Ces rêves inachevés…

Bola BALOGOUN
Feb 25 · 2 min read

On a bien fait de n’avoir pas demandé à Anne[1] d’arrêter ses baratins. Elle a raison. La vie est moins bonne à vivre qu’à rêver. C’est lourd de vivre; c’est fatigant de trainer ces règles que nous nous fixons afin de nous éviter toutes blessures (surtout émotionnelles). C’est pénible de ne pouvoir faire confiance à personne. C’est accablant de devoir toujours apercevoir une hyène derrière le plus beau des masques qui nous sourit : le masque humain. C’est… exténuant. Alors, par moment, on baisse la garde. On fait le grand saut.

De toute manière, quel plaisir peut-on bien tirer d’une vie entièrement passée sur la défensive? Une vie sans risque est fade. Alors, Oui, on baisse la garde. On s’accorde du repos. On s’évade un instant. Avec la plus bienveillante des innocences, on s’embarque dans un rêve qu’on espère, durer une éternité. et puis BAAM!

“La vie est un léger sommeil ou chacun rêve à sa manière, une illusion éphémère tantôt douce, tantôt amère, ou tout est détruit par le réveil.” — Claude-Henri de Fusée de Voisenon

Aujourd’hui, je pense à ces personnes que nous laissons entrer dans nos vies par la grande porte, mais qui en ressortent par la petite. Je pense à ces “pas-si-innocents” êtres, au départ inconnus, à qui nous accordons au fil du temps toute notre confiance, ces personnes dont la simple présence dans nos vies influençait nos décisions. Aujourd’hui, je pense à ces personnes qui nous font rêver, mais qui repartent sans nous prévenir.

Faut-il les blâmer?

Chercher des coupables de nos déceptions ou blessures n’est surement pas le moyen le plus efficace d’y faire face ou de les panser. La vie n’est pas que de la joie, elle n’est pas que de la loyauté. La vie est également de la souffrance, elle est aussi de la trahison. Plus vite on l’accepte, mieux on avance. Nul n’a pour responsabilité de faire de nous des personnes heureuses, si ce n’est nous-mêmes. Les rêves sont personnels. Nous sommes les seuls responsables de leur réalisation. La vie est comparable à une voiture où la culpabilité est un frein pendant que la responsabilité en est l’accélérateur.

Nous maudissons parfois ceux qui nous déçoivent, tellement la douleur qu’engendre leur trahison est grande. Mais cela a-t-il déjà soigné quelqu’un ?

Un rêve inachevé n’en demeure pas moins un. Il nous aura fait sentir bien pendant un moment. Il nous aura donné le sourire durant un instant, et peu importe ce qu’il en reste aujourd’hui, il fait à jamais partie de qui nous sommes.

Nietzsche l’a dit : “Ce qui ne me tue pas, me rend plus fort.”, alors…

A mes rêves inachevés… A tous ceux qui y ont joué un rôle… MERCI.

[1] Anne Barratin ; Chemin faisant (1894)

Bola BALOGOUN

Written by

Observer - Apprendre - Comprendre - Partager ou non.