1 mois and still alive.

Parce que c’était un peu mon état d’esprit le 10 août 2017.

A vrai dire je ne sais pas quand je posterai cet article, ni quand vous le lirez, mais, à l’heure où j’écris, cela fait, jour pour jour, un mois que je suis arrivée à Trondheim. Oui, un mois déjà. Le temps passe vite. Et d’un côté, ça me rassure (#momentconfessions).

Il y a un mois, j’étais grandement soulagée et limite euphorique. Certainement car le plus gros et le plus difficile (du moins pour moi) était fait. J’avais réussi à affronter le jour du départ plus ou moins correctement. Certes avec peu d’heures de sommeil, de belles valises sous les yeux,et, une certaine appréhension. Mais sans trop d’encombres, j’étais arrivée à bon port, bien que mon port me manquait déjà (pas celui d’Amsterdam hein!). Et l’avantage considérable, c’est qu’une fois sur place, j’allais devoir arrêter de cogiter et donc de stresser pour un rien.

Alors, un récapitulatif s’impose. Au bout d’un mois :

- Je suis, plus ou moins, installée, avec la drôle d’impression de pas vraiment être chez moi…

- Je suis, plus ou moins, au point dans mes démarches administratives. Comprendre : on ne peut plus me renvoyer en France pour situation illégale mais, il faut encore que je déclare un médecin traitant — c’est cool l’expatriation, tu as deux médecins traitants… — et, je ne suis pas prête de voir mes bourses tomber — faudrait pas que l’administration commence à être rapide, ça nous déstabiliserait trop vous comprenez...

- Je suis, plus ou moins, réactive en anglais. C’est plus « merde » que « shit » qui vient en premier, même chose pour le “bless you” après un éternuement (#çasentlevécu).

- Je suis, plus ou moins, sure de mon choix de cours (#jehaismonlearningagreement) car pour être totalement sure, il faudrait que le département s’active, verbe visiblement inconnu pour eux.

- Je suis, plus ou moins, sure de la date à laquelle je vais rentrer pour Noel. Par contre, ça c’est vraiment pas cool, car qu’on se le dise, ça aide de compter les jours qu’il reste à passer à l’autre bout de l’Europe. Et puis, bon, n’étant pas encore cheffe de l’Etat (oui je fais de l’écriture inclusive, et pourtant, j’avais juré que je ne rentrerais pas dans ce délire), n’étant pas la fille de Rothschild, mais, plutôt une gosse de colleuse de gommettes et amuseur public grattouillant des cordes, j’aimerai bien acheter mes billets d’avion à l’avance quoi…Je vais finir par prier Dieu, pour vous dire mon désarroi (car oui, je vais casser un mythe qui a la peau dur: oui un laïc peut être croyant, n’en déplaise).

Bref, l’objectif du deuxième mois, c’est d’avancer dans le plus et arrêter la stagnation dans le moins (cette phrase fait un peu gestion d’entreprise…).

S’il y a une chose qui risque de ne pas me quitter (outre la sensation de TOUT ramener à la France, j’en deviendrais presque chauvine… mais bon tant que je ne vire pas à droite comme les jenesaiscombiendefansduprésident!) c’est le choc culturel permanent. Au magasin, dans la rue, en cours, dans ma cuisine. Partout. C’est comique, parfois violent et même très gênant parfois (oui, rigoler face à des gens en claquette/chaussettes, ça la fout un peu mal. Les Norvégiens ont un sens aiguë de la mode, au moins au même niveau que les Allemands…).

Dernièrement, je me suis rendue au jardin botanique de la fac. Car oui, la NTNU, outre ses innombrables campus sur Trondheim, mais aussi à Gjoviket et à Alesund, outre ses musées, possède, également, un jardin botanique. Quand je vous disais qu’ ILS SONT PARTOUT (et la référence avec un quelconque film serait fortuite), je n’étais pas marseillaise. Le jardin est ouvert à tous. Il est gratuit. Oui, la gratuité peut exister ici. C’est tellement rare, qu’il convient de le souligner. Il est situé à l’opposé de mon village étudiant. En face de l’entrée, on peut apercevoir la mer (ce qui m’a, évidemment, donné envie d’aller sur la côte → #wishlist). Je n’ai pas fait le jardin en entier, car beaucoup trop grand, et qu’on se le dise clairement, j’étais pas très tentée par l’idée de m’aventurer dans une forêt que je ne connais pas (car le jardin s’étend dans une forêt). C’est tout vert, mais ça c’est normal, c’est un jardin. C’est coloré, ça aussi c’est normal, on est à la fin de l’été. Les gens y pique-niquent, quand il fait beau. Ce qui arrive quelques fois quand même. Mais les BBQ y sont interdits. Alors, en tant que Français, vous trouverez cette information dès plus exotique. Et, je ne vous en blâme pas. Car moi aussi j’ai pouffé en lisant ça (#ChocCulturel). Mais, en réalité, c’est sérieux et extrêmement prévoyant. En effet, les Norvégiens (et visiblement le reste des pays scandinaves) ont une passion pour le BBQ. Au point qu’ils le font tranquilou bilou en dehors de leurs jardins. Genre, en pleine nature, pendant une rando… ou alors, en plein village étudiant, pour accueillir les nouveaux locataires, à 5h de l’aprem, quand les rosbifs prennent le thé avec Queen Elizabeth, ou, tout simplement, quand les Français bouffent des crêpes au Nutella. Je vous laisse sur cette douce image de saucisses cuites au BBQ à 5h de l’aprem.

J’ai aussi voulu voir le Ravnkloa Fish Market (#PassionSaumonCrevettesMoules), sur les bords de la Nidelva et le marché du City Market Square. J’ai eu l’ingénieuse idée de remonter la Munkegata, le samedi précédent les élections du parlement… Et comment vous dire… la foule du samedi + le tractage de dernière minute des militant = embouteillages ou plutôt bouchons humains, mais, visiblement, ça n’emmerdait personne (sauf moi…). C’était d’ailleurs assez comique : les stands des partis étaient les uns à côté des autres. Imaginez un tel truc en France, c’est le pugilat assuré… Bref, pour répondre à mon dernier article, à défaut d’avoir du trafic sur les routes, j’ai trouvé le trafic humain. Certes, temporaire, mais quand même. Enfin, j’ai fini dans une librairie où, à mon plus grand bonheur, ils vendent des romans en anglais. Donc je vais ENFIN pouvoir lire 1984 (#wishlist le retour) et pouvoir continuer dans le pessimisme, le cynisme et… l’extrémisme (non je déconne, et faut vraiment que j’arrête les références douteuses aux propos douteux –ceci explique certainement cela- de certains politiques), à votre plus grand plaisir.

Sinon, après avoir trouvé la France au rayon produit laitier, au rayon féculents (même si en réalité c’est plutôt la Bretagne que j’y ai trouvé), je suis tombée nez-à-nez avec mon cher pays d’ ❤ au rayon vins et boissons alcoolisées. Tout de suite, tout me parait plus léger !

Sur cette douce note rosée, je vous dis à bientôt, pour de nouvelles aventures (je veux pas vous spoiler, mais, next week, c’est plus Trondheim, mais Trondi. Avec un peu de Magen David. Voilà. C’est décidé, c’est comme ça).

Bisous,

Emma.

One clap, two clap, three clap, forty?

By clapping more or less, you can signal to us which stories really stand out.