Le BIM manager, quel statut ?

Les BIM managers prennent en charge la maquette numérique d’un projet. Est-ce un métier, un rôle, une fonction ? Est-ce un acteur indépendant au sein de l’équipe de projet ou un intervenant extérieur ? Ce profil se révèle être un véritable coordinateur connaissant très bien les processus de construction et les relations entre les différents acteurs du projet, qu’il doit gérer via la maquette.

Ses responsabilités

Le BIM manager doit mettre en place la maquette numérique et s’assurer de la bonne compatibilité des différents supports dans les équipes (logiciels et sites avec visionneuse), définir le niveau de précision à chaque phase et élaborer une charte commune à tous ceux oeuvrant sur le projet. Il doit expliquer, voire former les intervenants au projet afin d’utiliser efficacement le BIM. C’est lui qui collecte et coordonne les modèles et gère les éventuels conflits dans les modifications de la maquette. Le BIM manager assume aussi la gestion des droits d’accès et de modification, l’organisation des réunions BIM, la bonne qualité des dessins, la publication et le partage des dernières mises à jour de la maquette numérique

Un technicien du bâtiment

Généralement, en France, les profils s’orientant vers le métier de BIM managers sont issus de l’informatique, comme des anciens formateurs ou des informaticiens. Cependant les notions en informatique ne suffisent pas, il faut aussi des connaissances solides dans la construction et le bâtiment afin de dialoguer avec légitimité avec les différents intervenants.

“A ce stade, le vernis ne suffit pas : un BIM manager n’est pas un consultant, fabricant de cahier des charges, d’un copier-coller de toutes les méthodes de technologie. Le BIM manger est un expert, qui maitrise un art numérique très puissant.”
Valentin Besnas et Sylvain Pietrowski, BIM et maquette numérique, pour l’architecture, le bâtiment et la construction, Olivier Celnik et Eric Lebègue

Formation

Le métier du BIM manager est très récent, les formations sont encore rares. Une formation de niveau bac +5 est néanmoins attendue, avec des solides compétences en informatique et dans la construction. Un diplôme d’école d’ingénieur peut être adapté, avec une formation soutenue sur les logiciels BIM, ou un master spécialisé dans le BIM. L’Ecole Spéciale des Travaux Publics ainsi que l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées proposent le premier master BIM avec Arts et Métiers ParisTech, l’École Nationale des Sciences Géographiques, le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment, les écoles d’Architecture de Marseille, Toulouse et Paris Val-de-Seine et ECOTEC.

Quelles relations avec l’architecte ?

Une des principales taches de l’architecte est la synthèse des travaux des différents acteurs du projet. Le BIM manager aurait pour rôle de coordonner les interventions de ces acteurs sur la maquette numérique, et d’intervenir en cas de conflit dans la maquette. Ce nouvel intermédiaire semble s’approprier des responsabilités normalement détenues par l’architecte. Nous pouvons alors nous demander quel impact ces choix auront sur le projet, si ceux-ci sont décidés par un professionnel des techniques de construction et de l’informatique, non issu de l’architecture ? Bien sur, l’architecte supervisera le rendu final à chaque phase, mais le BIM manager semble aussi intervenir sur les réunions, les documents générés par la maquette et leurs précisions.

Ce nouveau métier semble être une opportunité pour les architectes, de pouvoir déléguer à un seul individu la représentation et la synthèse d’un projet. Outre cette délégation, doit-il laisser comme responsabilité au BIM-manager la validation des interventions des entreprises sur le projet ? Il n’y a aucun doute que le meilleur scénario pour un projet en architecture serait que l’architecte puisse être le BIM manager, ou que le BIM manager soit un membre de l’agence avec des connaissances et une sensibilité en architecture.