L’expérience rend-elle les mentors plus compétents?

Les personnes qui sont mentors depuis quelques années ou qui ont accompagné plusieurs mentorés sont-ils plus compétents? Est-ce que cette expérience est suffisante en soi pour devenir un bon mentor?

Comme l’ont montré plusieurs recherches, il semblerait malheureusement… que non. Une recherche récente réalisée par Étienne St-Jean de l’Université du Québec à Trois-Rivières est particulièrement éloquente à ce sujet. Réalisée auprès des mentors du Réseau M pour entrepreneurs, cette recherche montre qu’être un bon mentor ça s’apprend en formation, et pas seulement en étant mentor. En effet, la recherche de M. St-Jean a montré que plus un mentor accompagne des jeunes entrepreneurs, moins son intervention est bénéfique. Comme si, après plusieurs années d’accompagnement, les mentors devenaient trop confiants et moins attentifs aux besoins des mentorés. M. St-Jean évoque également l’hypothèse que les mentors puissent développer une « recette » qu’ils serviraient à tous leurs mentorés. Contre-intuitif, n’est-ce pas?

Crédit photo: Charles Forerunner

Les résultats de sa recherche montrent par ailleurs que la formation permet aux mentors de développer leurs compétences relationnelles, ce qui contribue à améliorer la qualité des relations avec les mentorés et est relié positivement aux apprentissages de ceux-ci. Les mentors formés au mentorat jouent mieux leur rôle tant au niveau des fonctions psychologiques (sécuriser, motiver), que celles reliées à la carrière (guider). Mentionnons que les formations généralement données aux mentors traitent du rôle et des responsabilités du mentor, des habiletés de communication propres au mentorat, des enjeux éthiques et du fonctionnement de la relation.

Ces résultats rejoignent pour moi une préoccupation en ce qui concerne la formation des mentors. Bien souvent, dans les programmes de mentorat, on accorde d’importance uniquement aux formations initiales. Or, cette recherche met en évidence la nécessité d’offrir de la formation en continu aux mentors, et ce peu importe leur degré d’expérience comme mentor. Comme coordonnateur de programme cela pose plusieurs défis, notamment celui de devoir concevoir et animer des formations supplémentaires, et celui, plus délicat, de convaincre les mentors aguerris qu’ils ont toujours besoin de formation. Enfin, il y a un enjeu de disponibilité des mentors, qui donnent déjà gratuitement de leur temps à leur mentoré. Il peut s’avérer difficile de mobiliser ces bénévoles à d’autres moments pour de la formation.

Quelles pratiques mettre en place alors? Je privilégierais l’utilisation des technologies. L’infolettre, une fois par mois pour informer et les réseaux sociaux pour discuter, partager l’expérience, débattre et former. Des formules gratuites existent pour créer des communautés virtuelles, les deux endroits les plus naturels étant Facebook et LinkedIn.

Sources:
La formation des mentors d’entrepreneurs novices : une manière de s’assurer de la qualité de l’intervention de mentorat ?

Les mentors ne sont pas nécessairement meilleurs avec le temps

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