Love me Tinder, Love me true…


Chronique France Info du 09/11/2014

Je vous propose de parler cette semaine d’un drame, un drame digne d’une pièce de Shakespeare. On a tous les ingrédients de réunis : le pouvoir, l’argent, le sexe, la trahison… Tout y est! Un scénario digne d’Hollywood, ce scénario c’est celui de la start up Tinder et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne manque pas de piquant. Cette semaine on apprend que son fondateur et CEO, Sean Rad s’est fait débarqué sans ménagement par les investisseurs.

Alors petit retour en arrière. Tout d’abord c’est quoi Tinder ? Tinder est une application mobile qui a littéralement révolutionné le marché de la rencontre en ligne. Depuis Tinder, Meetic est devenu pour les jeunes générations aussi sexy que Mireille Mathieu en jogging. En même temps Meetic n’a pas trop de souci à se faire puisque Tinder appartient au même groupe à savoir IAC ;-) La startup américaine est arrivée à digitaliser sur mobile notre manière de flirter. L’expérience relève du génie. Aucun formulaire à remplir, vous créez votre compte en quelques clics et instantanément l’app vous propose une liste quasi-infinie de photos de partenaires potentiels aux alentours. Si vous avez un coup de foudre il vous suffit de glisser la photo sur la droite, si vous accrochez pas vous la glissez sur la gauche. Quand deux personnes en pincent, çà crée un match et là vous pouvez commencer une conversation en ligne. Inutile de vous expliquer la suite. Fini le traditionnel “rateau”. Le succès est fulgurant, depuis 12 mois la start up enregistre une croissance de 600%, 40 millions de téléchargement, 30 millions d’abonnés, 14 millions de mises en relation toutes les 24 heures!!! Aujourd’hui la valeur de Tinder est estimé à plus de 5 milliards de dollars…

Alors comment le PDG d’une start-up aussi prometteuse que Tinder a bien pu se faire dégager…? Les ennuis ont en fait commencé en juillet dernier quand Justin Matteen le co-fondateur de Tinder et meilleur ami de Sean Rad est accusé d’harcèlement sexuel par une ex-salariée de Tinder avec qui il avait eu une relation. Les investisseurs avaient vu rouge et avaient alors demandé à Sean de quitter Tinder ce qu’il a fait immédiatement malgré le soutien de son meilleur ami et CEO. Je pense pour ma part que les investisseurs ont considéré que leur pépite si prometteuse était entre les mains de gamins dangereux. Ils ont utilisé cet épisode malheureux pour écarter les fondateurs de Tinder soudainement considérés comme incontrôlables. C’est sans doute l’idée la plus “conne” de l’année, çà me rappelle quand Steve Jobs avait été viré d’Apple… La valeur de Tinder repose essentiellement dans son produit, si vous virez celui qui en a eu la vision alors la boîte meurt. C’est ce qui a failli d’ailleurs arriver à Apple, heureusement ils s’en sont rendus compte et ont rappelés Steve Jobs à la rescousse.

Ce drame n’est pas si extraordinaire et beaucoup de start-up y sont confrontés. La Silicon Valley est bien loin de ressembler au village dans les nuages. Biensûr quand les choses vont mal la sanction est immédiate mais quand les choses vont bien, c’est tout aussi sanglant et un jeu de pouvoir s’installe entre les fondateurs, les investisseurs, les nouveaux employés… mieux vaut porter un gilet pare-balles si on veut rester en vie.