Le BENIN, mon pays où les droits du consommateur sont royalement bafoués

Salut ! Je suis BALOGOUN Momboladji Fabrice Aristide, béninois et consommateur. Si vous me lisez, c’est que vous avez une connexion internet dont la vitesse vous permet de charger une page web. Estimez-vous du coup chanceux. Oui, chanceux. S’il est vrai qu’en 2017, avoir une bonne connexion internet est tout ce qu’il y a de basique sous d’autres cieux, chez moi au Bénin — futur carrefour du numérique d’ici 2021 selon les « prévisions du gouvernement de mon pays », — cela relève encore du luxe ou même de … l’utopie.

Préparez-vous. Ce dont je m’apprête à vous parler nous renvoie aux origines les plus sombres de l’escroquerie institutionnelle.

Comme la majorité de mes compatriotes, l’électricité, l’eau, l’internet et d’autres services de téléphonie mobile sont les services que je consomme le plus.

Commençons par l’électricité.

Au Bénin, elle est fournie par une seule entreprise : la Société Béninoise d’Energie Electrique (SBEE). Même s’il est souhaitable que le client ait le choix du fournisseur pour un besoin tout aussi crucial de nos jours, ce que je reproche au secteur béninois de l’électricité n’est pas la non-ouverture de son marché.

Ci-dessus, une facture prépayée d’énergie électrique. TVA 20.5% du montant vendu, Taxe pour l’électrification rurale 2.71%, Taxe d’Etat 1.81% mais surtout une TAXE FIXE MENSUELLE DE 1000 fCFA. A quoi cela sert t-il ? Ce n’est surtout pas en lisant le contrat qui lie le client à la SBEE que vous en saurez plus et à aucun moment les clients que nous sommes n’ont été avertis de l’introduction de cette taxe fixe. Elle a été découverte sur les récépissés de recharge et ceci sans explication particulière. Il est vrai que l’actuel gouvernement s’évertue à habituer les citoyens béninois à de nouvelles taxes mais jusque-là, les finalités nous étaient expliquées. Même l’ancien mode de payement (post-payé) toujours en vigueur n’est pas des plus honnêtes non plus. Pour preuve, la SBEE a un procès en cours pour surfacturation face à l’association des consommateurs « La Voix des consommateurs » dirigée par Robin ACCROMBESSI.

L’eau !

Géré par la Société Nationale des Eaux du Bénin (SONEB), le secteur « eau » souffre des mêmes maux : surfacturation, facturation erronée etc. Heureusement, je ne suis pas l’un des spoliés à ce niveau car j’ai opté — comme beaucoup de béninois — pour l’acquisition d’une fontaine privée à la maison. Par contre, pour ceux en milieu rural qui ne peuvent s’offrir cela et à qui la SONEB ne fournit pas d’eau, la gestion des fonds/dons destinés à la construction de forage pour les soulager est une CATASTROPHE. La goutte d’eau (rassurez-vous, elle n’est pas potable) qui a fait débordé le vase à ce niveau est le scandale PPEA2 qui a coûté au Bénin la suppression d’une subvention par le royaume des Pays-Bas pour faute de corruption et détournement. La justice béninoise a récemment déclaré … « innocent » tous ceux qui étaient officiellement impliqués dans l’affaire. Vive l’Etat de droit !

L’internet !

Le graal de la supercherie. D’ailleurs, c’est l’effronterie du fournisseur d’internet mobile MOOV Bénin qui m’a poussé à écrire ce texte. Petit récapitulatif. S’offrir internet au Bénin n’est pas à la portée de toutes les bourses, ce qui rend inévitable la quête aux offres promotionnelles les plus attrayantes pour les consommateurs comme moi. Soit. Il y a quelques mois encore, les offres de MTN Bénin séduisaient tout le monde (200f cfa pour 400Mo, deux fois 20min d’appel — 500f cfa pour 500Mo, 50min d’appel, etc.) mais l’opérateur a fait tôt de mettre fin à la « récréation ». Vers la fin de son offre, son concurrent direct MOOV Bénin (Etisalat) lance un service similaire (150f cfa pour 200Mo et 300f cfa pour 500Mo). J’ai alors basculé comme beaucoup vers cette offre car elle correspondait plus à ma bourse (#TeamGalère). Erreur ! Il ne fallait pas. Depuis maintenant plus d’un mois, la connexion internet de MOOV Bénin est n°1 en matière de mauvaise qualité. Une grosse blague pour rester courtois. En face, les prix étant élevés, il n’y avait pas d’autres choix que de supporter. Deux à trois semaines d’agonie plus tard, MOOV Bénin a fini par envoyer un message d’excuse et d’explication à ses clients. Fin du calvaire ? Erreur ! Une fois encore, on est vite allé en besogne ! A l’heure où vous lisez ce texte, MOOV Bénin prélève sans pudeur les montants des forfaits des comptes de ses clients sans leur activer le forfait pour lequel les frais ont été prélevés. Quand après plusieurs messages d’erreur, le forfait est enfin activé, soyez sûr que le montant a été prélevé au moins deux ou trois fois avant que le service ne soit activé une seule fois.

Comme vous l’aurez constaté depuis le début, Il m’est impossible d’écrire ce billet sans y mettre du sentiment. Pauvre béninois, sans emploi (parce que l’autre mode du gouvernement de mon pays est aussi de supprimer les emplois et de ne pas en créer par la suite), vous vous échinez pour recharger votre compte avec vos pauvres économies afin d’activer un forfait internet pour consulter vos mails, prendre vos cours en ligne ou consulter les offres d’emplois. Vos unités vous sont prélevées sans qu’on ne vous active le service. Et tenez vous tranquille, pour appeler le service clientèle et vous plaindre de leur vol, il vous faut … DEBOURSER. La ligne du service clientèle de MOOV Bénin n’est pas verte. Il faut payer MOOV Bénin pour pouvoir lui réclamer ce qu’il vous a volé. Hallucinant ! A quoi sert l’Etat, a-t-on envie de se demander. Comment sont gérées les facturations au niveau des sociétés étatiques même ? Il y a un peu plus d’un an, BENIN Télécom SA a lancé le service 4G avec des routeurs mobiles. Depuis plus de six mois, la vitesse de la connexion offerte par Bénin Télécoms a connu une chute vertigineuse mais les prix par contre sont restés fixes.

Les appels téléphoniques ?

Un canular aussi ! Chez MTN Bénin par exemple, quand en pleine conversation vous êtes à 30 secondes près de finir vos unités, une voix vous avertis qu’il vous reste 30 secondes en vous égrenant elle-même 7 secondes durant lesquels l’autre personne au bout de la ligne ne vous entend pas. Par la suite et après une plainte de l’Association des consommateurs, la « voix » a disparu laissant place à un bip sonore d’environ 3 secondes. (Weah ! comme vous pouvez le constater, l’escroquerie n’est jamais finie). Prélever des unités est devenue une activité juteuse au fil du temps.

Leurs excuses ? C’est une erreur technique. Mais quelle est donc cette erreur technique qui ne fait que remplir les caisses des opérateurs de téléphonie mobile au Bénin ?

Je veux bien vous parler aussi de la gestion des clients au niveau des banques de la place au Bénin mais le compte est trop salé. Si vous voulez en savoir plus, recherchez Gilles KOUNOU sur les réseaux sociaux et posez lui la question.

Les fournisseurs abusent du consommateur béninois et l’on ne peut vraiment pas compter sur la bonne foi de l’Etat pour mettre fin à tout ça ou du moins, freiner le mal. Avec des associations de consommateurs majoritairement étouffées dans leurs élans par un système corrompu, le client que je suis n’a trouvé que ce moyen pour exprimer son ras-le-bol car abandonné à son propre sort.

Gouvernants, jouez efficacement votre rôle S’il Vous Plaît. Le peuple n’a pas voté pour vous pour souffrir, OK ?