L’économie collaborative durable est unie à son territoire et réunit privé-public-communs

le 14 janvier se déroulait la 1ère édition de Sharers and Workers, le réseau qui réunit ensemble les acteurs de la contribution, ceux de l’économie digitale, les différents représentants des salariés et les chercheurs spécialistes des questions du travail. Dans le programme vous pourrez constater que de nombreux échanges ont eu lieu. Les échanges du matin sont rassemblés dans cette synthèse, ici. Pour les chantiers de l’après-midi, il faudra attendre la prochaine réunion du réseau, mais certains enseignement sont déjà connus.

Entre l’économie “au compteur” et l’économie contributive, la première différence, c’est l’union au territoire

Dans la table ronde sur la durabilité des effets de l’économie collaborative, les participants se sont présentés volontairement, nous avons un équilibre harmonieux des populations présentes durant la journée et c’est un plaisir de les voir collaborer à la co-construction de l’atelier. Très vite, le consensus faire apparaître 3 grands types de questionnements:

  • La durabilité (au sens large) est un critère d’exigence supplémentaire que les acteurs de l’économie collaborative doivent se donner, car c’est celui qui offre les meilleures options pour le futur pour préserver un équilibre local et une pérennité de l’activité
  • La justice de sociale pour tous et l’équité permettent de préciser comment cette durabilité se décline concrètement sur le pilier social. Ces deux notions renvoient également à la recherche sur les nouveaux statuts du travailleur pour y parvenir.
  • l’exigence envers les algorithmes et les data sont le pilier de la durabilité numérique : les enjeux du self-data et des portable data sont les principaux leviers de durabilité pour que chacun puisse avoir recours en confiance à la promesse numérique.
Les 3 piliers du développement durable associés au contributif comme catalyseur de la transformation

People+Planet+Profit ou Social+Environnement+Economique : les 3 piliers du développement durable seront efficaces en y associant le collaboratif et le contributif comme catalyseur de la transformation. Assez naturellement, la conjonction de la transition numérique et de la transition écologique aboutit aux communs comme voie de résolution la plus prometteuse.

credit : Flaticon pour les icônes, design by inductio.fr

Dans les pistes évoquées ensemble, la durabilité pour l’économie collaborative s’examine principalement par le territoire . Le numérique doit être un facilitateur d’un échange avec ce “commun naturel” pour permettre:

  • le dialogue social territorial
  • la démocratie territoriale
  • la transition écologique
  • les biens communs
  • les circuits courts

L’autre piste de durabilité repose sur l’enjeu autour de la comptabilisation de la valeur et de la transformation en monnaie pour que celle-ci dévalorise les écosystèmes non-durables. Parlant de valeur, la redistribution par l’impôt et les cotisations pourrait inclure ces enjeux de durabilité par :

  • la puissance des moteurs de l’économie collaborative pour maintenir l’engagement individuel de la foule sur la durée
  • la mise en place de droits et de progression toute au long de la vie
Après avoir libéré l’entreprise, comment libérer le travailleur

L’autre piste repose sur les enjeux d’éducation pour dépasser le premier cercle d’hommes blancs de classe moyenne/supérieure comme “clients” de l’économie collaborative. Comme le montre le sondage sur Slideshare de Intuit, there’s some room for improvement (il y a du chemin)….

L’illettrisme collaboratif pourrait être combattu pour que chacun puisse se retrouver égal devant les choix d’engagement et de moyen. Un peu comme l’illettrisme numérique devenu une grande cause nationale. De ce point de vue, cela suppose pour les pouvoirs publics d’engager des réformes qui incitent à la transition de la propriété vers l’usage pour réduire par exemple l’obsolescence programmée. Ou à l’opposé, des réformes incitant la transition de l’usage du service “au compteur” vers l’usage en propriété mutualisée : c’est la promesse des plateformes coopératives développée dans ma traduction de l’ouvrage de Trebor Scholz la semaine passée.

Enfin, l’atelier a évoqué l’enjeu des données dans un esprit de durabilité : il faut provoquer la transparence, la limitation et la réversibilité de détention des données personnelles pour envisager la durabilité au sens des choix que chacun peut exercer. On peut voir que c’est déjà un important enjeu juridique, mais il faut également que ce soit possible techniquement. L’ami Guillaume Rouyer de l’Assemblée Virtuelle a évoqué un exemple (Guillaume : Help?).