Pourquoi le café suspendu ne se fera pas tout seul

Ou la véritable histoire du Café suspendu.

Toute personne connectée à un moment sur Facebook, sur France 3 TV ou avec les grands journaux nationaux, a forcément entrevue les fondements d’une idée en train de germer chez les français :

“Et si on offrait un café aux plus pauvres, grâce au “café suspendu* ?”
  • Café suspendu : d’origine italienne, le caffe sospeso, consiste à payer un café pour quelqu’un d’autre dans un bar, un café ou un restaurant.

Cette image à l’origine d’un énorme buzz a été partagée 400 000 fois en 2015. Depuis 2013 les médias — télés, journaux et blogueurs— soutiennent l’idée du Café suspendu. Le buzz s’est poursuivi avec la création de pages Facebook locales qui cumulent des dizaines de milliers de fans en France.

Mais il y a un mais…

Le constat en 2016 est sans appel : seule une poignée infime de cafés & restaurants se sont démarqués en pratiquant le café suspendu et ont finalement arrêté, car les cafés offerts n’étaient pas consommés.

Pourquoi alors un tel écart entre la popularité de cette idée et son implantation véritable ?

A cause du préjugé largement répandu concernant les bénéficiaires du café offert : “Le Café suspendu, c’est pour les plus démunis”, “Moi je veux bien offrir mais pas consommer, c’est pour les personnes dans le besoin” entend-on.

Un préjugé n’est pas une idée fausse, mais simplement incomplète.

Et depuis 2013, nous répandons de manière incomplète et déformons les fondements du caffe sospeso italien, dont l’histoire vous est contée ici:

Les commerçants du port de Naples avaient l’habitude de se retrouver dans des comptoirs où ils discutaient autour d’un café. Il arrivait que certains d’entre eux (selon les affaires conclues) ne puissent s’offrir leur dose quotidienne de caféine, un bocal fût alors naturellement dédié à récolter de la monnaie pour payer le « petit noir » à ceux qui ne le pouvaient pas !

Voilà comment est né le café suspendu. Entre commerçants et habitants, sur un même pied d’égalité !

Disons-le bien !

Le café suspendu ne se fera pas tout seul,

car ce n’est ni une tradition française, ni inscrit dans nos mœurs, mais également car :


Par contre il se fera grâce à nous tous

Si nous voulons pratiquer cette générosité, partout où nous allons partageons ces petits noirs de comptoir entre nous tous.

“Prenons des cafés suspendus, offrons-en le double, et invitons nos amis à en faire de même !”

Quand le Café suspendu sera visible et bien installé, tout le monde, les plus démunis compris, pourront y participer !

Mais par quoi commencer ?


Et si nous allions tous dans les lieux partenaires du Café suspendu ?

Les commerces labellisés sont plus visibles :

Ils sont plus éthiques :

Vous payez le café toujours au même prix, mais le gérant reverse une partie de sa marge au label.

Et surtout plus accessible !

Pour offrir, vous dites : “Je paie un café suspendu” et vous laissez la carte que vous remet le serveur dans le présentoir sur le comptoir.

Pour consommer vous prenez une carte dans le présentoir et dites : “ Un café, s’il vous plaît !”

Voici la carte des lieux partenaires qui attendent que vous veniez prendre un bon petit café en pensant à celui qui vous l’a offert.


Et si nous allions dire à tous les gérants de bars, de restaurants, de boulangeries :

  1. Que oui, eux aussi peuvent accueillir le partage du café chez eux !
  2. Que non, pas seulement ceux qui ont “l’air démuni” vont venir, mais viendront aussi :
  • des mères de famille qui n’ont plus de temps pour elles
  • des étudiants qui se partagent parfois un café pour cinq
  • des demandeurs d’emplois qui veulent se changer les idées
  • des patrons qui ont oublié leur porte-monnaie
  • des jeunes filles qui veulent rencontrer des jeunes gens
  • vous, moi ?!

Nous vous avons préparé des outils tip-top pour convaincre

A bientôt, pour un petit café suspendu ensemble ?

Texte : Fanny Havas — fanny@cafe-suspendu.com

Dessins : Amélie Jury