac Pro qui sont très très très chers) et ayant des performances assez faibles pour un prix exorbitant. Gardez en tête que la plupart des logiciels demandent une configuration minimale de 4 Go de RAM, un processeur double coeur à 2.0 Ghz et une bonne carte graphique. Pour ce dernier point, Nvidia s’en sort assez bien niveau optimisation des ressources, mais je me base ici sur des retours d’amis donc renseignez vous avant ;)
Concernant le logiciel de montage, il n’y en a pas vraiment de meilleur qu’un autre. Il en existe quelques uns à éviter, clairement pas pratiques comme Pinnacle, mais seule l’expérience saura vous montrer les forces et faiblesses de chaque logiciel. C’est avant tout une question d’habitude, pour ma part j’ai été deux ans sous Final Cut Pro X, le logiciel d’Apple exclusif au Mac, et je suis passé sous Adobe Premiere du jour au lendemain tout simplement pour les plug-ins. Les plug-ins, ce sont des fonctionnalités qui viennent s’ajouter à celles que votre logiciel vous propose déjà, et certains ne pouvaient pas fonctionner ou n’existaient pas pour Final Cut. L’aspect financier est à prendre en compte, car même si on peut pirater tout et n’importe quoi, le jour où vous voudrez une vraie licence, il va falloir passer à la caisse. Final Cut Pro X coûte 300 € aux dernières nouvelles, ce qui reste peu cher pour une licence à vie, et vous restez contraints et forcés de travailler avec le système Mac OS. Une licence Adobe Premiere revient aux alentours de 30 € par mois, ce qui revient cher sur le long terme mais vous garanti des mises à jour gratuites et quelques options sympathiques comme l’accès à un Cloud pour uploader quelques données et d’autres outils fournis par Adobe. Pour le reste, je n’en sais rien, mais je pense que vous saurez regarder le prix de chaque logiciel en ligne.
Bref, tout ça pour vous dire : testez les logiciels, montez n’importe quoi dessus, et avisez.