Calais, l’honneur de la République et la faillite de l’Etat de droit !

J’ai passé vendredi l’après-midi dans le centre d’accueil des migrants Jules Ferry qui se trouve à proximité de la Jungle de Calais et qui a été fondé à l’initiative de Natacha Bouchart, maire de Calais à qui je veux rendre hommage ainsi qu’à Xavier Bertrand pour leur courage et leur énergie exceptionnels pour obtenir le démantèlement de la Jungle. J’ai pu y échanger avec les responsables de l’association “La vie active” et rencontrer un certain nombre de réfugiés, des migrants qui se trouvent à Calais dans l’espoir de traverser la Manche et de reconstruire leur vie au Royaume-Uni.

J’ai d’abord été très impressionné par la qualité du travail qui est fait par l’association “La vie active par la manière dont ils se sont battus pour offrir des conditions de vie qui soient dignes à des femmes, à des enfants, à des hommes qui viennent très souvent de zones de guerre et n’ont eu d’autres choix que de quitter leur pays.

La situation de la Jungle, qui se trouve juste à proximité, est tout simplement inacceptable.

C’est un bidonville dans la République française, avec tout ce que cela veut dire de violence et d’insalubrité.

Il a fallu que des hommes et des femmes, sous l’égide de cette association et avec le soutien de Natacha Bouchart, se battent pour construire un espace plus digne avec des conteneurs qui peuvent accueillir des logements acceptables pour tous ceux qui viennent à Calais.

Je veux vraiment leur rendre hommage car, sans leur travail et sans leur engagement, vous auriez encore aujourd’hui des centaines de familles qui vivraient dans des conditions indignes.

J’ai eu l’occasion d’échanger avec un certain nombre de ces réfugiés, pour comprendre pourquoi ils avaient affronté le départ de leur pays et très souvent le départ de leur famille, qu’ils ont laissé derrière eux. Ce voyage peut durer 1 mois, 2 mois ou 3 mois, à travers la Syrie, la Turquie, la Grèce puis d’autres pays européens, pour venir à Calais dans l’espoir de traverser au Royaume-Uni.

Il faut bien comprendre qu’il peut y avoir parmi toutes ces familles des personnes qui viennent pour des raisons économiques et qui ne sont pas menacées dans leur pays. Ceux-là, soyons clairs, n’ont pas leur place en France.

Mais il y a en revanche des réfugiés syriens, parfois très jeunes - j’ai rencontré un jeune réfugié de 16 ans - qui viennent tout simplement car leur pays est devenu inhabitable, parce que leurs maisons sont bombardées, parce que Daech se livre à des exactions à l’endroit où ils se trouvent.

Ce serait l’honneur de la République française que d’accueillir ces réfugiés, de leur offrir l’asile dans des conditions acceptables pour les protéger face à cette violence.

Cela m’a amené à des réflexions plus générales sur la manière dont fonctionne notre Etat de droit.

A force de laxisme, notre Etat de droit n’est plus capable d’offrir l’asile à ceux qui le méritent vraiment.

Aujourd’hui, lorsque l’Etat instruit une demande d’asile, cela dure 2 ans. Et tous ceux qui sont déboutés de ce droit d’asile, au lieu de repartir dans leur pays, restent en France. Et ils fragilisent le droit d’asile : ils fragilisent les demandes des réfugiés qui, eux, sont réellement menacés dans leur pays d’origine.

Je souhaite par conséquent, si je devais être élu président de la République, rétablir cet Etat de droit et faire respecter avec la plus grande fermeté les lois et les règles de la République.

Si vous demandez l’asile, votre demande doit être instruite en 6 mois maximum, pas en 2 ans.
Si vous êtes débouté, après un appel, vous devez revenir dans votre pays d’origine, et aucun débouté du droit d’asile ne doit pouvoir rester sur le territoire de la République française.
Si, en revanche, vous êtes dans un pays en guerre, menacé, et que vous cherchez l’asile dans la République française, elle doit pouvoir vous l’offrir.

Je ne suis pas près d’oublier ces quelques heures que j’ai passées dans ce centre, à discuter avec des réfugiés, souvent très jeunes, à voir leurs conditions de vie, à comprendre l’énergie farouche qu’il leur a fallu pour venir jusque-là pour reconstruire leur vie.

Il nous appartient désormais, et il appartient à notre République, d’être à la hauteur des attentes de ces femmes, de ces enfants et de ces hommes.

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